Discours session septembre-octobre 2009

 

Lundi 28 septembre 2009 à 11 heures 30

 

Vérification des pouvoirs

 

M. Kox (Président du Groupe, Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – Monsieur le Président, je voudrais contester les pouvoirs de la nouvelle délégation de la Moldova, pour des raisons de procédure et au titre de l’article 7.1.B. du Règlement, relatif à l’obligation, pour toutes les délégations, d’assurer une représentation équitable de tous les groupes politiques de leur Parlement. Merci.

 

LE PRESIDENT. – Monsieur Kox, vous contestez les pouvoirs de la délégation de la Moldova pour des raisons formelles, sur la base de l’article 7, selon lequel les pouvoirs qui font l’objet d’une contestation pour des raisons formelles sont renvoyés sans débat à la commission du Règlement qui devra établir un rapport à l’Assemblée, si possible dans les 24 heures.

 

Les pouvoirs de la délégation de la Moldova sont donc renvoyés à la commission du Règlement qui vous proposera une inscription de ce point à l’ordre du jour, sans doute le mercredi après-midi.

 

Je rappelle à l’Assemblée que, en vertu des dispositions de l’article 7.4 du Règlement, tout membre dont les pouvoirs sont contestés, siège provisoirement avec les mêmes droits que les autres représentants et suppléants jusqu’à ce que l’Assemblée ait statué. Toutefois, un tel membre ne participe à aucun vote lié à la vérification des pouvoirs qui le concernent.

 

Personne ne demande plus la parole ? Il n’y a pas d’opposition pour les autres pouvoirs ?

 

Les autres pouvoirs figurant au document 12027 sont donc ratifiés.

 

Lundi 28 septembre 2009 à 15 heures

 

Rapport d’activité du Bureau de l’Assemblée et de la Commission permanente (suite)

 

M. KOX (Président du Groupe, Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – Je remercie Mátyás Eörsi pour son excellent rapport sur les progrès réalisés par cette organisation. Un grand nombre de choses se sont produites cet été. Je remercie le Président pour avoir consacré une bonne partie de ses vacances au bien-être de l’Organisation. Je remercie nos collègues, le Secrétaire général et tous ses collaborateurs du Conseil de l’Europe. Il est bon de se critiquer les uns, les autres de temps en temps. Il est bon aussi de s’adresser des sincères remerciements.

 

Je souhaite revenir sur deux points, les observations sur des élections législatives et l’élection du Secrétaire général.

 

Nous n’étions pas nombreux dans l’hémicycle pour entendre les trois rapports assez critiques portant sur ces élections. L’observation des élections est pourtant une de nos missions les plus importantes. Elle nous permet d’apporter notre concours aux pays et à leur parlement pour qu’ils mettent en place des processus plus démocratiques. Lorsque nous discutons de ces rapports, il serait bon que les parlementaires soient dans l’hémicycle et pas ailleurs. Des remarques critiques ont été adressées dans ces trois rapports, j’espère que l’on en tiendra compte. Sinon ça serait préjudiciable aux observations. Ces rapports ont pour objectif d’aider ces pays à mieux s’acquitter de leur tâche.

 

S’agissant de l’élection du Secrétaire général, il est bon de souligner deux points.

 

Premier point : nous allons élire un Secrétaire général demain, suivant une décision démocratique que nous ne pouvons qu’accepter.

 

Deuxième point : en réunion de Bureau ce matin, on a noté un sérieux désaccord entre l’Assemblée parlementaire et le Comité des Ministres, portant sur la façon d’appliquer notre propre Règlement. Demain nous élirons notre nouveau Secrétaire général en suivant des critères que l’Assemblée estime inopportuns. C’est une décision démocratique que nous allons accepter. Les arguments en faveur d’une telle élection sont tout à fait valables. Il faut reconnaître que l’Assemblée a donné son avis mais la décision prise par le Comité des Ministres va à l’encontre de nos règlements. Cela a fait l’objet d’un accord d’une majorité de parlementaires dans cet hémicycle. C’est un signal clair que nous adresserons au  Comité des Ministres demain. Notre Assemblée a été contrainte de faire ce qu’elle ne voulait pas. Elle est prête à accepter la réalité de la vie en procédant à l’élection d’un des deux excellents candidats. Mais l’Assemblée n’est pas d’accord avec le processus.

 

S’agissant de l’avenir de la coopération entre l’Assemblée et le Comité des Ministres, il faudra en tirer des enseignements. J’ai eu une réunion de cinq minutes avec le ministre slovène des affaires étrangères M. Žbogar, président du Comité des Ministres. Elle prouve que l’on peut améliorer cette coopération. J’espère que M. Žbogar ira dans le sens d’une saine coopération avec notre Assemblée.

 

Je remercie une nouvelle fois Mátyás Eörsi pour son intéressante contribution aux travaux de cette Assemblée, quand il présidait le groupe libéral certaines de ses idées étaient sujettes à polémique, mais il a toujours fait preuve d’une volonté de compromis et d’humour. Ce message s’adresse à chacun.

 

Adaptation aux mineurs des services de médias en ligne

 

M. MELNIKOV (Fédération de Russie, au nom du groupe) (Interprétation). – Ce rapport propose une excellente analyse des graves problèmes qu’il aborde : la diffusion de contenus nuisibles sur Internet, mais aussi les nouvelles formes d’échanges d’informations. Comment assurer le contrôle technique des médias en ligne ? La mise en place de filtres peut se révéler une solution intéressante, au même titre que la sensibilisation des publics les plus jeunes. Il ne s’agit pas uniquement d’interdire ; il faut détourner l’attention des contenus nuisibles vers des contenus intéressants.

 

La réalité virtuelle soulève des problèmes inédits. Pour éviter les dérives et arracher les jeunes à leurs écrans d’ordinateur, les Etats devraient s’efforcer de canaliser leur énergie en leur proposant des activités créatives, sportives et culturelles. Il est vrai qu’Internet peut jouer un rôle important en matière de sociabilisation. Il ne pourra néanmoins jamais remplacer la réalité des relations humaines, régies par des règles et un savoir-vivre. Les adolescents qui grandissent sans expérimenter ces règles ne parviennent pas, une fois devenus adultes, à faire la part des choses et à distinguer le bien du mal.

 

Pour conclure, ce rapport constitue un pas important vers la prise en compte de problèmes aujourd’hui incontournables.

 

Mardi 29 septembre 2009 à 10 heures

 

Communication du Comité des ministres

 

M. KOX (Président du Groupe, Pays-Bas, au nom du groupe). – Je vous félicite pour l’accord auquel vous êtes parvenus avec nous sur la coopération à venir entre le Comité des Ministres et l’Assemblée parlementaire.

 

Il est indispensable que nous améliorions également les relations entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne. C’est d’ailleurs ce dont vous faites état dans votre communication écrite. L’adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne des droits de l’homme est essentielle. Savez-vous quand les négociations seront entamées et avez-vous une idée de la date à laquelle elles aboutiront ? Entendez-vous proposer un calendrier à l’Union européenne ?

 

LE PRÉSIDENT (Interprétation). – La parole est à M. le Président du Comité des Ministres.

 

M. ZBOGAR. – La réunion quadripartite aura lieu au mois d’octobre. Elle réunira l’Union européenne et le Conseil de l’Europe. J’espère qu’elle sera l’occasion d’un échange de vues sain et que d’ici là le traité de Lisbonne sera entré en vigueur même si bien sûr, nous ne pouvons préjuger de l’issue du référendum. Le traité constituera une bonne base à la poursuite des discussions portant sur l’adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne des droits de l’homme. Je ne puis vous en dire bien davantage, si ce n’est que la Slovénie y est favorable et que les différents Etats de l’Union européenne sont bien disposés. Les négociations commenceront dès l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Quant à déterminer l’issue des négociations, il est difficile de prévoir l’avenir !

 

Guerre entre la Géorgie et la Russie, un an après

 

M. LAAKSO (Finlande, au nom du groupe) (Interprétation). – Messieurs les rapporteurs, pourquoi ne vous êtes-vous pas rendus en Géorgie à l’occasion de ce second rapport, comme vous l’aviez fait lors du premier ? La situation a évolué depuis et aurait mérité une observation directe. Vous ne portez aujourd’hui qu’un regard extérieur sur le sujet. Je suis d’ailleurs persuadé que ni l’Abkhazie, ni l’Ossétie du Sud ne s’opposeraient à la venue d’une mission d’observation. Un tel déplacement aurait permis, en outre, de manifester concrètement la volonté du Conseil de l'Europe de participer au règlement du conflit.

 

La commission de suivi va proposer que le Conseil de l'Europe bénéficie du statut d’observateur dans le cadre des entretiens de Genève. Malheureusement, la Géorgie s’est opposée à cette proposition, et je ne connais pas la position de la Fédération de Russie. Nul doute pourtant qu’un tel statut permettrait à notre organisation d’être véritablement active dans ce dossier.

 

Des observateurs de l’Assemblée parlementaire doivent également se rendre sur le terrain et entamer des négociations avec les différentes parties. Nous ne pouvons nous contenter de l’action de l’Union européenne. Le Conseil de l'Europe a un rôle important à jouer pour favoriser le dialogue entre la Fédération de Russie et la Géorgie. Dans les deux pays, il est respecté et pourrait intervenir de manière positive.

 

LE PRÉSIDENT (Interprétation). – La parole est à M. Melnikov.

 

M. MELNIKOV (Fédération de Russie). – Monsieur le Président, en débattant de ce rapport, il est indispensable d’appeler votre attention sur les faits suivants.

 

Aucun doute ne doit subsister dans l’esprit de quiconque sur les actes entrepris par la Russie pour répondre aux agissements du régime de Saakashvili : le consensus est total au sein de la société russe, même si d’autres questions de politique intérieure sont posées. Y compris sur les actes commis en Tchétchénie, le consensus n’était pas tel.

 

Deux erreurs fondamentales sont commises par les institutions européennes pour évaluer cette situation et, si l’on ne rectifie pas la vérité, il sera difficile d’attendre des progrès. Ceux qui ne tiennent pas compte des avancées en cours ou qui refusent de les considérer comme telles ne parviendront à aucun résultat pour protéger les droits des personnes vivant dans cette région.

 

Premièrement, pour les citoyens russes, la question essentielle est de savoir qui a commencé la guerre en août 2008. La Russie est intervenue pour forcer l’agresseur à reculer. C’est d’autant plus important qu’en Europe une résurgence du fascisme se fait jour, ce qui est inacceptable. On ne saurait favoriser ce type de mouvement.

 

Deuxièmement, je reviens à l’analyse de la situation que l’on trouve dans le document. Sur la carte du monde et de l’Europe, on a vu naître deux nouveaux Etats indépendants : l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Il ne s’agit pas de théorie, mais d’un fait concret : les peuples de ces deux Etats, depuis déjà un an, pour des raisons psychologiques, politiques, administratives, se sentent indépendants et souverains. Et ils sont en droit d’avoir ce point de vue, étant donné les événements d’août 2008.

 

Si le Conseil de l’Europe et l’Assemblée parlementaire souhaitent défendre les droits des habitants de la région, il sera impossible de défendre les droits de qui que ce soit sans un dialogue authentique avec les autorités de l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Il faut sérieusement réfléchir aux propos de M. Laakso.

 

En tenant ce propos, je n’ai pas la moindre intention de vous imposer mon point de vue. Il ne s’agit pas non plus de vous inciter à reconnaître l’indépendance de ces nouveaux Etats, simplement, au stade actuel, aucune mesure pratique concrète dans la région n’est possible si l’on s’en tient à une vision du passé. Il est indispensable de tenir compte des réalités et de voir en face les faits. C’est ainsi que l’on trouvera une solution, que l’on pourra réellement protéger les droits de l’homme et que toutes les forces saines et raisonnables en présence dans le Caucase – et qui sont en majorité – pourront applaudir les actes des députés européens. Le régime de Saakashvili qui est minoritaire n’a pas d’avenir.

 

Mardi 29 septembre 2009 à 15 heures

 

Les défis posés par les changements climatiques

 

Mme MOSESDOTTIR (Islande, au nom du groupe) (Interprétation). – Je me félicite de l’excellent rapport, qui vient à point nommé, de M. Prescott, sur l’un des principaux défis de notre époque, le changement climatique. Deux mois avant le sommet de Copenhague, il est d’une importance vitale que l’Assemblée lance un appel pour un accord mondial, contraignant et ambitieux, de nature à œuvrer pour un monde sans carbone.

 

Il importe de comprendre que les responsables du réchauffement climatique ne sont pas ceux qui en souffrent. L’accord universel devra tenir compte du lien existant entre les changements climatiques et les droits de l’homme. Les gouvernements conviennent qu’il est nécessaire de parvenir à un accord global et contraignant pour abaisser les émissions de CO2. Cela exigera de rendre leurs économies plus propres pour l’environnement en réorientant leurs politiques, leurs investissements et leurs dépenses vers des secteurs contribuant à un monde à faible teneur en carbone.

 

Afin d’encourager les gouvernements à répondre à leurs obligations de façon responsable au plan social, il importe d’introduire un cadre stimulant. Il pourrait consister en la publication annuelle d’un index vers de l’économie destinée à mesurer et à surveiller les progrès de chaque État dans les principaux domaines responsables du réchauffement climatique.

 

Les entreprises et les industries devraient être encouragées à réduire leurs gaz à effet de serre en élaborant et en mettant en œuvre des mesures d’incitation fiscales.

 

Toutefois les pays riches qui utilisent l’énergie renouvelable se heurtent souvent à des difficultés. Par exemple, le Groenland souhaite augmenter ses émissions de CO2. Il convient donc de prendre des mesures acceptées par tous les pays pour fournir des énergies renouvelables et de produire des énergies non dommageables pour l’environnement.

 

Nous souhaitons appeler l’attention de l’Assemblée sur le point 22.8 du projet de résolution traitant de la nécessité de venir en aide aux gouvernements afin qu’ils s’acquittent de leurs obligations par la voie de la recherche et du développement, de la coopération et des transferts de techniques vers les pays en développement.

 

A cet égard, je mentionnerai l’Université des Nations Unies qui, depuis 1979, exploite un programme de formation géothermique en Islande – le point 22.8 ne mentionne pas l’énergie géothermique, c’est la raison pour laquelle je le fais devant vous.

 

L’objectif de ce programme consiste à venir en aide aux pays en voie de développement, dotés d’un potentiel géothermique important, à former des spécialistes en exploration et développement géothermiques. Or il me semble que ce programme pourrait être élargi en étroite collaboration avec les pays en voie de développement. Je vous remercie.

 

Mme KONEČNÁ (République tchèque) (Interprétation). – Le changement climatique est devenu un sujet politique important, largement repris par les médias. Mais si désormais nous connaissons bien le phénomène, nous connaissons mal, en réalité, ses différentes causes. La question est aujourd’hui de savoir si l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère est bien, comme l’affirment les médias, la cause principale du changement climatique. Cette simplification est évidemment tentante, puisqu’elle permet de trouver un coupable et de le montrer du doigt. On doit pourtant admettre que les choses ne sont pas aussi simples et que nous savons peu de choses sur le phénomène. Malheureusement, la plupart des organisations ont dépensé beaucoup d’énergie à diffuser cette explication simpliste. Nous pensons, en Europe centrale, que d’autres causes existent et nous avons pris des mesures pour améliorer la capacité de stockage des paysages et la gestion des ressources hydriques. Il serait impardonnable, vis-à-vis des jeunes générations, de consacrer trop de ressources à la lutte contre les émissions de CO2 au dépend de développements technologiques alternatifs.

 

Education culturelle

 

M. KESKIN (Allemagne, au nom du groupe) (Interprétation). – Je remercie notre collègue de l’excellent travail qu’elle a réalisé en préparant ce projet de recommandation sur l’éducation culturelle.
La mondialisation entraîne non seulement un changement économique et social accéléré, mais aussi des échanges interculturels plus intensifs.

 

Les sociétés des Etats membres et au-delà sont devenues plus diversifiées du point de vue culturel en raison des processus de migrations. Lorsque différentes cultures se rencontrent, des réactions très diverses sont déclenchées : outre des impulsions créatrices pour la culture et l’art, une compréhension mutuelle renforcée, parfois des conflits peuvent en découler. Par conséquent, l’importance de l’éducation culturelle ne fera que s’accroître à l’avenir.

 

L’éducation culturelle doit avoir comme mission première de donner des compétences sociales à l’individu, afin que celui-ci puisse se retrouver dans une société diversifiée sur le plan culturel et les différences culturelles ne doivent, par conséquent, pas être considérées comme une menace mais plutôt comme la normalité et un enrichissement.

 

Dans le projet de recommandation, il est question de renforcer l’éducation culturelle dans les Etats membres. Je suis tout à fait d’accord avec cela qui concerne également, d’ailleurs les échanges d’expériences culturelles qui doivent être davantage prises en considération dans les domaines de l’éducation et de la formation.

 

Tout le monde, j’en suis d’accord, doit avoir droit à une éducation culturelle dans le cadre de programmes d’accompagnement dans les Etats membres, afin d’améliorer les possibilités de participation à cette éducation culturelle pour les personnes défavorisées et les minorités culturelles. Je suis d’avis que l’éducation culturelle doit pouvoir être obtenue par tous. Je pense là au multilinguisme, au dialogue des religions, à l’acceptation de modes de vie différents sur la base de fondements culturels variés.

 

Mercredi 30 septembre 2009 à 10 heures

 

Débat élargi de l’Assemblée parlementaire sur les activités de l’OCDE

 

M. ELZINGA (Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – D’abord, je souhaite la bienvenue à MM. Gurría, de Geus et à nos collègues du Canada. Je tiens également à remercier le rapporteur pour son travail.

 

La dernière fois que nous avons débattu de ce sujet, voilà un an, nous avons parlé de la crise financière, qui venait d’être reconnue par l’OCDE, et de ses prédictions qui étaient, à l’époque, trop optimistes. Non seulement les problèmes économiques étaient mal évalués, mais les conseils politiques semblaient être « myopes ».

 

Monsieur Gurría, rétrospectivement, que pensez-vous des propos que l’OCDE a tenus, par exemple, à propos de l’Islande ? Rappelez-vous : l’OCDE était très fière de ce pays, notamment en 2006, et nous vantait ses marchés financiers florissants, l’accès aux capitaux étrangers, les banques privatisées. Son programme de libéralisation était analysé comme un succès fantastique.

 

Monsieur Gurría, êtes-vous d’accord pour nous dire que ces politiques – et les prises de position de l’OCDE – sont responsables de cette crise ? Il y a là une leçon que votre organisation doit tirer en en vue d’améliorer sa politique pour l’avenir. J’ai d’ailleurs soumis un amendement en ce sens, que je demande à l’Assemblée de soutenir. En effet, il faut que les conseils politiques soient revus. Les conseils récents de l’Union européenne auraient pu s’avérer utiles avant la crise.

 

Pour l’OCDE, la crise peut être utilisée par les gouvernements pour obtenir que des réformes structurelles, lesquelles sont controversées, soient adoptées. Des coupes sont intervenues dans les dépenses de sécurité sociale et la libéralisation, la déréglementation continuent. L’OCDE préconise de ne jamais laisser passer une bonne crise. Certains des conseils du TUAC, organe consultatif de l’OCDE, n’ont pas été suivis car on a estimé qu’il y avait là la racine de la crise. Les réformes structurelles dans la distribution des revenus, la diminution des salaires, les bénéfices de plus en plus importants des sociétés étaient autant d’éléments critiqués par le TUAC. M. Gurria s’accorde-t-il à dire que la pauvreté, les inégalités extrêmes ont également contribué à la crise ?

 

Je reconnais que le rapport de l’OCDE contient de bonnes nouvelles, en particulier les progrès réalisés en matière fiscale. Des efforts ont été consentis pour augmenter la transparence des marchés financiers et l’on note une progression des aides publiques au développement sur la base d’un pourcentage fixé par rapport au PNB des pays. Les pays en développement ont perdu 160 milliards de dollars de recettes fiscales suite aux pratiques des multinationales en matière fiscale. Certains de nos pays jouent un rôle douteux, en aidant les multinationales à ne pas payer les impôts qu’ils doivent dans les pays en développement et ce en rapatriant les bénéfices dans des paradis fiscaux. Ce phénomène sera-t-il visé dans les mesures qu’envisage l’OCDE pour éviter l’évasion fiscale ?

 

LE PRÉSIDENT  (Interprétation). – La parole est à M. le Secrétaire général.

 

M. GURRIA (Interprétation). – ….Monsieur Elzinga, vous avez raison, je ne crois pas que nous puissions envisager l’ampleur de l’incompétence et des négligences des organes de contrôle de pays tels que l’Islande et d’autres, ce qui les a conduit à se retrouver dans la situation qu’ils ont connue. Lorsque les engagements d’une banque sont plus élevés que le PNB, cela signifie que le contrôle des responsables de la réglementation a été défaillant dans le pays concerné comme dans les pays où les succursales de ces banques opéraient. Par conséquent, des éléments relèvent de la responsabilité du régulateur, d’autres de la coopération internationale. Il n’en reste pas moins que les pays eux-mêmes ont une large responsabilité.

 

Le TUAC et un organe consultatif représentant les syndicats auprès de l'OCDE. Je rencontre les dirigeants de tous les organes de l’OCDE. Ils me consultent régulièrement avant le Conseil et nous tenons compte de leurs points de vue comme de leurs contributions. J’ai le plaisir de constater que vous êtes contents du travail que nous réalisons.

 

M. GEORGIOU (Chypre) (Interprétation). – Je remercie l’OCDE pour son important travail, qui favorise la coopération et le dialogue entre les Etats. Nous nous trouvons aujourd’hui confrontés à une crise économique de grande ampleur. Elle n’était pas prévue, ce qui doit nous inciter à mettre en place un système de prévention plus efficace. Le protectionnisme est évidemment négatif pour nos économies, mais dans les pays où l’État n’était pas totalement en retrait du système, l’économie a mieux résisté à la crise et les catégories les plus vulnérables de la population l’ont mieux traversée.

 

Au travers de nos politiques, nous devons donner à nos citoyens et à nos peuples la possibilité de survivre. Ce sont les petites et moyennes entreprises qui ont subi de plein fouet la crise. J’approuve les propositions de l’OCDE concernant la croissance verte. Nous devons également revoir le rôle des Etats et des organisations internationales.

 

Mes chers collègues, dans mon pays, malgré le soutien apporté aux banques, les liquidités manquent toujours sur le marché, ce qui a eu des conséquences néfastes sur l’économie réelle et le marché du travail. Des familles modestes se sont vu refuser des crédits immobiliers. Le système bancaire doit jouer tout son rôle pour revitaliser l’économie.

 

M. KESKIN (Allemagne) (Interprétation). –  Monsieur le Président, chers collègues, je considère que la crise économique et financière mondiale est celle du néo libéralisme ; ce n’est pas que les autorités de contrôle des marchés financiers n’aient pas fonctionné, mais le retrait de l’État de la politique autant que de l’économie a conduit à ce que les marchés financiers échappent à tout contrôle et déclenchent la vague de spéculations. Il s’agit avant tout ici d’un dysfonctionnement du politique.

 

Les effets de la crise se feront longtemps sentir sur le marché du travail des Etats membres. L’Allemagne a déboursé plus de 90 milliards d’euros sous forme de paquets de relance et 688 milliards d’euros d’aide au secteur financier. L’endettement de l’État est colossal. Personnellement, je considère inacceptable qu’on sauve des banques avec l’argent des contribuables sans tirer les enseignements de la crise de façon urgente. Certaines banques versent d’ores et déjà des bonus beaucoup trop élevés à leurs dirigeants. Un contrôle financier plus efficace et même l’interdiction de certaines opérations à très haut risque sont indispensables. Je pense notamment au commerce opaque de certaines opérations et de certaines actions qui n’ont plus de valeur de fait et doivent être retirées du marché.

 

Les banques doivent répercuter sur leurs clients l’abaissement des taux de la BCE. En dépit des sommes énormes injectées dans le secteur financier, beaucoup d’entreprises subissent une politique de crédit à taux d’intérêt élevés. Beaucoup de PME font faillite.

 

Mesdames, messieurs, il nous faut veiller à ce que ce type de catastrophe ne se reproduise plus. Il nous faut un contrôle plus strict des banques, et une nationalisation de celles-ci le cas échéant.

 

Mercredi 30 septembre 2009 à 15 heures

 

Débat d’actualité

 

M. KOX (Président du Groupe, Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – Je remercie M. Hammarberg et M. Marty, ainsi que M. Umakhanov, pour la description qu’ils nous ont faite de la triste situation dans le Caucase du Nord. La violence dont cette région est le théâtre a parfois des origines politiques, mais elle est souvent de nature purement criminelle et elle a des conséquences terribles pour les citoyens, les policiers et les défenseurs des droits de l’homme. Elle en a aussi pour les collègues russes de mon groupe qui se battent pour la stabilité de cette région.

 

En l’absence de développement économique, les conditions de vie y sont très difficiles, ce qui crée un cercle vicieux, car ces conditions de vie, fruits de l’injustice sociale, du chômage de masse et de l’absence de perspectives d’avenir, forment évidemment un terreau sur lequel peut prospérer la violence. Ceux qui veulent utiliser le mécontentement social à leurs propres fins peuvent facilement trouver des gens prêts à n’importe quoi.

 

Le groupe GUE demande que le lien entre d’une part l’injustice sociale et la pauvreté, d’autre part l’exploitation qui en est faite par certains, soit bien reconnu par les autorités, de façon qu’elles s’engagent vraiment dans une lutte contre la pauvreté, l’injustice sociale et le chômage de masse, en même temps qu’elles combattent fermement la violence des gangs.

 

La violence dans le Caucase est particulièrement grave lorsqu’elle est dirigée contre les défenseurs des droits de l’homme. Rendons hommage à ces courageux citoyens qui paient souvent de leur vie leur engagement au service de tous et demandons aux autorités de traduire en justice les responsables de leurs assassinats. Jusqu’à présent, les autorités russes n’ont pas fait tout ce qu’il fallait pour cela. Elles ne défendent pas suffisamment les droits de l’homme et n’agissent pas assez pour mettre fin au climat d’impunité dont a parlé M. Marty.

 

Je tiens à redire mon respect pour les victimes de ces crimes. Parler des droits de l’homme ici, à Strasbourg, est chose facile. Les défendre sur le terrain au risque de sa vie demande un autre courage. Ceux qui ont été tués dans le Nord du Caucase en défendant nos valeurs méritent l’admiration et la reconnaissance du Conseil de l’Europe.

 

Allégations d’utilisation abusive du système de justice pénale

 

M. LECOQ (France, au nom du groupe) (Interprétation). – Monsieur le Président, mes chers collègues, je souhaiterais saluer dans un premier temps l’excellent travail de notre collègue Mme Sabine Leutheusser Schnarrenberger.

 

Riche et sans équivoque, ce rapport laisse apparaître l’immersion dans laquelle notre rapporteure a été plongée lors de ses recherches, pour une analyse saisissante et pertinente des différents systèmes de justice pénale en Europe. La variété de ces systèmes s’explique par le legs de l’histoire propre à chaque Etat, chacun présentant des imperfections pour lesquelles des recommandations sont proposées. L’intérêt du sujet est certain : l’éclatement récent de scandales médiatiques montre l’existence d’ingérences politiques abusives dans le système de justice pénale.

 

Les mots de Montesquieu, «tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser», prennent bien tout leur sens dans ce rapport. C’est pourquoi, dans L’esprit des lois, il a préconisé un partage des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Cette théorie, socle de la démocratie et de l’état de droit, si elle a connu au fil des organisations politiques quelques variantes pour éviter le blocage des institutions, n’en demeure pas moins une règle intangible. Pourtant la tentation de la confusion des pouvoirs est toujours grande, notamment celle de l’immixtion de l’exécutif dans le judiciaire, confusion dangereuse pour le justiciable.

 

Néanmoins, si l’indépendance judiciaire doit être une garantie de l’état de droit, il importe de rappeler que Montesquieu se méfiait de la « puissance de juger » qui pourrait conduire au gouvernement des juges. C’est pourquoi la garantie de l’indépendance judiciaire, mais d’une indépendance régulée, reste le ciment de l’Etat de droit. A ce titre, si l’indépendance garantit l’impartialité de la justice, car il ne peut y avoir indépendance sans impartialité, les juges doivent avoir une responsabilité dans les jugements qu’ils édictent afin de ne pas céder aux sirènes d’un pouvoir sans limites.

 

Mais la qualité de la justice passe par l’effectivité de cette indépendance et de cette impartialité. A cet égard, le rôle de la CEDH, dans l’application, notamment de l’article 6-1 de la CEDH, qui a rendu réellement effective la notion de droit à un procès équitable, est à souligner. La Cour souffre par ailleurs de son excès de succès qui se traduit par un engorgement de son prétoire.

 

Actuellement, en France, nous devons faire face à une grande vague réformatrice dont l’ultime but est de renforcer les pouvoirs de l’exécutif : le présent rapport préconise, d’ailleurs, certaines recommandations à l’égard du rapport Léger. Celui-ci est considéré par la profession comme un musellement de l’ordre judiciaire où la raison d’état l’emporterait sur l’état de droit. C’est pourtant grâce aux juges d’instruction, malgré leurs imperfections, que des scandales retentissants ont été mis au jour, qu’il s’agisse de l’affaire du sang contaminé, des HLM de Paris, sans oublier l’affaire Clearstream dont le procès est en cours.

 

Depuis que ces scandales ont mis en lumière les abus et débordements de certaines personnalités politiques, le juge d’instruction est entré dans le collimateur de l’exécutif qui souhaite dès lors amoindrir le rôle du juge à son profit. L’affaire d’Outreau a servi de prétexte commode pour convaincre une opinion publique traumatisée.

 

Pourtant les réformes de ces dernières années avaient corrigé les principaux défauts du juge d’instruction, notamment en accordant un rôle plus important à la défense. Comment peut-on sérieusement affirmer que seront effectivement remplis les critères de l’indépendance et de l’impartialité si le Parquet, devenu maître des enquêtes – de leur opportunité et de leur conduite - reste sous l’autorité hiérarchique du gouvernement ?

 

Il est bien évident qu’une suppression du juge d’instruction qui ne s’accompagnerait pas d’une indépendance structurelle du Parquet serait néfaste pour la liberté et la démocratie. C’est d’ailleurs la position de la CEDH dans l’arrêt Medvedyev du 10 juillet 2008, par lequel elle estime que « le procureur français n’était pas une autorité judiciaire, dès lors qu’il lui manquait l’indépendance à l’égard du pouvoir exécutif ».

 

Quelle justice pénale pour les justiciables à faibles ressources qui n’auront pas les moyens de payer une contre-expertise face à un ministère public qui dispose de moyens exorbitants – la police, par exemple ? La mise en place d’un système accusatoire exige plus de moyens pour les droits de la défense. Et la France ne se donne pas les moyens de ses prétendues prétentions ! C’est pourquoi nous pensons que la volonté réelle de cette réforme n’est pas de progresser vers un système accusatoire à l’anglaise, qui exigerait des moyens supplémentaires, mais uniquement de permettre à l’exécutif une mainmise sur la justice pénale, en s’arrogeant le pouvoir d’opportunité des poursuites. Désormais, que les proches de l’exécutif dorment sur leurs deux oreilles car le clientélisme est plus que jamais de mise. Les privilèges sont de retour et à bas l’indépendance de la justice – comme en Fédération de Russie, la justice, par exemple !

 

A travers ce rapport, c’est chaque état qui est invité à dresser le bilan de ses manquements pour s’y attaquer dans le cadre de réformes utiles et en adéquation avec les valeurs et principes européens visant à promouvoir la démocratie par le droit. Et c’est à ce prix que le Conseil de l’Europe disposera d’instruments efficaces permettant la coopération dans le domaine judiciaire entre les états.

 

Placer le justiciable au cœur du système de la justice pénale c’est retrouver le sens des priorités. Le groupe salue le bien-fondé et la qualité de ce rapport : un outil indispensable à la promotion d’une justice pénale européenne harmonieuse et efficace. Nous invitons tous nos collègues à le soutenir par leur vote, reconnaissant ainsi les valeurs d’impartialité et d’indépendance ici défendues, gages de la démocratie.

 

Protocole à la Convention européenne des droits de l’homme

 

M. LEMPENS (Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – Nous sommes tous d’accord pour penser qu’un environnement sain avec un air pur et de l’eau potable, est une condition essentielle à la vie humaine. Or l’être humain a le droit à la vie. Un environnement sain est donc un droit de l’homme et le Conseil de l’Europe défend les droits de l’homme. Il serait donc bien de consacrer un droit à l’environnement sain et viable dans un protocole additionnel à la Convention européenne des Droits de l’Homme. Nous nous félicitons de la présente initiative.

 

D’après toutes les recherches, les pauvres ont un état de santé moins bon. L’espérance de vie est moins longue dans les pays pauvres. Cela est dû partiellement à l’environnement. Ce problème relève pour une grande part de notre propre responsabilité. Nous connaissons les pollutions provoquées par les mutinationales, pas uniquement en Europe d’ailleurs. Nous savons que des réserves pétrolières en Afrique, au Nigéria par exemple, et en Asie, aux Philippines, menacent la vie humaine et celle des communautés.

 

Ce rapport est un bon point de départ. Nous espérons qu’il sera adopté et qu’il sera mis en œuvre dans nos pays respectifs. Cela relève de notre responsabilité de parlementaires. Les membres de la GUE continueront à faire campagne dans leurs pays en faveur d’un environnement sain pour tous. Cela suppose aussi une prévention en matière de conditions de vie. Il faut éradiquer les causes de maladies, encourager la recherche en matière de santé, mettre en place un système d’informations sur l’environnement. Il y a vraiment beaucoup à faire.

 

La GUE estime qu’une étape importante dans ce processus consisterait à modifier fondamentalement l’économie en prenant en compte les personnes avant le profit et en mettant fin à l’exploitation des êtres humains et de l’environnement, en privilégiant un capitalisme moins brutal. Des politiques qui s’inspireraient davantage du socialisme seraient plus saines pour l’environnement. Même si vous n’êtes pas d’accord avec ce principe, soyez au moins d’accord avec le projet de protocole additionnel.

 

Contestation des pouvoirs de la délégation de Moldova

 

M. KOX (Président du Groupe, Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – Comme le rappelait notre collègue John Greenway, c’est moi qui, lundi, ai posé la question et contesté, pour des raisons de procédure, les pouvoirs de la délégation de Moldova. Quarante-huit heures plus tard, nous débattons des résultats de cet examen et je dois féliciter M. Greenway et remercier la commission du Règlement d’avoir produit si rapidement un rapport très clair sur la situation.

 

L’article 6.2 du Règlement dispose que les délégations parlementaires nationales doivent être composées de façon à assurer une représentation équitable des partis ou des groupes politiques existant dans leurs parlements. Sur la base des informations que j’avais reçues, j’ai jugé qu’il était nécessaire de poser la question de savoir si la délégation moldave répondait ou non à nos critères.

 

Avant d’en venir au rapport de la commission du Règlement, en remarque préliminaire, puisque John Greenway a abordé cette question, je dirai que modifier l’article 7.1.b du Règlement serait sans doute une excellente proposition, même si je n’avais pas l’intention de proposer qu’une seule personne puisse le faire.

 

Mais, par ailleurs, mettre en cause les pouvoirs d’une délégation pour des raisons de procédure, ce n’est pas la même chose que pour des raisons de fond. Pour des raisons de procédure, cela signifie que l’on examine si le parlement national est correctement représenté ici dans cet hémicycle. Alors que nous savons bien que lorsque l’on conteste les pouvoirs pour une raison de fond, c’est dans l’idée qu’il faut exclure une délégation tout entière de l’Assemblée parlementaire. Il serait bon d’envisager les deux procédures et je suis d’accord avec le président de la commission du Règlement sur ce point.

 

Néanmoins, j’ai utilisé mon droit de contester ces pouvoirs parce que je pensais qu’il fallait tirer au clair les informations que j’avais reçues. La commission du Règlement vient de nous donner des explications claires.

 

Tout d’abord, la seule information pertinente concernant la composition de la délégation émane du président du parlement concerné. Si la décision de fait du parlement n’est pas conforme à la lettre envoyée par le président du parlement à notre Assemblée, comme tel était le cas, alors nous ne devons tenir compte que de la lettre du président du parlement. La décision du parlement moldave de ne désigner qu’un membre de l’opposition, alors même que cette opposition détient 48 sièges sur 101, a été infirmée par la lettre de son président, qui nous informe que deux des cinq membres de la délégation moldave appartiendront à l’opposition – ce qui est bien une représentation équitable.

 

La commission du Règlement précise également les conditions dans lesquelles le président d’un parlement peut désigner des suppléants. Elle montre bien qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une proposition complète pour tous les membres suppléants, bien que ce soit la façon normale d’agir pour la plupart des parlements. Cela devrait inspirer les autres parlements et les inciter à agir de même. Mais ils ont aussi le droit d’agir comme ils l’entendent !

 

Enfin, bien que le parlement en question ne soit pas obligé de désigner des suppléants, s’il le fait – et j’aimerais sur ce point avoir confirmation de la commission du Règlement – il doit tenir compte de l’article 7.1.b du Règlement.

 

Monsieur le Président, je suis très heureux que la commission du Règlement ait clairement donné instruction au parlement moldave d’agir de la sorte et de se présenter en 2010 avec une délégation complète, car c’est un droit du parlement moldave et il est important qu’il soit pleinement représenté ici.

 

J’appuie entièrement le projet de la commission du Règlement. J’espère que le parlement moldave utilisera ses droits. Cela ne pourrait que contribuer à améliorer le processus de réconciliation de la société en République de Moldova après les difficultés passées. J’espère donc revoir ici en janvier mes collègues qui, malheureusement, ont dû quitter Strasbourg hier et j’approuve sans réserve le rapport de M. Greenway.

 

Jeudi 1er octobre 2009 à 10 heures

 

Réexamen des pouvoirs de la délégation russe

 

M. KOX (Président du Groupe, Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – Le groupe GUE soutient les conclusions du rapport de M.  Gross car elles nous permettent de sortir d’une impasse qui paralyse l’Assemblée parlementaire depuis un an.

 

Il y a un an, j’ai participé à une visite en Ossétie du Sud, en Géorgie et à Moscou. Il est clair que c’est la Géorgie qui a déclenché les hostilités. Toutefois, Moscou y a réagi de façon exagérée en violant le droit international. Les effets de cette guerre, qui se poursuit toujours, sont dévastateurs. La contestation des pouvoirs de la délégation russe fait partie intégrante des hostilités. La Géorgie saisit, par ce biais, l’occasion de paralyser l’Assemblée parlementaire. Certes, les représentants russes n’ont pas réussi à persuader leurs autorités de mettre les recommandations de l’Assemblée en œuvre. Mais lorsqu’on se rend à Moscou, on comprend les dégâts causés par cette guerre et l’on comprend aussi que les Européens sont mal perçus.

 

Il faut assumer nos responsabilités, cesser les hostilités, y compris à l’Assemblée parlementaire et s’engager résolument sur la voie de la réconciliation. Le dialogue est en tous points préférables à un conflit dévastateur pour les régions et leurs habitants. En adoptant ce rapport, je penserai personnellement aux citoyens d’Ossétie du Sud et de Géorgie.

 

Discours de M. Danilo Türk, Président de la Slovénie

 

M. KOX (Président du Groupe, Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – Monsieur le Président de la Slovénie, je vous remercie d’avoir chanté les louanges du Conseil de l’Europe, mais pourquoi ne les accompagnez-vous pas des lignes budgétaires que nous réclamons ? Nous avons besoin de preuves financières de l’amour que vous nous déclarez !

 

Par ailleurs, comment réduire l’écart de représentation démocratique qui existe entre les pays du Nord et les pays du Sud ?

 

LE PRÉSIDENT  (Interprétation). – La parole est à M. le Président de la Slovénie.

 

M. TÜRK (Interprétation). – Monsieur Kox, pour revenir sur un terrain un peu plus philosophique, l’amour est un sentiment si complexe qu’il serait trop long d’en décrire toutes les facettes. La Slovénie est devenue membre depuis assez peu de temps. Je reconnais que je n’ai pas encore totalement intégré que nous devons contribuer au budget de nombreuses organisations internationales. Nous sommes dans une phase d’apprentissage qui demande du temps. Je le dis en battant ma coulpe car, en tant que Président, je pourrais peut-être faire davantage. Pour avoir travaillé à l’Organisation des Nations Unies, je comprends peut-être mieux cet aspect du dossier que beaucoup de mes compatriotes. Cela dit, des pays plus expérimentés peuvent avoir une attitude plus dynamique pour fournir des fonds.

 

Quant à l’évolution au sein de l’ONU, dossier important, le processus est en cours. Il y a déjà longtemps, un comité de sages avait été créé pour se pencher sur la question. Mais pour les raisons que vous avez évoquées, je ne suis pas sûr de l’efficacité de ces initiatives quant au rôle de l’Europe. Comme je l’ai dit au début de ma déclaration, les pays membres de l’Union européenne ont une légitimité en matière de traités, mais il convient aussi d’exprimer le point de vue des peuples. Ce que nous faisons actuellement est insuffisant. La Cour constitutionnelle d’Allemagne s’est penchée sur ce qu’elle appelle le « déficit démocratique structurel ». Je suis persuadé que le Conseil de l’Europe peut aider l’Union européenne dans ce domaine. Le sujet doit être beaucoup plus débattu qu’il ne l’a été jusqu’à présent.

 

Jeudi 1er octobre 2009 à 15 heures

 

Avenir du Conseil de l’Europe

 

M. KOX (Président du Groupe, Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – Je remercie vivement M. Lellouche d’avoir participé à notre débat ainsi que notre collègue Jean-Claude Mignon pour la qualité de son rapport que mon groupe appuie sans réserve, ou peu s’en faut.

 

Monsieur le Président, nous évoquons aujourd’hui le passé du Conseil de l’Europe mais nous songeons aussi à son avenir. Voici soixante ans, le Conseil de l’Europe incarnait l’espoir d’un très grand nombre de personnes sur notre continent, au lendemain de la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale. Puis, très vite, nous avons vu s’installer la Guerre froide. Beaucoup d’attentes, d’espoirs ont été déçus. L’Europe a été divisée entre idéologies capitaliste et communiste. Le Conseil de l’Europe est devenu alors une Organisation qui ne regroupait que les pays d’Europe occidentale. Ont eu lieu ensuite les coups d’Etat en Grèce et en Turquie, nous avons eu des dictatures en Espagne et au Portugal. Nous avons vu les libertés et la démocratie reculer en Europe de l’Est. Nous avons vu l’invasion de la Tchécoslovaquie, le Pacte de Varsovie…

 

Bref, dans les années 80, très peu d’espoirs étaient mis dans le Conseil de l’Europe. N’oublions pas cette perspective historique aujourd’hui, quand nous nous remémorons ces soixante ans d’histoire. Mais, monsieur le Président, voilà vingt ans, ce réservoir d’attentes, d’espoir s’est vu rempli à nouveau lorsque les pays d’Europe de l’Est ont vu leurs peuples reprendre peu à peu le pouvoir et ouvrir à nouveau la voie de la démocratie. C’est grâce à eux que l’Europe unie s’est vu offrir une nouvelle chance. Le Conseil de l’Europe a pu alors imposer ses valeurs, faire la preuve de ses capacités au service de la démocratie et de la primauté du droit.

 

Monsieur le Président, je crois que nous pourrions en fait célébrer notre vingtième anniversaire, car nous sommes sans doute la plus ancienne des organisations européennes en ce qui concerne la démocratie et la primauté du droit mais nous sommes aussi la plus jeune en quelque sorte, puisqu’il n’y a que vingt ans que nous traitons de ces questions dans une Europe unie, dans laquelle l’Est et l’Ouest du continent travaillent de concert.

 

Nous sommes une organisation jeune, et même sans doute la plus jeune à cet égard. Nous devons donc encore nous développer et nous réinventer. Ce n’est pas en soi quelque chose de grave. Ce qui serait grave, ce serait que nous ne nous montrions pas capables de surmonter les obstacles, mais je crois que nous avons jusqu’ici prouvé que nous étions à même de le faire.

 

Il n’a jamais été facile de réunir tous les pays européens comme nous le faisons et de débattre ensemble de toutes les questions qui agitent le continent. Ceux qui chercheraient ici la facilité se tromperaient. Nous avons encore beaucoup de pain sur la planche, car il y a beaucoup de sujets qui nous divisent. Mais ce constat ne doit pas nous accabler, bien au contraire.

 

Soixante après sa création et vingt ans après le nouveau départ qu’a représenté la réunion de l’est et de l’ouest, le Conseil de l’Europe suscite des attentes et des aspirations nouvelles, qui sont autant de raisons d’espérer. Merci encore, Jean-Claude, pour cet excellent rapport.

 

Respect des obligations et des’engagements de Monaco

 

M. SOBKO (Fédération de Russie, au nom du groupe) (Interprétation). – J’aimerais féliciter de tout cœur les co-rapporteurs pour leur travail concret, approfondi, global – un des meilleurs rapports que nous ayons eu ces derniers temps. Cinq ans se sont écoulés depuis la demande d’adhésion de Monaco au Conseil de l’Europe, mais on ne peut que le constater à partir du moment où la demande a été déposée, Monaco n’a eu de cesse de s’aligner sur les normes du Conseil de l’Europe.

 

En 2001, les experts de l’organisation ont formulé des recommandations qui ont été intégrées dans la réforme institutionnelle et je dois noter que la constitution constitue un réel progrès vers le développement démocratique spécifique de ce petit pays situé au cœur même de l’Europe. En 2004, Monaco a adhéré au Conseil de l’Europe et s’est engagé à modifier sa constitution. Bien des choses ont été accomplies pour normaliser la législation, notamment avec la loi sur les associations et les réunions, les lois sur les médias et sur la citoyenneté ainsi qu’avec les modifications de la loi visant à favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est bien là la preuve que Monaco voulait être en conformité avec les normes du Conseil de l’Europe.

 

De nombreuses conventions ont été signées et mises en œuvre. Reste encore la question des Protocoles 1 et 12 à la Convention européenne des droits de l’homme, mais il faut aussi comprendre que ce pays présente des spécificités liées à son territoire extrêmement limité et au fait que ses citoyens ne représentent que 30 % de la population. Mais Monaco recherche les moyens efficaces qui lui permettront de correspondre totalement aux normes du Conseil de l’Europe.

 

Le Conseil national a un rôle essentiel à jouer dans la recherche d’équilibre entre l’exécutif et le législatif. Des étapes ont été franchies avec succès, comme le dit le rapport. Inutile d’y revenir. On peut cependant ajouter qu’un autre travail a été entrepris volontairement par Monaco bien que ne figurant pas dans ses engagements et obligations. Le code de procédure pénale commence à être réformé et l’on élabore un nouveau règlement régissant le fonctionnement du Conseil national. Je n’oublie pas non plus que beaucoup a été fait pour lutter contre la corruption et le blanchiment de capitaux illégaux.

 

Au nom de la Gauche unitaire européenne, je dirai que nous espérons que Monaco ne se reposera pas sur ses lauriers et continuera à travailler, notamment sur le Conseil national. Quoi qu’il en soit, les résultats permettent de clore le suivi et d’ouvrir le dialogue post-suivi.

 

Vendredi 2 octobre 2009 à 10 heures

 

Fonctionnement des institutions démocratiques en Moldova 

 

M. KOX (Président du Groupe, Pays-Bas, au nom du groupe) (Interprétation). – Je voudrais souligner, au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne, que c’est dans l’annexe de ce rapport que l’information la plus importante est donnée. Le paragraphe 9 constate en effet que le processus démocratique fonctionne en Moldova, or cette conclusion est importante.

 

Comme l’a dit M. Gross, en dépit du grand nombre de difficultés que rencontre encore le pays, les résultats des différentes élections ont été acceptés jusqu’à aujourd’hui et l’alternance a eu lieu lorsqu’ils l’exigeaient.

 

C’est très important. Nous savons que des difficultés ont été relevées lors des élections d’avril. Nous avons eu l’occasion d’en parler ici. Nous avons d’ailleurs adopté la Résolution 1666. Je remercie M. Vareikis et Mme Durrieu pour leur rapport. Le pays a réussi tout de même à surmonter les difficultés. Un Président a été élu, le pouvoir a été transféré. Le Président Voronine a joué le rôle du démocrate en participant aux débats de notre Assemblée parlementaire.

 

Beaucoup de problèmes demeurent néanmoins en suspens. Tout comme M. Gross, j’estime que ce pays est capable de répondre les problèmes de façon démocratique. C’est au Parlement moldave de conclure à l’utilité du réexamen de la loi.

 

La Commission du Règlement a élaboré un rapport très clair au sujet de la contestation des pouvoirs de la délégation moldave pour des raisons de procédure. Il recommande notamment au Parlement moldave de proposer une délégation pleine et dûment constituée pour la session de janvier, qui tiendrait compte de la nécessité de permettre à tous les partis d’y être représentés, soit parmi les membres titulaires, soit parmi les membres titulaires, parmi les membres suppléants.