Discours avril 2008
Lundi 14 avril 2008
à 11 h 30 heures
Rapport d’activité du Bureau et
de la commission permanente
M. MELNIKOV (Fédération de
Russie)- au nom du groupe (Interprétation), s’exprimant au nom du Groupe
GUE, note que le candidat de l’opposition a bénéficié des voix des jeunes, des
habitants des grandes villes, et d’une manière générale de celles des citoyens
les mieux informés, totalisant ainsi dans certaines circonscriptions plus de
30% des voix. Il remercie M. Gross du travail accompli en Russie et de son
rapport, qui dresse un tableau objectif de la situation.
Une demande concernant les élections
à
Soucieuse que les élections ne
soient pas qu’un simple exercice de style, l’opposition russe a beaucoup
travaillé à un nouveau programme. Elle demande que les candidats aient un accès
égal aux médias. Même la commission centrale des élections reconnaît que cela
n’a pas été le cas et que M. Medvedev a été de ce point de vue favorisé. Il
faut que tous les candidats puissent débattre publiquement de leurs programmes,
ce qui suppose aussi que ces débats soient retransmis à des heures convenables
Lundi 14 avril 2008
à 15 heures
Discours de M. Gašparovič, Président de
M. KOX (Pays-Bas) – au nom
du groupe
(Interprétation) rappelle que le Conseil de l’Europe s’efforce d’éviter de
créer de nouvelles lignes de fracture en Europe. De ce point de vue, le projet
américain d’installer une base de bouclier anti missiles dans un pays voisin de
LE PRÉSIDENT. – La parole
est à M. le Président de
M. GAŠPAROVIČ
(Interprétation) rappelle que le Premier ministre a déclaré qu’il n’accepterait
jamais un tel bouclier sur le territoire de
Mardi 15 avril 2008
à 10 heures
Les communautés musulmanes européennesface à l’extrémisme
M. KESKIN (Allemagne) rapporteur pour avis (Interprétation) remercie le rapporteur pour
son remarquable travail. Les événements des dernières semaines ont démontré de
façon tragique l’actualité de ce sujet : aux Pays-Bas, le film contre le
Coran, réalisé par l’extrémiste Gert Wilders, laisse croire que tous les musulmans seraient des
sympathisants du terrorisme et nieraient les droits des femmes. L’objectif est
d’accroître les peurs de la population et de démontrer que l’Islam est une
menace pour les démocraties occidentales. Ces thèses rencontrent
malheureusement un écho : d’après un sondage, 83 % des Allemands
pensent que l’Islam est synonyme de fanatisme, 90 % pensent qu’il est
synonyme d’oppression des femmes, et 75 % le jugent inconciliable avec la
culture occidentale.
Or c’est précisément en rejetant les
musulmans qu’on les encourage à sympathiser avec le terrorisme. Les sociétés
européennes doivent évidemment défendre leurs valeurs propres, en particulier
la laïcité, et exiger des musulmans, comme des autres citoyens, qu’ils
respectent les lois et les normes constitutionnelles. Mais ceux-ci doivent
aussi pouvoir jouir sans restriction des droits reconnus par la loi à chaque
individu. Les sociétés européennes doivent donc s’attacher à éliminer toutes
les formes de racisme et de discrimination sociale, qui sont le ferment du
terrorisme. (Applaudissements)
M. ROSSI (Saint-Marin) –
au nom du groupe (Interprétation), intervenant au nom du Groupe GUE, souligne que
l’intégrisme islamique s’est transformé en idéologie, avec un pouvoir
d’attraction fort et destructeur, surtout pour les jeunes générations qui ne
sont pas parfaitement intégrées dans les communautés occidentales.
L’islamophobie s’est beaucoup
diffusée à la suite des terribles attentats en Europe et les rapports entre les
communautés ont ainsi été soumis à une pression très forte. Face à ces phénomènes,
l’initiative de l’Alliance pour la civilisation vise à promouvoir le dialogue
entre les cultures et les religions. Pour cela, il faut faire appel aux valeurs
enracinées en Europe, analyser de façon scientifique la situation, avoir une
connaissance fine des relations entre les communautés. Seul un tel outil peut
permettre de vaincre les peurs irrationnelles qu’utilisent ceux qui agitent le
spectre du choc des civilisations.
Les valeurs européennes appellent à
traiter non pas les manifestations de l’intégrisme mais ses racines, en
particulier les difficultés d’intégration, à nouer le dialogue, à mettre en
valeur les communautés musulmanes qui dénoncent l’intégrisme, à ne pas tomber
dans une frayeur générale à l’égard de l’islam. Même si elles ont payé un lourd tribu à la lutte contre les extrémismes, les
sociétés laïques ne doivent pas céder à la tentation d’identifier trop vite un
ennemi unique.
Mettre en avant, comme le fait le
rapport, la lutte contre l’islamophobie, la défense des valeurs européennes, le
dialogue est une approche positive et il faut donc soutenir le projet de
recommandation et le projet de résolution. Bien qu’il n’ait pas été adopté par
la commission des questions politiques, le Groupe GUE soutiendra l’amendement
n° 17 car il ne veut pas que l’on créé des ghettos mais des zones de
mixité où chacun puisse s’intégrer. (Applaudissements)
M. KYPRIANOU (Chypre) (Interprétation) juge ce débat
particulièrement important face au développement des phénomènes extrémistes
dans les communautés musulmanes en Europe. Mais s’il faut combattre cette
tendance, il faut aussi éviter toute confusion entre foi religieuse et
terrorisme. Il convient de tout mettre en œuvre pour éviter de nouveaux
attentats terroristes mais il faut affirmer que ces actes commis par quelques
individus se revendiquant de l’islam ne sauraient entacher l’image de toute la
communauté.
Les gouvernements des États membres
doivent aussi s’attaquer aux racines du terrorisme et de l’intégrisme :
pauvreté, exclusion, discrimination, marchandisation. Ils doivent chercher les
moyens d’une meilleure intégration des populations immigrées dont les membres
doivent pouvoir vivre comme des citoyens et non comme des parias. Toute source
de discrimination doit être combattue. La participation politique et civique et
l’inclusion sociale sont essentielles pour promouvoir l’intégration.
Dans le même temps, il faut
encourager les responsables politiques à prendre leurs responsabilités en
n’étant jamais ambigus lorsqu’ils condamnent les actes terroristes et
lorsqu’ils affirment leur attachement à la laïcité.
Les sociétés ont été gravement
blessées par la violence terroriste. Il est très important de réfléchir aux
causes de cette violence tout en veillant à ne pas stigmatiser les musulmans et
en assurant l’intégration des communautés dans la vie sociale. (Applaudissements)
Discours de Mme Angela
Merkel, Chancelière fédérale d’Allemagne
M. KOX (Pays-Bas) – au nom
du groupe (Interprétation),
s’exprimant au nom du groupe GUE, demande ce qu’il faut faire pour empêcher que
de nouvelles lignes de division apparaissent dans le contexte d’une Russie qui
se ferme et d’une Union européenne qui, avec l’Otan, risque d’apparaître de
plus en plus arrogante.
LE PRÉSIDENT (Traduction). – La
parole est à Mme
Mme MERKEL
(Interprétation) répond que l’Otan est une alliance d’États disposés à se
protéger mutuellement. Ce n’est pas une union fermée ni arrogante, mais au
contraire une union ouverte et fondée sur des valeurs.
Même s’il y a beaucoup de
chevauchements, on ne peut pas comparer l’Union européenne et l’Otan car
certains États sont membres d’une seule des deux organisations. En tant que
membre des deux, l’Allemagne ne souhaite aucun conflit et elle regretterait de
donner une impression d’arrogance. Sans doute conviendrait-il que le Conseil
Otan-Russie se réunisse plus souvent. L’Otan est une union ouverte à ceux qui
partagent un certain nombre de valeurs.
Mardi 15 avril 2008
à 15 heures
Rapport annuel d’activité 2007 du
Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe
M. ELZINGA (Pays-Bas) – au
nom du groupe (Interprétation)
se réfère au site internet du commissaire et souhaiterait savoir quels sont les
moyens qu’il demande pour renforcer les capacités des organes existants.
LE PRÉSIDENT. – La
parole est à M. le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de
l’Europe
M. HAMMARBERG (Interprétation)
souhaite effectivement que les gouvernements fournissent un effort financier
supplémentaire. Il faut les convaincre de l’utilité des travaux effectués.
Recours abusif au système de
justice au Bélarus
M. KOX (Pays-Bas) –
au nom du groupe (Interprétation) intervenant au nom du groupe GUE, rapporte que
l’ambassadeur du Bélarus, qu’il vient de rencontrer,
n’apprécie pas du tout ce rapport. M. Kox lui a bien sûr répondu que
c’était à prendre ou à laisser. Si l’on souhaite que ce pays revienne vers
l’Europe, il faut l’inciter à dialoguer avec le Conseil de l’Europe : s’il
estime qu’il fait partie du continent, il n’a pas d’autre choix que de franchir
de nouvelles étapes pour s’en approcher. C’est lui qui a choisi de violer les
valeurs européennes, c’est à lui de prendre des décisions pour mettre fin à son
isolement. Pour sa part, le groupe GUE préconise le retour du Bélarus afin de pouvoir discuter avec ses représentants.
Mais cela suppose bien évidemment l’application d’un moratoire sur la peine de
mort.
Les recours abusifs à la justice
sont un mode de discrimination contre les opposants politiques. Le gouvernement
du Bélarus doit prendre des mesures qui traduisent
clairement sa volonté de changement et son intention de respecter les droits
humains qui fondent la démocratie. Peut être existe t-il dans le monde des
dictatures pires encore, mais en tout cas pas parmi les ressortissants du
Conseil de l’Europe qui place la barre très haut en ce qui concerne le respect
des valeurs essentielles.
Il est heureux qu’un grand nombre de
prisonniers politiques aient été libérés. Mais il faut regretter qu’un accord
avec le Conseil de l’Europe ait dû être annulé faute d’une coopération
suffisante des autorités du Bélarus. Si ce pays veut
faire bouger les choses, il doit s’abstenir de critiquer chaque ligne du
rapport et accepter d’ouvrir le dialogue. Ceux qui y vivent ont besoin, comme
les habitants de tous les pays membres du Conseil, d’être accueillis dans le
concert des nations européennes démocratiques. Il faut donc espérer, comme
Angela Merkel, que le Bélarus
reviendra vers le Conseil de l’Europe et vers
M. SOBKO (Fédération de
Russie) (Interprétation), marque le
désaccord des membres du parti communiste siégeant au sein de la délégation
russe avec les projets de résolution et de recommandation.
Il faut comprendre que les Russes et
les Biélorusses sont un seul et même peuple qui a été divisé. Ni les uns ni les
autres ne sont prêts à accepter des leçons de morale comme celles qu’a cru bon
de donner le représentant du Royaume-Uni, comme si chacun n’avait pas des
squelettes au fond d’un placard…
Récemment, le président de Puig a souhaité que les parlementaires s’affranchissent
d’un point de vue strictement national pour voir les choses d’un peu plus haut.
Mais comment admettrait on que l’on cherche une nouvelle fois à condamner le Bélarus en l’absence de ses représentants ? Dans tous
les pays, certaines choses sont imparfaites. Pourquoi passe-t-on autant de
temps sur le cas de jeunes gens qui ont été emprisonnés une quinzaine de jours
parce qu’ils s’étaient mal conduits, tandis qu’on garde le silence sur les Cubains
détenus depuis des années aux États-Unis, tandis qu’on oublie les prisons
volantes, tandis qu’on reste muets sur ce Thaïlandais innocenté par un tribunal
de son pays mais remis aussitôt en prison à la demande des services secrets
américains ? En veut-on au Bélarus parce que son
niveau de développement a progressé de 170 % depuis 1990 ?
Même si nombreux ont été ceux qui
ont été anéantis après la catastrophe qui a frappé l’URSS, les Biélorusses ne
se coucheront jamais devant l’Amérique. Si l’on veut s’adresser à eux, il faut
les traiter d’égal à égal, faire preuve d’ouverture et non leur lancer des
ultimatums. Les fascistes ne sont pas parvenus à les faire plier dans les
années 1940, ce n’est pas aujourd’hui que l’on brisera ce peuple par la
force. Ce n’est pas en demandant le remplacement du gouvernement que les
Biélorusses ont choisi que l’on fera bouger les choses. (Applaudissements)
Mercredi 16 avril
2008 à 10 heures
Accès à un avortement sans risque
et légal en Europe
Mme FRAHM (Danemark)
– au nom du groupe (Interprétation), s’exprimant au nom du Groupe GUE, se déclare à son
tour pleinement d’accord avec ce qui a été dit précédemment. Dès lors que tous
les États membres ont ratifié
On se souvient du temps où
l’avortement était illégal dans la plupart des pays d’Europe : le fait
qu’il soit clandestin ne signifiait pas qu’il n’y en avait pas. Chacun a
entendu ces histoires de femmes qui ont perdu la vie parce qu’elles avaient été
avortées par des non professionnelles, de ces jeunes filles qui ont dû donner
leur nouveau-né à l’adoption parce qu’elles ne pouvaient s’en occuper, de ces
victimes de viols ou de celles qui ont regretté toute leur vie d’avoir passé
sans réfléchir une nuit avec un homme, et même de ces femmes qui ont tué leur
bébé.
Bien sûr on peut se demander s’il y
a une vie après la mort, mais à quoi bon si l’on ne pense pas d’abord à la vie
au présent. L’avortement est une alternative ; en le condamnant on ne fait
qu’aggraver les souffrances physiques et morales qui y sont liées.
Bien sûr, il y a eu une évolution
mais on constate un engagement croissant de l’église catholique et d’autres
groupes religieux pour priver les femmes de leur droit le plus
fondamental : celui de disposer de leur propre corps.
Il faut avancer en développant des
stratégies pour réduire le nombre d’avortements, pour garantir l’accès à la
contraception, pour développer l’éducation à la sexualité. C’est pour cela
qu’il faut appuyer vigoureusement ce rapport qui permettra d’avancer au lieu de
reculer. (Applaudissements)
M. ROSSI (Saint-Marin)
(Interprétation)
trouve que l’Assemblée parlementaire a bien fait de se saisir du sujet et
remercie Mme Wurm pour son travail,
ainsi que pour sa fermeté et sa détermination. Il faut évidemment chercher à
diminuer au maximum le nombre de grossesses non désirées et faire en sorte que
l’avortement soit vraiment un dernier recours. Mais si une femme décide
d’avorter, il faut respecter son choix douloureux et trouver la réglementation
la plus pertinente pour protéger sa santé. Fermer les yeux ne sert à rien.
L’orateur soutiendra donc le projet de résolution. (Applaudissements)
Discours de Mme Ioula Timochenko, Premier
ministre de l’Ukraine
M. MELNIKOV (Fédération de
Russie) – au nom du groupe (Interprétation), s’exprimant au nom du Groupe GUE,
rappelle qu’un référendum est prévu sur les relations de l’Ukraine avec l’Otan.
Il apparaît qu’une grande partie de la population est hostile à l’entrée de
l’Ukraine dans l’Organisation. Le gouvernement en tiendra-t-il compte afin
d’éviter une fracture au sein du peuple ukrainien ?
LE PRÉSIDENT. – La parole est à
Mme le Premier ministre de l’Ukraine.
Mme TIMOCHENKO
(Interprétation) insiste sur la nécessité de renforcer la coopération de son
pays avec l’Otan, mais aussi avec
Mercredi 16 avril
2008 à 15 heures
Accès à un avortement sans risque
et légal en Europe (suite)
M. SIGFÚSSON (Islande) (Interprétation), remercie, au nom de
Débat d’actualité : les
conséquences de la déclaration d’indépendance par l’Assemblée du Kosovo
M. KYPRIANOU (Chypre)
– au nom du groupe (Interprétation) s’exprimant au nom du groupe GUE, déclare que la
reconnaissance de l’indépendance du Kosovo a créé une situation très
dangereuse, qui menace la paix et la sécurité en Europe. Le groupe GUE est
convaincu que la déclaration unilatérale d’indépendance est une violation du
droit international, et en particulier de la charte de l’ONU qui garantit la
souveraineté et l’intégrité territoriale des États membres.
La responsabilité de cette situation
incombe à tous les États qui ont encouragé le Kosovo à proclamer son
indépendance. Ont-ils vraiment réalisé l’effet qu’aurait leur attitude sur
d’autres régions séparatistes ? Le risque que d’autres pays du Conseil de
l’Europe se retrouvent confrontés à la même situation n’a rien de théorique.
Il est illusoire de proclamer que
cette situation ne sera pas considérée comme un précédent. Il faut donc que le
Conseil de l’Europe adopte une position ferme et prudente en préservant les
principes qui fondent son existence et en encourageant l’intégration plutôt que
la partition. (Applaudissements)
M. ZIUGANOV (Fédération de
Russie) (Interprétation) déclare que la
question du Kosovo est d’importance cruciale pour l’Europe et pour le monde.
Il y a quelques années, les Kosovars
et les Serbes étaient disposés à signer un accord. Puis Mme Albright
est arrivée, a déchiré le document, et les bombardements de l’Otan ont
commencé.
Il y a 200 situations
comparables dans le monde. Le cas du Kosovo ne sera pas seulement un précédent,
c’est une véritable bombe à retardement.
L’orateur regrette que, ces
dernières années, l’Assemblée du Conseil de l’Europe multiplie les débats qui
encouragent la discorde plus que l’union : on accuse l’ex-URSS de crimes
contre l’humanité, on dénigre le Bélarus, tout cela
pour occulter les tentatives de l’Otan d’élargir son aire d’influence jusqu’à
l’Ukraine.
Parallèlement, la course aux
armements reprend et la famine s’étend sur la planète : un être humain sur
quatre souffre du manque d’eau ou d’alimentation.
Les Européens, qui ont su se
réconcilier après deux guerres mondiales, doivent maintenant s’unir pour
empêcher l’éclatement d’États souverains. Face aux menées des États-Unis, qui
s’engagent sur la même voie que l’Allemagne nazie, ils doivent s’entendre pour
ne pas encourager le séparatisme. Sinon, à qui le tour ? (Applaudissements)
Suicide des enfants et des
adolescents en Europe : un grave problème de santé publique
M. ROSSI (Saint-Marin)
– au nom du groupe (Interprétation) s’exprimant au nom du groupe GUE, souligne
que le problème du suicide des jeunes est souvent sous-estimé, peut-être parce
qu’il est particulièrement douloureux à aborder.
L’adolescence est une étape
difficile dans le développement de la personnalité. Le mode de vie de l’enfant
n’est plus adapté, la pression du monde extérieur augmente et la perception de
la mort est parfois irréaliste.
Le rapport définit clairement les
mesures à prendre. L’une des plus importantes est la collecte de données sur
les jeunes homosexuels qui se sentent souvent particulièrement incompris, et
sur les signes permettant de repérer la peur de l’échec chez les adolescents
sensibles. Il faut en effet être formé pour détecter ce type de problèmes.
L’absence chez les jeunes d’une
conscience claire de ce qu’est la mort joue également un rôle important, comme
le montre la multiplication de sites internet encourageant les conduites
suicidaires.
Le groupe GUE appuie sans réserves les propositions courageuses et constructives du
rapporteur. (Applaudissements)
Jeudi 17 avril 2008
à 10 heures
Discussion
selon la procédure d’urgence : Le fonctionnement
des institutions démocratiques en Arménie
M. JACOBSEN (Norvège)
– au nom du groupe
(Interprétation) s’exprimant au nom du Groupe GUE, s’est rendu en tant
qu’observateur dans plusieurs bureaux de vote et a pu voir l’enthousiasme des
électeurs. Il n’a constaté aucune irrégularité notable. Il y a certes pu y
avoir des erreurs, mais aucune relevant de l’escroquerie caractérisée. C’est
pourquoi il pense que le résultat des élections reflète bien la préférence
politique des électeurs.
Les élections ont été libres mais
pas équitables, car il n’y a pas eu de vrai débat public et parce que les
journalistes n’étaient pas en situation de poser des questions difficiles. Tout
cela fait qu’en Arménie, la politique reste une lutte de chefs, qui ne concerne
qu’un petit nombre. Or, pour changer un pays en profondeur, il faut une
participation active de tous les citoyens.
En Norvège, lorsque quelqu’un est
élu pour représenter les citoyens dans une institution nationale, cette
personne doit faire preuve de loyauté envers l’institution, pas seulement
envers son parti. En Arménie, les représentants semblent davantage liés à leur
parti que loyaux envers l’institution. On ne peut que regretter le manque
d’indépendance des hommes politiques. L’orateur conclut en appelant à faire
toute la lumière sur ce qui s’est passé le 1er mars. (Applaudissements)
Discours de M. Bernard
Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes de
M. LECOQ (France) –
au nom du groupe – Monsieur le ministre, les peuples du monde et le peuple
européen ont pris conscience que ce qui les menace tous gravement, et peut-être
durablement, est le réchauffement climatique et ses conséquences. Comment
expliquez-vous, monsieur le ministre, vous qui vous qualifiez souvent de va-t’en-paix, que les gouvernements européens consacrent
des sommes faramineuses à la course au surarmement en Europe et si peu à la
question du réchauffement climatique ? Et peut-être, pourrez-vous nous
expliquer pour quelle menace ?
LE PRÉSIDENT. – La
parole est à M. le ministre des Affaires étrangères et européennes de
M. KOUCHNER. – Je
vous remercie, Monsieur Lecoq. Les menaces sont grandes : elles
s’appellent, d’abord, avant tout, la misère, la pauvreté. Ne faites pas
l’étonné, nous nous connaissons bien !
Il faut aussi, à propos du
réchauffement climatique, mesurer les conséquences actuelles. Nous avons
assisté à des émeutes de la faim qui ont éclaté un peu partout. Cela complique
terriblement la lutte nécessaire, qui est déjà engagée – le Grenelle de
l’environnement consenti, aménagé et décidé par tous les groupes
politiques, y compris les militants écologiques, va se compliquer. Les
décisions vont devoir faire place, en particulier, aux difficultés de
production. D’une part, on emploie des terres pour les biocarburants, c’est
peut-être légitime, d’un côté, mais est difficile de l’autre pour la production
vivrière nécessaire à la nourriture des habitants. D’autre part, des
changements climatiques et hydrauliques appauvrissent vraiment les terres.
Quant aux menaces, je crois que ce
n’est pas le moment de baisser la garde parce que, comme vous le savez, le
terrorisme et le mauvais usage de la foi poussée à l’extrémisme, que je ne
confonds pas avec les religions, est encore extrêmement pesant, difficile et menaçant
et n’est sans doute pas près de s’achever.
Qui, avant que la paix ne s’installe
sur toute la planète baisserait sa garde le premier ? S’il faut que
les désarmements, pourparlers et dialogues de désarmement reprennent, nous
avons aussi quelques menaces bien situées qui poussent exactement au contraire.
Jeudi 17 avril 2008
à 15 heures
Promouvoir l’enseignement des
littératures européennes
M. LECOQ (France) –
au nom du groupe – Permettez-moi d’abord de remercier Jacques Legendre pour la
qualité du rapport qu’il soumet aujourd’hui à notre Assemblée. Je tiens
également à saluer le travail fourni à l’occasion des réunions de préparation
de ce document, notamment lors du colloque, dont les actes nous ont été
rappelés, organisé le 11 décembre dernier, au Sénat français.
Le projet de recommandation invite
les États à inscrire l’enseignement des littératures européennes dans les
programmes scolaires.
Revenons un instant sur la notion de
« littérature européenne ». Soyons clairs : la littérature européenne ne peut
être une simple superposition des paramètres langue, nationalité,
territorialité, Europe des Vingt-sept et Quarante-sept. Ce concept est encore
aujourd’hui sujet à débat tant le continent européen se caractérise sur le plan
littéraire par une variété de styles et une diversité de genres, au-delà des
simples différences idiomatiques. Beaucoup a été pensé et écrit sur son
existence réelle et les limites de cet ensemble potentiel. Celles-ci me
semblent tempérées par l’acception plurielle de la notion, telle que l’a
retenue le rapporteur.
Je souscris à cette démarche
plurielle, respectueuse des traditions littéraires nationales, voire
régionales. Je ne renie pas pour autant les mots de Milan Kundera, romancier
tchèque et véritable incarnation d’une conscience européenne. Je partage aussi
le défi que nous propose notre rapporteur sur cette citation. Le paradoxe de la
construction européenne réside sans doute dans l’écart entre
l’approfondissement de l’intégration économique et juridique et la dilution
progressive d’une culture commune, telle qu’elle a pu exister entre
De fait, si je devais tenter de
résumer les travaux de la commission de la culture, de la science et de
l’éducation, je serais tenté de proposer une question simple : la connaissance
des littératures européennes, patrimoine commun à l’ensemble du continent mais
également révélatrices des spécificités des nations qui le composent, peut-elle
contribuer à l’émergence d’une citoyenneté européenne ?
Je ne souhaite pas céder à la
tentation d’y voir le remède absolu aux problèmes d’incarnation du modèle
européen. Il n’en demeure pas moins que la littérature, comme l’art en général,
n’a pas de frontière et qu’elle puise nombre de ses sujets dans les valeurs que
l’Europe porte dans ses combats communs. Elle me semble ainsi à même d’unir les
peuples, sans gommer pour autant les différences. La littérature européenne
demeure, en effet, enracinée dans l’histoire politique, idéologique, sociale et
culturelle de nos États.
Ne mésestimons pas non plus son
apport historique à la circulation des idées, ainsi qu’à l’éveil et à la
formation des consciences. Que serait notre conception de la liberté sans
Érasme ou Voltaire ? Cette mission traditionnelle de la littérature européenne demeure
encore et toujours d’actualité. (Applaudissements)
Dans un autre ordre d’idée, le
rapport nous invite également à découvrir ce qu’il appelle « le trésor commun
européen » et s’interroge sur les modalités de sa transmission. Comment
valoriser ce trésor ? Comment le rendre accessible au plus grand nombre
dans leur langue nationale ? Quel moyen déployer pour les
traductions ? Quelle utilisation retenir des nouvelles technologies ?
Quelle rémunération des auteurs ? Quelle formation des enseignants et des universitaires
? Quelle part dans les programmes des matières scolaires et universitaires
invitant au développement de l’individu, de son esprit civique ?
L’ensemble de ces interrogations
pose la question des moyens matériels, humains et financiers que nos États et
l’Union européenne souhaitent consacrer de manière équitable au développement
d’une véritable politique culturelle européenne. Elle invite également à penser
les modalités d’une mutualisation des connaissances entre enseignants et
chercheurs des États membres du Conseil de l’Europe, en vue de faire émerger un
enseignement commun des littératures européennes.
Doit-on pour autant aboutir à la
définition d’une pédagogie commune ? La question demeure à l’heure
actuelle ouverte, mais surtout tributaire de la volonté et des moyens mis à la
disposition de la transmission du patrimoine littéraire européen.
La littérature européenne s’est
développée avec pour optique la mise en avant d’un idéal de vie. L’Europe à
laquelle aspirent les Européens s’organise aussi autour de ce même idéal. Le
projet de recommandation tel que présenté aujourd’hui nous invite à réfléchir à
la mise en œuvre d’une nouvelle étape en la matière, en refusant toute pensée
unique en ce domaine.
Une nouvelle fois, je remercie le
rapporteur. Permettez-moi aussi de remercier M. Maalouf pour la grande
honnêteté du constat de notre monde et de son mouvement ainsi que pour la
justesse des idées qu’il propose et qu’il soumet notre réflexion. (Applaudissements)
Adhésion de l’Union
européenne/Communauté européenne à
Mme POSTOICO (Moldova)
– au nom du groupe (Interprétation), félicite, au nom du Groupe GUE, la rapporteure pour son analyse approfondie ainsi que ses
collègues qui ont soulevé cette question.
Il y a trente ans que l’on
parle de l’adhésion de l’Union européenne à
Le Traité de Lisbonne fournit une
base juridique qui rend cette adhésion possible. Elle contribuera aux
renforcements des droits individuels et assurera l’unicité des mécanismes de
défenses des droits de l’homme. Les citoyens pourront s’adresser à
Il conviendra aussi, dans le
processus d’adhésion, de prévoir une adaptation des structures juridiques afin
d’assurer une cohérence entre les normes de l’Union et celles de
Vendredi 18 avril
2008 à 10 heures
Immigration en provenance
d’Afrique subsaharienne
M. KOX (Pays-Bas)
– au nom du groupe – Madame
Je poursuivrai mon intervention en
anglais, si vous le voulez bien.
Poursuivant en anglais (Interprétation), l’orateur
souligne qu’il est très important que le Conseil de l’Europe débatte de ces
questions. Mais il convient surtout de se demander pourquoi tant d’habitants de
l’Afrique subsaharienne tentent de venir en Europe à n’importe quel prix alors
que les Européens ne se rendent guère en Afrique que comme touristes. Bill
Clinton a dit que cela tenait à des raisons économiques et c’est bien la
pauvreté qui est la cause des énormes flux migratoires du sud vers le nord.
Cette situation est donc appelée à perdurer.
Les pays européens n’étant pas
disposés à ouvrir leurs frontières, la plupart des migrants arrivent en
situation irrégulière et sont souvent victimes de trafiquants. Cela conduit à
des évènements dramatiques dont on ne voit qu’une petite partie à la
télévision. Ainsi, beaucoup d’Africains meurent dans l’Atlantique ou dans
Le Groupe GUE soutient le rapport
qui fournit une bonne analyse et fait de bonnes propositions, mais il ne s’agit
que d’une première étape. Il faudra en effet aller plus loin, notamment pour
analyser les causes des flux migratoires et pour se pencher sur les efforts
déjà accomplis par certains États membres en recherchant les expériences
réussies qui peuvent servir d’exemple.
Il faut relever le défi d’un
changement des relations Nord-Sud pour éviter que le mouvement ne se fasse dans
un seul sens. Pour cela, il faut proposer de nouvelles politiques non seulement
aux gouvernements et aux parlements des Etats membres du Conseil de l’Europe
mais aussi à ceux de cette autre partie du monde. Il faut enfin se préoccuper
davantage de ce qu’il convient d’entreprendre pour mettre un terme aux
mécanismes qui font que ces personnes viennent en Europe. (Applaudissements)