Discours avril 2009
Lundi 27 avril
2009 à 11 heures 30
Rapport
d’activité du Bureau de l’Assemblée et de la Commission permanente
M. MELNIKOV (Fédération de Russie) (Interprétation). Au nom du groupe –
Mes chers collègues, je m’exprimerai sur
Les autorités
moldaves se comportent de manière transparente et le Président, Vladimir Voronine, a donné instruction au ministère des Affaires
étrangères et à la commission des Affaires politiques de faire en sorte que les
observateurs internationaux, notamment ceux du Conseil de l’Europe et de
l’OSCE, puissent observer le déroulement des élections en toute liberté.
Mais nous
sommes préoccupés par les événements qui ont suivi ces élections. Il est tout à
fait évident que les pogroms contre les minorités, organisés par certains
groupes, ont perturbé l’ordre public. Des interventions de l’extérieur ont
d’ailleurs eu lieu. Il ne s’agit pas là de mouvements anti-communistes qui
pourraient trouver une résonnance en Europe ou dans le monde. Lorsque le
drapeau roumain a été érigé sur les bâtiments officiels moldaves, nous avons
tous compris ce qui se passait. Il est indispensable que le gouvernement
respecte les intérêts de tous ses citoyens et mette fin au vandalisme.
Je trouve
préoccupant que le Bureau de l’Assemblée et la direction du Conseil de
l’Europe n’aient pas réagi convenablement à ces événements et à ce qu’ils
sous-entendaient. Car ils ressemblent fort à ce qui s’est passé en août
dernier : l’agression par le régime de M. Saakachvili
de l’Ossétie du Sud. Dans un cas comme dans l’autre, je note l’absence de
réaction des pays européens et des organisations européennes, notamment du
Conseil de l’Europe.
A quoi servent
les déclarations dépassées du président roumain ? Pourquoi ferme-ton les
yeux sur ces événements dans les pays européens ? Je demande à l’Assemblée
parlementaire de réagir, d’exiger une réaction adaptée des pays européens
face à ces réactions extrémistes, et de faire en sorte que ces problèmes soient
résolus par l’application de la législation de la Moldova.
Les partis
politiques de ce pays, qui ont procédé à un recompte des voix, ne doivent pas
continuer d’essayer de déstabiliser ce pays. Or ce déséquilibre pourrait bien
se produire à défaut de position clairement et fermement exprimée par l’Europe.
L’Assemblée
parlementaire doit donc dire très clairement ce qu’elle pense de ces
élections et laisser la Moldova résoudre en interne les problèmes qu’elle
connaît actuellement. (Applaudissements.)
Lundi 27 avril 2009 à 15 heures
La
protection des droits de l’homme en cas d’état d’urgence
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation). Au nom du groupe – Le groupe de la gauche unitaire
européenne souhaite de prime abord adresser ses sincères félicitations au
rapporteur Haibach sur son rapport d’une grande
importance.
Protéger les droits de l’homme est une
priorité. Cela est particulièrement nécessaire dans les situations d’urgence.
Or c’est précisément à l’occasion de ces situations qu’il est difficile de
protéger les droits fondamentaux. Je fais notamment référence aux abus qui ont
eu lieu dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Je pense aux
transfèrements, aux simulations de noyades, aux États-Unis. Vous me comprenez.
Certains États de l’Union européenne sont également impliqués dans des
violations des droits de l’homme. En Géorgie ou en Arménie, nous avons vu
récemment à quel point la proclamation de l’état d’urgence conduisait à une
violation des droits de l’homme fondamentaux par les gouvernements, qui
prennent pour prétexte l’état d’urgence. La Géorgie ou l’Arménie ne sont pas
les seuls à avoir abusé de cette situation pour parvenir, par des moyens qui,
en d’autres circonstances, auraient été considérés illégaux, à opprimer les
forces d’opposition et à pratiquer les violations des droits fondamentaux.
Proclamer l’état d’urgence et
restreindre les droits fondamentaux sont autorisés par
la convention des droits de l’homme en son article 15. De cela, nous avons
conscience. Mais proclamer l’état d’urgence ne peut intervenir que dans le
respect des critères stricts. Nous sommes en plein accord avec le rapporteur
lorsqu’il les mentionne. Je les reprends : caractère temporaire,
déclaration publique, notification internationale appropriée, proportionnalité,
conduite légale et inviolabilité des droits non abrogeables. Voilà qui
constitue des éléments essentiels. Il est primordial que notre assemblée
discute de ces critères et les adopte car ils formeront alors des lignes
directrices claires pour l’avenir.
Si nous marquions notre accord – comme
j’en forme le vœu –, nous nous engagerions alors à assurer un suivi étroit de
la situation des États qui proclameraient l’état d’urgence. Je vois là un rôle
particulier dévolu au Secrétaire général de notre assemblée parlementaire. D’où
l’importance que l’élection de cette personnalité éminemment importante se
déroule convenablement.
Si nous en arrivions à la conclusion
qu’une décision d’un gouvernement ne satisfaisait pas aux critères qui sont
répertoriés dans le rapport, il nous faudrait l’inviter prestement à expliquer
les raisons l’ayant motivé à proclamer l’état d’urgence. Si nous estimions les
raisons injustifiées, nous exigerions qu’il lève l’état d’urgence. La pression
internationale, exercée à temps, peut permettre de restaurer le respect des
droits fondamentaux. La Géorgie est un exemple, qui a réagi de façon exagérée
en déclarant l’état d’urgence, mais qui, face à la pression internationale
montante, a fait marche arrière très rapidement. Les gouvernements doivent
comprendre qu’ils ne peuvent proclamer l’état d’urgence qu’en dernier ressort.
Les autres forces de la société doivent également amener les gouvernements à ne
pas y recourir, tant il est vrai que la responsabilité n’incombe pas au seul
gouvernement, mais à toutes les forces de la société.
Le rapport fixe des orientations et des
critères clairs, ce dont nous remercions M. le rapporteur. Monsieur le
président, permettez-moi de lui demander d’ajouter quelques lignes sur le rôle
qu’il souhaite voir dévolu aux délégations nationales afin de modifier les
règles dans leurs pays respectifs.
Mardi 28
avril 2009 à 10 heures
La situation
des défenseurs des droits de l’homme dans les États membres du Conseil de
l’Europe
M. KESKIN (Allemagne)
(Interprétation). – Au nom du Groupe GUE, je remercie moi aussi
M. Haibach pour son excellent rapport.
Les droits de l’homme sont des droits
universels et indivisibles. Je suis membre du Bundestag mais, ma langue
maternelle étant le turc, je suis de très près la situation des droits de
l’homme – et de ces deux autres piliers du Conseil de l’Europe que sont l’État
de droit et la démocratie – en Turquie. Entre 2000 et 2007, la Turquie a
entrepris des réformes considérables. Toutefois, depuis 18 mois, la situation
est plus préoccupante. Un grand nombre de juristes– avocats, experts du droit
constitutionnel, défenseurs des droits de l’homme – s’inquiètent en effet de la
politisation croissante du système judiciaire.
Des professeurs, des recteurs
d’université, des journalistes, des responsables d’organisations sont
régulièrement arrêtés sans raison valable ; certains restent détenus
pendant des mois sans même savoir quel est le motif de leur détention. Presque
toutes ces personnes sont des laïcs convaincus et militants, qui ont soutenu la
décision de la Cour constitutionnelle visant à interdire le port du foulard
dans les universités.
On a constaté que ces mises en
détention sont en fait une campagne d’intimidation à l’encontre de tous ceux
qui défendent l’État turc laïc. Des campagnes de harcèlement systématiques sont
organisées contre ces pays.
Parce que je considérais que la Turquie
était trop souvent et à tort critiquée, j’ai été jusqu’à il y a encore peu de
temps très prudent dans mes appréciations. Mais aujourd’hui, l’État de droit et
les droits de l’homme sont menacés dans ce pays. C’est pourquoi j’ai décidé de
prendre la parole dans ce débat. Il est clair que chaque État doit avoir la
possibilité de contrer les actes criminels par des moyens légaux. Mais il n’est
pas acceptable que des personnes qui luttent pour davantage de démocratie et
davantage de droits de l’homme soient sanctionnées et harcelées, quelles soient
victimes de campagnes mises en œuvre par des moyens illégaux. (Applaudissements.)
Mardi 28
avril 2009 à 15 heures
Respect des
obligations et engagements de
M. ELZINGA (Pays-Bas) (Interprétation). Au nom du groupe – Je
voudrais d’abord féliciter le rapporteur pour cet excellent travail, équilibré
et bien écrit. En tant que membre de la commission pour l’observation des
élections législatives en Serbie du 11 mai 2008, j’ai pu vérifier
combien les citoyens de
En ce qui
concerne le Kosovo, le rapport souligne à juste titre que
Lorsque j’étais
en Serbie pour observer les élections, j’ai constaté la bonne coopération des
autorités. Reste toutefois le problème du vote des PDI, ces personnes déplacées
à l’intérieur de l’ex-République de Yougoslavie.
Combattre
les violations des droits de la personne fondées sur le sexe
Mme FRAHM (Danemark) (Interprétation). Au
nom du groupe – Je ne peux souligner suffisamment l’importance et la
nécessité de la protection de toutes les victimes de violences commises contre
les femmes et les jeunes filles. Aujourd’hui nous avons entendu un témoignage
en commission d’une femme très courageuse, venue parler de son histoire
tragique.
Je voudrais
féliciter la rapporteuse pour son excellent travail et rappeler à l’Assemblée
qu’en octobre 2008 nous avons demandé une convention sur la violence
domestique pour améliorer les conditions de protection des victimes en cas de
mariage forcé.
Je demande à
l’Assemblée de soutenir ce projet de résolution et de recommandation tel que
présenté par la rapporteure. (Applaudissements)
Les femmes en prison
M. LECOQ (France). Au nom
du groupe – Monsieur
le Président, mes chers collègues, le grand auteur américain
Nathaniel Hawthorne, jouant sur les contrastes entre références féminines
et milieu carcéral, qualifiait la prison de « fleur noire de la civilisation ».
Cette assertion trahit la difficulté à relier dans notre imaginaire la question
des geôles et celle des femmes, au mépris d’une réalité sociale. La criminalité
féminine possède dans nos cultures postromantiques une forme d’aura romanesque,
associant passions de l’âme, ruses et clichés sur le sexe dit « faible », à
rebours de la petite délinquance en constante progression, observable au sein de
nos États. De cette conception découle la construction d’établissements
pénitentiaires, que l’on pourrait sinon qualifier d’unisexes, du moins plus
adaptés à une population masculine. La part noble de la féminité, je songe
notamment à la maternité, y est quasiment niée.
L’excellent
rapport de notre collègue Minodora Cliveti vient judicieusement pointer cette réalité, en
rappelant les difficultés rencontrées par les femmes seules, les femmes
enceintes, les mineures ou les ressortissantes étrangères. Si un certain nombre
de problématiques carcérales sont communes aux deux sexes, que l’on songe ainsi
au surpeuplement, les femmes sont confrontées à des situations spécifiques,
qu’il s’agisse de la multiplication des cas d’altération de la santé mentale,
des risques d’automutilation ou de l’inadéquation des conditions
d’incarcération à l’octroi de soins qui leur sont dédiés.
La question des
enfants de délinquantes incarcérées est peut-être la plus urgente. Ma double
expérience d’éducateur et d’élu local m’a souvent confronté aux difficultés que
rencontraient ces jeunes pour s’affranchir d’une forme de déterminisme en la
matière. Une écrasante majorité de cas vient en effet souligner une forme
perverse d’endogamie sociale : les enfants dont les parents, et notamment la
mère, ont connu la prison sont souvent les plus enclins à verser dans la
délinquance. Au-delà de la question des mères en prison, il nous appartient, en
conséquence, d’élargir le sujet à celui des enfants de parents incarcérés et
d’inventer de nouveaux dispositifs d’accompagnement, y compris après
l’accomplissement de la peine.
Ceux-ci
passeraient notamment par un rapprochement plus étroit des femmes incarcérées
et de leurs enfants au sein d’espaces adaptés ou par de nouvelles techniques de
surveillance des détenues, à l’image du bracelet électronique. Prenons acte des
nouvelles formes de privation de liberté pour réussir tout à la fois la
réinsertion sociale des mères et l’inclusion sociale de leurs enfants.
Calibrons également nos structures éducatives en vue d’accueillir ce public
particulier. Retenons à cet égard le mot de Victor Hugo : «Celui qui ouvre une
porte d’école, ferme une prison ». Nos prisons ne peuvent servir de
matrice à la délinquance, il en va de l’avenir de nos sociétés. La femme a d’autres
valeurs à transmettre à ses enfants que celles de la marginalité. Il nous
appartient d’y veiller.
Monsieur le
Président, mes chères collègues, madame la rapporteure.
Permettez-moi une incise, que vous jugerez peut-être un peu hors sujet, mais
qui me semble nécessaire dans un débat sur les femmes incarcérées au sein de
cette assemblée. Des centaines de femmes sont enfermées de part et d’autres du
globe parce qu’elles ont eu le tort d’affirmer avec ce courage, propre aux
représentantes du «beau sexe », la force de principes avec lesquels il est
impensable que des États puissent transiger. Puisse ce débat leur être en partie
dédié. (Applaudissements)
Mercredi 29 avril 2009 à 10 heures
Suites
données par
M. KESKIN (Allemagne) (Interprétation). Au nom du groupe – La
guerre d’août 2008 entre
Une des
conséquences de cette guerre est qu’il y en Géorgie un grand nombre de réfugiés
et de personnes déplacées. Leur retour au foyer devra être organisé. D’ores et
déjà, une centaine de milliers de personnes peuvent rentrer dans la zone
tampon.
La
reconstruction des infrastructures s’opère à un rythme rapide. Il faut dire que
la population de Géorgie s’est fortement mobilisée et qu’elle a bénéficié de
l’aide technique de plusieurs organisations européennes. Nous devons remercier
tous ces intervenants.
Les
possibilités de retour des réfugiés ne doivent pas être limitées à des zones
considérées comme vraiment « géorgiennes » ; le retour vers
l’Ossétie du Sud et vers l’Abkhazie doit lui aussi être possible. Cela vaut
pour les réfugiés ou les déplacés du dernier conflit mais aussi pour ceux qui
ont été victimes des crises antérieures. Et les organisations humanitaires
doivent avoir un accès sans restriction à ces zones de conflit.
Il est très
important que des nouvelles mesures susceptibles de ramener la confiance soient
prises sous l’égide des organisations internationales. Il faut en particulier
fournir des incitations économiques au redressement, y compris en Ossétie du
Sud.
Enfin, je crois
que le Conseil de l’Europe devrait militer activement pour que l’on cesse de
produire et d’utiliser ces armes particulièrement cruelles que sont les bombes
à fragmentation ou bombes à sous-munitions. De nombreux pays et plusieurs
partis de gauche se sont déjà prononcés en faveur d’une telle interdiction. (Applaudissements)
M. ZIUGANOV (Fédération de Russie)
(Interprétation). – Mes chers collègues, je rappellerai que nous
débattons de cette question dans un contexte de crise économique et financière
mondiale. Nous avons déjà connu deux crises systémiques par le passé, qui se
sont achevées par deux guerres mondiales qui ont commencé sur le sol européen.
Les agissements de M. Saakachvili ont, l’été
dernier, débouché sur des milliers de victimes, et je voudrais que l’on
reconnaisse les faits pour ce qu’ils sont : une provocation.
Aujourd’hui, la
situation financière et politique de l’Europe s’aggrave. On assiste à des actes
de propagande nazie. Nous avons vu des manifestations éclater après la victoire
des communistes en Moldova. Nous avons vu profaner des monuments à la mémoire
de combattants contre le fascisme. Sur cette toile de fond, nous voyons
Au cours des
neuf derniers mois, des changements considérables se sont produits sur place.
Nous avons pu éviter une guerre dans le Caucase, où vivent près de vingt
millions de personnes, entre la mer Caspienne et la mer Noire. En Ossétie du
Sud, tous se gargarisent des droits de l’homme. Il s’agit d’une valeur
fondamentale, mais le droit le plus fondamental, celui du droit à la vie, a été
respecté, et les Ossètes savent désormais qu’ils ne seront pas bombardés par Saakachvili.
Le droit à
l’éducation a également été garanti. Toutes les écoles détruites ont été
reconstruites. L’activité politique a repris et des élections se dérouleront au
mois de mai en Ossétie du Sud. Le droit à un logement digne est enfin respecté.
Les infrastructures endommagées sont en cours de reconstruction.
Au total,
Mercredi 29 avril 2009 à 15 heures
Débat selon
la procédure d’urgence :
Procédure
d’élection du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation). Au nom du groupe – On sait que généralement, les
hommes politiques créent des problèmes et que ce sont les diplomates qui les
résolvent et trouvent des solutions. Cette fois, il semblerait que la tendance
soit inversée. Nos diplomates ont créé le problème et c’est à nous de trouver
une solution raisonnable. Le Groupe GUE vous proposera une telle solution.
Mais
auparavant, permettez-moi de dire que toutes les instances du Conseil de
l’Europe ont un intérêt commun à ce que nous ayons un nouveau Secrétaire
Général à même de nous représenter tous. Il nous faut un Secrétaire Général
compétent, susceptible de relever l’image du Conseil de l’Europe. Lorsque le
bon Seigneur a créé l’humanité, les politiques et les diplomates n’étaient sans
doute pas les meilleurs de ses disciples, mais espérons que tant nous,
politiques, qu’eux, diplomates, parvenions à trouver le meilleur Secrétaire
Général possible, qui permettra au Conseil de l’Europe d’être mieux connu et
plus respecté. Imaginons que le problème créé par les diplomates lorsqu’ils ont
rédigé cette liste de présélection de deux candidats au lieu de quatre n’est dû
qu’au fait qu’ils pensaient apporter une solution à une question créée par
notre Assemblée lorsqu’elle a adopté le rapport Juncker en 2005 qui, entre
autres, formule des critères concernant le Secrétaire Général, dont celui de
bénéficier d’un haut degré de reconnaissance et de notoriété.
Aussi notre
groupe souhaite-t-il présenter au Comité des Ministres la proposition
suivante : présenter plus de deux noms. Les ambassadeurs nous disent que
ces deux noms satisfont aux critères du rapport Juncker et qu’ils auraient
souhaité avoir plus de candidats, mais que M. Poutine est devenu Premier
ministre, M. Blair Envoyé spécial pour le Proche-Orient et M. Juncker
Président de l’Eurogroupe. Les ambassadeurs se sont
certes retrouvés finalement avec une liste très courte. Mais ensuite, ils ont
créé un problème considérable en n’acceptant pas la candidature de deux autres
personnes, toutes deux membres de cette Assemblée
parlementaire. De plus, ils ont oublié que notre Règlement est parfaitement
clair, en tout cas, pour une partie de la procédure : il exige que
l’Assemblée soit consultée avant de décider de l’établissement d’une liste de
candidats.
Le rapport de
M. Greenway l’explique très clairement. Je l’en félicite. C’est un
excellent rapport.
Je sais fort
bien que l’on a parfois le sentiment que le jeu des pouvoirs diplomatiques
occupe le premier plan au Conseil de l’Europe, mais il faut veiller à ce que
les ambassadeurs ne soient pas envieux du pouvoir des autres, et servent la
démocratie. Par conséquent, je vous invite à entériner notre proposition visant
à ce que le Conseil de l’Europe présente à cette Assemblée une liste comportant
les quatre noms avec indication par le Comité des Ministres de leur ordre de
préférence, tel que cela est prévu par le Règlement. Cela permettra de répondre
au souhait des ambassadeurs et des ministres d’être consultés sur l’élection du
Secrétaire Général, tout en offrant à l’Assemblée parlementaire le plus grand
choix possible. (Applaudissements)
Débat selon
la procédure d’urgence :
Le
fonctionnement des institutions démocratiques en Moldova
M. LOTMAN (Estonie) (Interprétation). Au nom du groupe – Tout le
monde a le droit de manifester de façon pacifique mais nul n’a le droit de
mettre le feu au Parlement. C’est aussi simple que cela. C’est le premier
message que cette assemblée doit adresser à
Le troisième
message est lié au précédent : le Conseil de l’Europe a pour objectif
d’aider
Enfin, si le
contrôle doit être entre les mains du gouvernement de
Les forces
armées russes, qui sont le principal facteur d’instabilité dans le pays,
doivent quitter le territoire de
Mme POSTOICO (République de Moldova)
(Interprétation). – Permettez-moi, tout d’abord, d’exprimer notre
gratitude aux co-rapporteurs, Mme Josette Durrieu et M. Egidijus Vareikis, pour leur volonté de refléter le plus objectivement
possible l’état actuel du fonctionnement des institutions démocratiques dans
notre pays.
La
particularité de la discussion de cette question pour
Nos collègues
ont exprimé à juste titre leur inquiétude sur les événements qui se sont
produits en Moldova. Il est rappelé qu’il ne faut pas s’écarter des
recommandations de l’Assemblée parlementaire. En effet, nous devons poursuivre
la réforme de notre législation en matière électorale, mais, je le répète, la
situation était difficile pour notre peuple. Le bâtiment présidentiel comme le
Parlement ont été mis à sac, ce qui est douloureux pour nous tous.
Les efforts du
Conseil de l’Europe visent à aider
Nous nous félicitons
de plusieurs points du projet de résolution. Il est notamment indiqué que tous
les participants au processus politique doivent reconnaître la décision de
Nous trouvons
également pertinent l’appel de l’Assemblée à toutes les parties concernées à
condamner la violence et à s’engager à utiliser uniquement des moyens
démocratiques et légaux pour défendre leur position. Il est naturel que nous
envisagions une enquête indépendante, approfondie et transparente des
événements.
Un groupe de
procureurs, sous l’autorité du Procureur général, a d’ores et déjà été mis en
place pour examiner les plaintes sur les violations et une commission d’enquête
a été ouverte, à laquelle participe la société civile.
Discours de
M. José Luis Rodríguez Zapatero, Président du
Gouvernement de l’Espagne
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation). Au nom du groupe – Monsieur le Premier ministre, le
1er mai prochain, il sera demandé aux travailleurs de s’unir
pour obtenir de meilleures conditions de travail que celles qu’offre le
capitalisme. Ne pensez-vous pas que l’on pourrait utiliser votre présidence à
l’Union européenne pour se tourner vers les dirigeants européens et leur
dire : « Fini le néo-libéralisme, bienvenue à une approche plus
socialiste de la société d’aujourd’hui et de demain ? » Vous avez
donc la parole pour nous prononcer votre allocution du 1er mai.
(Sourires)
LE PRÉSIDENT
(Interprétation). – La parole est à M. Zapatero.
M. ZAPATERO
(Interprétation). – Dans cette période de récession économique, nous
avons reçu des leçons.
La première est que le marché sans régulation, sans surveillance
démocratique des représentants de la société se transforme en envie, en piège,
en corruption, en voracité.
La seconde
leçon, importante pour les travailleurs, pour ceux qui se battent pour les
droits sociaux, est que la réponse à la récession économique doit avoir un fort
contenu social. Il fut un temps où la tentation majoritaire était de répondre à
la crise par des coupes sociales et par la réduction des droits des
travailleurs. Une exigence de sacrifices et d’efforts était demandée aux plus
faibles. Or la récession actuelle nous apprend qu’un tel discours est un
présupposé idéologique et qu’il faut au contraire renforcer la protection
sociale et les droits sociaux. C’est en tout cas ce que fera mon gouvernement
en Espagne. Je n’accepterai pas de discours qui aille dans le sens d’une
réduction des droits sociaux et des droits des travailleurs.
J’ajoute, à
l’encontre des autres dogmes idéologiques selon lesquels la réponse à la crise
économique consiste à réduire les dépenses et les investissements publics, que
l’on a fait l’expérience d’un tel raisonnement. Ceux qui ont encore ce genre de
tentation sont précisément les mêmes qui viennent ensuite demander l’aide des
gouvernements pour défendre leur secteurs et leurs entreprises. Il y a là un
grand cynisme de leur part. Mon expérience personnelle de la démocratie me
conduit à ne guère nourrir d’illusions sur le discours tenu par certains. La
recette est toujours la même : réduction des dépenses sociales, mesures
élargies de licenciement. Nous devons sortir plus renforcer de cette crise et
ceux qui tiennent ces discours cyniques doivent en sortir perdants.
La période de
croissance que nous avons connue ces dernières années a certes engendré de la
richesse, mais cette richesse doit être mieux distribuée, et les chances de
chacun plus grandes. S’il en était ainsi, nous pourrions tous vivre plus
dignement. Il y aurait beaucoup moins de problèmes. Les avantages seraient
mieux répartis entre tous.
Il me faut dire
ici haut et fort que je me sens très proche de ceux qui seront dans la rue le 1er mai,
de ceux qui souffrent de la crise. Je leur apporterai ce qui est en mon
pouvoir. De toute évidence, ce sont les travailleurs, avec leurs capacités de
réaction, comme nous l’avons déjà vu au cours de l’histoire, qui continueront à
se battre pour le droit à la santé, le droit à la retraite et à défendre leurs
idéaux, leurs idées. Ils ont la force suffisante pour rendre l’ordre financier
et économique international plus égalitaire. (Applaudissements)
Le débat selon la procédure
d’urgence :
Fonctionnement des
institutions démocratiques en Moldova (suite)
M. PETRENCO (République de Moldova) (Interprétation). – Monsieur
le Président, mes chers collègues, en évoquant la situation de
La campagne
électorale a montré que des institutions démocratiques ont très bien fonctionné
en République de Moldova. La mission d’observation des élections l’a
reconnu : il s’agissait d’élections libres, justes et pluralistes. La
plupart des normes internationales ont été respectées.
Ce qui s’est
produit dans le pays après les élections n’a rien à voir avec les élections
elles-mêmes. Les résultats sont utilisés comme prétexte pour attaquer les
institutions démocratiques du pays Gouvernement n’a pas fait usage de la force
et a fait montre de beaucoup de retenue. C’est ainsi que la paix et la
stabilité ont pu être maintenues.
Des
interventions extérieures ont été constatées. On ne peut pas fermer les yeux
sur ce qui s’est passé : le Parlement a été saccagé en présence de
nombreux citoyens roumains criant des slogans sur la grande Roumanie. Des
drapeaux ont ensuite été brandis. Ces événements ont été diffusés à la
télévision roumaine et sont apparus comme une révolution. Malgré cette
agression, malgré tout ce qui s’est passé, nous n’avons pas réagi.
Ce qui s’est
passé montre que la grande influence de
Nous ne pouvons
fermer les yeux sur ce phénomène et les institutions européennes condamnent
cette attitude.
Jeudi 30 avril 2009 à 10 heures
Rapport
annuel d’activité 2008 du commissaire aux droits de l’homme du Conseil de
l’Europe
M. ELZINGA (Pays-Bas) (Interprétation). Au nom du groupe – M. Hammarberg nous demande conseil. Moi, je lui demande son
point de vue, car il est connu pour sa sagesse et ses réponses en matière de
violations des droits de l’homme.
M. Hammarberg s’est rendu aux Pays-Bas, où il a formulé des
critiques comme il le fait tant à l’encontre des anciens que des nouveaux
membres. Il ne fait pas de discrimination. Comme vous le savez, l’Assemblée
surveille surtout les nouveaux membres. Le commissaire a-t-il des suggestions à
nous faire pour réduire les discriminations ? Nous pourrions peut-être
suivre la suggestion de
LE
PRÉSIDENT. – La parole est à M. le commissaire aux droits de
l’homme.
M. HAMMARBERG
(Interprétation). – Je ne veux pas interférer dans vos procédures de travail.
Cela dit, je partage totalement le point de vue de
Communication
du Comité des Ministres : M. MORATINOS,
ministre des affaires étrangères et de la coopération de l’Espagne, président
du Comité des Ministres,
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation). Au nom du groupe – Au cours des derniers mois, nous
avons vu arriver beaucoup d’immigrants en provenance d’Afrique. Il convient
d’éviter que l’Europe ne devienne une forteresse. La prospérité doit être
utilisée pour améliorer la situation de tous ces gens, de sorte qu’ils n’aient
pas à venir en Europe pour bénéficier d’un peu de cette prospérité.
LE PRÉSIDENT
(Traduction). – La parole est à M. le président du Comité
des Ministres.
M. MORATINOS (Interprétation). – Nous
avons conscience du défi que posent ces flux migratoires en provenance de
l’Afrique subsaharienne. En ce qui concerne l’Espagne, les dernières
statistiques indiquent un fléchissement de l’afflux de migrants. En effet, il y
a deux ans, Africains et Européens ont suivi une nouvelle approche pour relever
ce défi.
Trois principaux
volets sont à prendre en compte. D’abord, il convient de protéger et d’ouvrir
des droits à tous les clandestins qui vivent en Europe. Ensuite, il faut
ensemble lutter contre la traite des êtres humains. Enfin, et c’est le point le
plus important, il faut traiter les causes du phénomène : pauvreté,
désespérance, manque de perspectives en Afrique subsaharienne. Nous devons nous
mobiliser pour éradiquer la faim et la pauvreté dans le monde. Sans quoi, rien
n’empêchera les gens de venir chez nous pour y trouver dignité et vie
meilleure.
M. LOTMAN (Estonie) (Interprétation). – Le Conseil de l’Europe a
toujours insisté sur la nécessité de combattre le terrorisme en
respectant les droits de l’homme. Or le rapporteur des Nations Unies a fait
part de sa préoccupation au sujet de certaines lois et pratiques de votre pays.
Avez-vous l’intention de répondre à l’inquiétude qu’il a
exprimée concernant la façon dont l’Espagne traite les suspects de
terrorisme ?
LE PRÉSIDENT
(Interprétation). – La parole est à M. le président du Comité des
Ministres.
M. MORATINOS (Interprétation). – Le Conseil de
l’Europe est en effet une référence en ce domaine. Combattre le terrorisme tout
en défendant les droits de l’homme, c’est la meilleure façon de procéder et
même la seule valable pour éradiquer le fanatisme, qui est le pire ennemi des
droits de l’homme.
Telle a
toujours été la démarche du gouvernement que je représente. Et c’est aussi
l’esprit de
Projet de protocole n° 14 bis à
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation). Au nom du groupe –
Il convient de
remercier les membres de
Le problème est
que
Je lance une
nouvelle fois un appel aux hommes politiques russes qui affirment partager les
valeurs du Conseil de l’Europe, et les valeurs de
J’en viens à
quelques remarques critiques.
Tout d’abord,
le Protocole n° 14 et le Protocole n° 14 bis ne sont qu’une partie de la
solution. Il faut faire davantage.
Il est facile de
pointer les Russes du doigt mais nous avons raison de le faire, car ils sont en
partie responsables du problème. Si certains faisaient preuve d’un meilleur
esprit de coopération, la solution en serait facilitée. Il reste beaucoup à
faire, pour que ce joyau de la couronne du Conseil de l’Europe brille de tous
ses feux.
Il importe donc
d’agir à Strasbourg comme au niveau national, car s’il y avait moins de
dossiers en attente à
A l’exception
de ce point qui mérite d’être renforcé, nous sommes d’accord avec le rapport,
l’avis et les amendements qui nous sont soumis.
Jeudi 30 avril 2009 à 15 heures
Produire des denrées alimentaires et du carburant
M. LOTMAN (Estonie)
(Interprétation). Au nom du groupe – Monsieur le Président, chers
collègues, pour avoir de bonnes réponses, il faut poser de bonnes questions. On
pose souvent les questions de manière dramatique. Faut-il faire pousser des
céréales à usage alimentaire ou bien comme carburant ? Je suis content
qu’on n’ait pas posé la question de l’un « ou » l’autre mais qu’on
ait plutôt dit l’un « et » l’autre. Je félicite le rapporteur pour le
titre de son rapport.
Ce rapport
refroidit l’enthousiasme de certains qui pensaient que la production de
biocarburants était la solution à nos problèmes. On constate en effet qu’elle
pose beaucoup plus de problèmes environnementaux, sociaux, économiques qu’elle
n’en résout. La production d’agro combustibles consomme plus d’énergie fossile
qu’elle n’en remplace en termes de consommations finales. C’est le greenwash. En détruisant la forêt amazonienne, on
augmente le volume des gaz à effet de serre.
On parle de nos
jours d’agrocarburants de deuxième génération. Il
faut savoir que l’usage des fertilisants a un impact. C’est un processus
extrêmement énergétique et toxique. L’huile de colza provoque des rejets de
carbone alors qu’un carburant biologique permet des économies de gaz à effet de
serre. Il faut respecter la règle simple du cycle de vie du carbone, la
vérification de l’impact sur la biodiversité et le cycle aquatique. Il ne faut
pas voir un dilemme entre l’usage des céréales pour les denrées alimentaires ou
les carburants.
Les agrocarburants sont tantôt un bon exemple de développement
durable. Tantôt parfois l’exemple même de la catastrophe économique, sociale et
énergétique. Il s’agit donc de se débarrasser des conséquences néfastes pour
avoir des énergies renouvelables qui ne mettent pas en danger notre
alimentation. (Applaudissements)