Dicours session d’avril
2010.
lundi 26 avril
2010, 11 heures 30
Rapport d’activité du Bureau de
l’Assemblée et de
M. KOX (Pays Bas)* – Au nom du Groupe pour
Tout d’abord, nous devons nous
féliciter des améliorations qui ont été apportées au fonctionnement du Conseil
de l’Europe et de ses différents organes.
Le Comité présidentiel, quant à lui,
coopère d’une manière beaucoup plus satisfaisante avec le Comité des Ministres,
que je remercie d’ailleurs de sa disponibilité. Je tiens également à souligner
à ce propos le remarquable travail accompli par
M. le Secrétaire Général dont j’attends avec impatience
l’intervention de demain. J’ajoute que nous devons profiter de la dynamique
mise en œuvre pour établir une véritable synergie entre les différents organes
de notre Conseil.
Ensuite, s’agissant du
fonctionnement de notre Assemblée, nous nous devons de rechercher les moyens
permettant de mieux aider les différents parlements nationaux à l’instar de ce
qui a été fait lors de la visite du Comité présidentiel en Albanie ou de celle
qui a eu lieu en Moldova. Je félicite donc notre Président qui, depuis son
élection, n’a guère eu l’occasion de se montrer casanier !
Nous pourrions aider les parlements
nationaux à préciser le rôle de leur délégation nationale. Nous avons déjà eu
une discussion sur la composition des délégations nationales. La commission du
Règlement prépare, avec le soutien du Bureau, un rapport sur la notion de
représentation équitable des partis politiques au sein des délégations
nationales.
Ce matin, nous avons également
décidé de faire examiner par la commission du Règlement une situation évoquée
par de nombreux intervenants. Nous ne pouvons vraiment fonctionner que si les
parlements nationaux permettent aux titulaires et aux suppléants de bien faire
leur travail. Il est ridicule de désigner des titulaires et des suppléants et
de ne pas leur permettre de travailler dans les organes de l’Assemblée. Nous
espérons que la commission du Règlement fera de bonnes propositions dont nous
ne manquerons, comme nous le devons, de nous faire les interprètes dans nos
parlements nationaux.
Enfin, clarifier la position des corapporteurs, en particulier à la commission du suivi, est
une autre nécessité. Si notre Assemblée entend maintenir l’idée que les
rapporteurs ne sont pas des ambassadeurs – ils ne représentent pas
l’Assemblée officiellement, même s’ils en sont les yeux et les oreilles –
il convient de leur permettre de faire tout ce qui est nécessaire pour nous
rapporter de bonnes informations. Si nous ne campons pas sur ce principe, les corapporteurs ne pourront pas faire leur travail,
ô combien important, pour notre Assemblée.
Lundi 26 avril 2010
à 15 heures
Communication du Comité des
Ministres à l’Assemblée parlementaire présentée par Mme Micheline Calmy-Rey, Cheffe du Département
fédéral des affaires étrangères de
M. KOX (Pays-Bas)* au nom du Groupe pour la gauche
unitaire européenne – L’Union européenne adhèrera-t-elle rapidement à
LE PRÉSIDENT* – La parole est à Mme
Mme CALMY-REY, Présidente du
Comité des Ministres – Nous espérons que les discussions qui ont
commencé au sein de l’Union européenne aboutiront d’ici le mois de juin.
Le
lobbying dans une société démocratique (Code européen
de bonne conduite en matière de lobbying)
M. ELZINGA (Pays-Bas), au nom du Groupe pour la gauche
unitaire européenne. – Je voudrais remercier le rapporteur pour cet
excellent travail, qui a mis un certain temps avant d’être examiné.
Après la crise financière, il vient
toutefois à point nommé. Il appelle à juste titre à davantage de transparence
et recommande la mise en place d’un code européen de bonne conduite en matière
de lobbying. Le projet de rapport a été adopté il y a presque un an par la
commission des questions économiques et, depuis, notre environnement politique
a changé. Il me semble donc que nous pourrions aller plus loin aujourd’hui dans
nos recommandations, d’autant que l’OCDE a fait connaître au mois
de février dernier des préconisations pour tous ses Etats membres en
matière d’intégrité et de transparence dans les activités de lobbying. Ces
préconisations contiennent quasiment tous les principes présentés au
paragraphe 11 du rapport, qui devraient alimenter le code européen de
bonne conduite en matière de lobbying.
L’OCDE a consulté un très grand
nombre d’acteurs, notamment du lobbying, avant de formuler ses recommandations.
La plupart se sont prononcés pour davantage de transparence. Dans leur
majorité, ils sont par ailleurs favorables à une divulgation obligatoire de
l’information et à une réglementation claire, préférable à des solutions basées
sur le volontariat. Comme le rapporteur le démontre dans son rapport, le
lobbying revêt très souvent dans l’esprit du grand public une connotation
négative. Il est fréquemment perçu comme une forme de corruption.
Au cours des dernières décennies, la
méfiance de l’opinion publique à l’égard de la classe politique n’a cessé de
croître. Dans une société démocratique, il est important que les citoyens
connaissent l’identité des lobbyistes qui influent sur les processus
décisionnels. Une plus grande transparence accroîtrait le sens des
responsabilités des hommes politiques et empêcherait ainsi que le fossé ne se
creuse encore davantage entre la population et la classe dirigeante. Il est
donc essentiel que les Etats membres du Conseil de l'Europe se dotent de
réglementations en matière de lobbying.
Pour conclure, si je suis évidemment
favorable à la mise en place d’un code européen de bonne conduite en matière de
lobbying, je crois également qu’il nous faut faire pression sur nos gouvernements
afin qu’ils agissent en faveur de véritables réglementations nationales dans ce
domaine.
Mardi 27 avril 2010 à 10 heures
Associer
les femmes à la prévention et au règlement des conflits non résolus en Europe
Mme FRAHM (Danemark)* au nom du
Groupe pour
Ce rapport invite les Etats membres
à reconnaître que les femmes doivent être pleinement associées au processus de
prévention et de résolution des conflits. Il souligne l’importance de la
nécessité de mener des enquêtes, de poursuivre et de condamner tous les actes
de violence, notamment les violences faites aux femmes dans le cadre des
conflits armés. Ce rapport souligne l’importance de la protection et de la
réhabilitation des victimes de ce type de violences ainsi que de la prise en
compte des besoins spécifiques des femmes et des jeunes filles lors du
rapatriement et de la réinstallation.
Le rapport rappelle aux Etats
membres combien il importe de tenir compte des compétences avérées des femmes
sur la question du genre dès lors qu’il s’agit de recruter ou d’envoyer des
personnels dans les zones de conflit.
Le rapport demande qu’une forte
représentation de femmes soit assurée lors des prises de décision dans des
processus de paix ainsi qu’une représentation équilibrée des femmes et des
hommes au règlement des conflits non résolus.
La recommandation invite le Comité
des Ministres à se pencher sur le rôle des femmes et des hommes dans la
prévention et le règlement des conflits, à assurer le suivi de la mise en œuvre
de la future recommandation par les Etats membres et à s’assurer que la future
convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la
violence à l’égard des femmes couvre les actes de violence contre les femmes
dans les situations de conflits.
Enfin, la rapporteure
recommande que dans le processus d’élaboration de cette convention il y ait une
représentation égale des femmes et des hommes dans toutes les structures qui
contribuent à prévenir et mettre fin à des conflits. Elle est convaincue que la
perspective de genre constitue un instrument de gestion des crises.
Discours
de M. Viktor Ianoukovitch, Président de l’Ukraine
M. LAAKSO (Finlande) au nom du Groupe de
Le Gouvernement finlandais compte
une majorité de femmes; nous avons même dû créer un mouvement pour protéger les
hommes ! Mais telle n’est pas ma question.
Monsieur le Président, comme vous
l’avez indiqué, les politiciens ont tendance à s’arroger le rôle des
historiens. La confusion des rôles est de plus en plus fréquente, y compris au
sein de notre Assemblée parlementaire. Notre Président, M. Çavuşoğlu, a rédigé un rapport qui est inscrit à
l’ordre du jour de cette partie de session portant sur la grande famine.
Comment jugez-vous cet épisode de l’Histoire ? Je ne trouve pas normal que
nous décidions par un vote de la bonne interprétation de l’Histoire. Vous-même
estimez-vous qu’il soit nécessaire de voter pour établir la vérité
historique ?
LE PRÉSIDENT – La parole est à M. le Président de l’Ukraine.
M. Viktor IANOUKOVITCH, Président de
l’Ukraine*– Nous connaissons les territoires des pays qui
ont subi ces épreuves dans les années 30. Il s’agit des anciens pays de
l’ex-Union soviétique. L’Holodomor a eu lieu en
Ukraine, en Russie, notamment dans les districts de Krasnodar, le long de
Mardi 27 avril 2010 à 15 heures
Communication de M. Thorbjørn Jagland, Secrétaire
Général du Conseil de l’Europe
M. KOX (Pays-Bas) au nom du Groupe de la
gauche unitaire européenne – Monsieur le Secrétaire Général, je suis très
heureux que nous vous ayons élu pour conduire notre véhicule. Il ne fonctionne
pas si bien que cela, mais nous comprenons bien vos propos. Vous avez parlé, à
juste titre, de la synergie de cette organisation.
Que pensez-vous d’une éventuelle
amélioration de cette synergie, grâce à une meilleure coopération entre le
Comité des Ministres, l’Assemblée parlementaire et vous-même ou votre
secrétariat ?
LE PRÉSIDENT*– La parole est à M. le Secrétaire Général.
M. Thorbjørn JAGLAND, Secrétaire Général*– Nous sommes moins en conflit et nous
parlons davantage, mais que pouvons-nous faire de plus ? Des consultations
plus régulières sont nécessaires, y compris au sein des commissions.
J’assistais il y a quelques semaines
à une réunion du Comité du budget. Nous pouvons multiplier les consultations,
les échanges de vue. D’ailleurs, je suis très heureux de constater que le
climat a grandement changé. Hier, s’est tenue la
réunion du Comité mixte, au cours duquel David Wilshire
a déclaré : « Dorénavant, nous nous aimons bien ! » Je suis
d’accord avec lui : en effet, nous faisons partie de la même équipe !
Les
conséquences de la crise économique
M. KOX (Pays-Bas) au nom du Groupe pour la
gauche unitaire européenne. – Le rapport de Mme Roseira sur l’impact social de la crise économique me
paraît très important. Les trois autres rapports le sont également puisqu’ils
nous aident à mieux comprendre ce qui se passe sur notre continent.
Lorsqu’un volcan entre en éruption
et provoque des pertes économiques gigantesques, faut-il lui en faire le
reproche? Bien sûr que non! Les volcans constituent un phénomène naturel. Ils
entrent en éruption à un moment, toute la difficulté étant de savoir lequel…
Une chose est sûre, notre monde moderne n’était pas très bien préparé aux
conséquences de l’éruption du volcan finlandais.
Quant à la crise économique,
financière et sociale mondiale actuelle, elle a engendré des destructions
d’emplois massives partout dans le monde. Faut-il en faire le reproche au
capitalisme ?
Le capitalisme est un peu comme un
volcan construit sur d’énormes contradictions entre les capitaux et le travail,
entre ceux qui possèdent ou pas, entre les intérêts à court terme des puissants
et ceux des personnes vulnérables. Karl Marx en a déjà parlé. Nous avons la
certitude que ce volcan entrera en éruption à cause des contradictions qui
l’agitent. Nous ne savons pas quand et quelle sera l’ampleur du phénomène et
les dégâts qui en résulteront.
Le monde n’était pas préparé quand
les banques ont commencé à s’effondrer et que l’économie a connu sa crise la
plus profonde depuis presque un siècle.
La différence principale entre le
volcan et la crise est que cette dernière est entièrement due à l’homme. Nous
ne pouvons en faire le reproche qu’à nous-mêmes.
Le rapport remarquable de Mme Roseira propose des mesures pour influer sur le
capitalisme, pour qu’il n’entre plus en éruption à l’avenir. Nous apportons
notre soutien au rapporteur qui veut des synergies entre l’Etat et le marché.
Le rapport propose d’accorder la priorité à la protection de l’emploi, à des
entreprises solides, à des services publics de qualité et à une bonne
protection sociale pour tous. Nous devons assurer de bons niveaux de
rémunération et soutenir les plus touchés par la crise.
Nous sommes d’accord avec Mme Roseira sur la question des allocations sociales. Il faut
renforcer les services publics et assurer une pérennité conforme à la
protection de l’environnement.
La gauche unitaire à laquelle
j’appartiens n’a aucun problème pour partager les conclusions de Mme Roseira. La gauche a toujours soutenu qu’il y avait quelque
chose de vraiment pourri dans le capitalisme même pendant l’ère glorieuse du
néo-libéralisme. Bienvenue à nos amis sociaux-démocrates, nous partageons
désormais les mêmes idées: un capitalisme débridé est un risque
inacceptable pour l’humanité. Nous devons tous agir aujourd’hui pour empêcher
que ce type de capitalisme n’entre à nouveau en éruption au détriment de
tellement de vies, de droits, d’emplois et d’avenirs.
Richesses,
bien public et bien-être: comment les concilier dans une Europe en mutation?
M. LECOQ (France) au nom du Groupe pour
Cependant je souhaite revenir sur
les définitions des termes, dans la mesure où le rapport ne semble pas aller, à
notre sens, suffisamment loin pour rechercher un nouveau modèle de
développement.
En effet, si le rapport aborde la
question d’une réflexion sur les outils économiques à notre portée, pour
définir le développement, il ne me semble pas tirer toutes les conséquences
utiles de son analyse, repenser entièrement notre mode de développement, et pas
uniquement au sein de la sphère économique.
Je m’explique. Revenir sur la notion
de PIB, purement comptable, pour y inclure d’autres notions qui intègrent le
bien-être ou le développement, tel le coefficient GINI ou l’indice de
développement des Nations Unies, serait un progrès substantiel sans pour autant
être suffisant, car nous n’échappons pas à la sphère économique et cherchons
dès lors, à faire entrer dans celle-ci des notions qui ne dépassent pas le
cadre du développement matériel.
A l’opposé, les notions de
limitation de la croissance ou de décroissance sont le versant négatif de cette
même idée: nous restons prisonniers d’une pensée économique et comptable.
C’est pourquoi je souhaite revenir
aux notions dont nous débattons aujourd’hui. Quel est le constat de ce rapport?
Au positivisme triomphant issu des Lumières répond
aujourd’hui le scepticisme acerbe de nos démocraties; la notion de progrès n’a
pas tenu ses promesses. Au progrès scientifique et technique qui a conduit à
l’émergence d’une société industrialisée où la faim a été éradiquée dans la
plupart des pays d’Europe, répondent aujourd’hui le doute et l’angoisse sur
l’avenir de notre planète, sur l’épanouissement personnel et plus simplement
sur le sens de notre vie.
Le sujet abordé par ce rapport est
complexe, car il associe trois notions qui ne sont ni nécessairement
complémentaires, ni nécessairement en corrélation.
En effet, le libéralisme nous a
conduits à considérer que la richesse était le but de l’humanité et que son
accroissement sans fin ne pouvait conduire qu’au bien-être. En d’autres termes,
le bien-être matériel serait l’alpha et l’oméga. Force est de constater que le
bien-être n’est pas uniquement matériel.
Le médiateur de
Par ailleurs, la notion de bien
public exclut par définition celle de richesse, mais pas celle de bien-être. En
effet, le bien public est ce qui appartient à tous, ce qui est commun à tous.
Les économistes définissent un bien public comme un bien exclusif qui ne peut
se partager. L’air est un bien public.
Les externalités négatives comme la
pollution ont donc des conséquences négatives sur les biens publics.
Autre notion difficilement
définissable celle du bien-être. Qu’est-ce que le bien-être? Préalablement,
nous avons sous-entendu que si le bien-être avait une composante matérielle,
elle ne pouvait être exclusive.
S’interroger sur richesses, bien
public et bien-être revient donc à se demander quel est le type de société dans
laquelle on souhaite vivre et que l’on souhaite laisser ou construire, voire
reconstruire pour nos enfants?
Une société dans laquelle le bien
public serait une richesse collective - l’eau, l’énergie, les transports,
l’éducation, la santé, etc., - créerait probablement davantage de bien-être.
Pour autant, je ne pourrai dessiner
la société idéale dans les quelques minutes, voire les quelques secondes qui me
restent…
Il me semble important de profiter
du sujet de ce rapport pour bien mettre en exergue la nécessité de repenser un
mode de développement économique et social qui déshumanise l’homme pour avoir
quasiment éradiqué l’ancestrale peur de manquer, ce qui conduit l’homme au bord
du désespoir quotidien.
Partage et respect de l’autre
deviennent peut-être les maîtres mots de ce nouveau modèle de développement à
promouvoir.
En un mot, associer richesses,
bien-être et bien public revient à réintroduire le mot de fraternité dans le
langage économique. Ne plus considérer l’autre comme un moyen, mais comme une
fin.
N’était-ce pas là le message kantien
des Lumières qui nous a amenés à construire une société autonome qui,
aujourd’hui, est au bord de l’implosion car l’individualisme forcené a fini par
faire oublier l’essentiel de l’homme?
N’est-ce pas, comme le rappelle le
philosophe Vincent Cespedes, qu’»il faut sortir de
l’économique pour aller vers l’humain, en finir avec un système où tout est
pensé sous forme de rivalités, où l’autre est d’abord une menace avant d’être
une chance»?
La construction européenne est à ce
prix. C’est à nous, Assemblée paneuropéenne, de rappeler pourquoi la plupart
des citoyens européens n’ont pas voulu d’une convention qui ne donnait pas de
dimension humaine à l’Europe!
Mercredi 28 avril 2010 à 10 heures
Débat
d’actualité : Les conséquences de la guerre entre
M. LAAKSO (Finlande) au nom du Groupe pour
La
piraterie
M. HUNKO (Allemagne) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne. –
Disposant de très peu de temps, j’évoquerai surtout l’aspect politique du
problème et je laisserai de côté l’approche juridique du rapport de M. Holovaty. Tout d’abord, je remercie Mme Keleş de nous avoir fourni, avec son rapport, les
bases de notre débat. Etant un nouveau membre de la délégation allemande, je
n’ai pas pu participer aux débats en commission, mais j’indiquerai, au nom du
Groupe pour la gauche unitaire européenne, que le point 6 du rapport souligne
un point important, à savoir que la dissuasion militaire ne saurait constituer
une solution à long terme au problème de la piraterie, dont les causes se
trouvent à terre. Seule une approche globale permettra de le résoudre. Il faut
s’attaquer aux causes de la piraterie que sont la pauvreté, l’instabilité
politique, l’absence de gouvernement.
Le point 25 du rapport rappelle
utilement que les flottes de pêche internationales ont profité de la faiblesse
du pouvoir somalien, notamment de l’absence de garde-côtes, pour surexploiter
la ressource halieutique des eaux somaliennes. Depuis le début des
années 90, des flottilles américaines, japonaises et européennes pillent
ainsi les eaux somaliennes. Selon Greenpeace, ce vol de poissons et la
destruction de l’environnement sont assimilables à de la piraterie. Cette
organisation a donc appelé l’Union européenne à prendre des mesures
correctives. Mais pour l’instant, peu a été fait.
Autre problème : de nombreux
bateaux se débarrassent des déchets au large de
C’est ainsi que l’on ôte aux
habitants d’un pays leurs ressources vitales. Je ne peux donc pas voter ce
rapport ni approuver la conclusion selon laquelle il faudrait toujours plus de
répression.
Mercredi 28 avril
2010 à 15 heures
Rapport annuel d’activité 2009 du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe
M. GEORGIOU (Chypre) au nom du Groupe pour
Dans votre rapport d’activité pour 2009, vous avez évoqué le
fait qu’il existe encore un hiatus entre les proclamations et la mise en œuvre
d’actes dans les différents pas.
Quelles actions recommandez-vous pour qu’il y ait une mise
en œuvre paneuropéenne plus cohérente des droits de l’homme, notamment en ce
qui concerne le traitement humanitaire des personnes déplacées et les enquêtes
sur les personnes disparues ?
LE PRÉSIDENT* – La parole est à M. le
Commissaire aux droits de l’homme.
M. HAMMARBERG, Commissaire aux droits
de l’homme – Il s’agit là aussi d’une vaste question. Il
existe, il est vrai, un déficit d’application que nous devons nous efforcer de
combler. La seule réponse que je puis vous donner est de travailler plus dur,
de redoubler d’efforts.
Nous recommandons systématiquement aux gouvernements
d’établir des plans nationaux concernant le respect des droits de l’homme. Mais
y a-t-il une volonté politique de le faire ? La montée de la xénophobie,
par exemple, doit nous pousser à rester fermes sur nos principes.
La commémoration des victimes de
M. HUNKO (Allemagne) au nom du Groupe de la
gauche unitaire – Monsieur le président, mesdames, messieurs, je
remercie également le rapporteur pour ce texte majeur. Des tragédies
importantes, des crimes commis dans le passé servent souvent d’arguments dans
les discussions politiques actuelles. Cela vaut également pour cette famine
d’Ukraine et d’ailleurs. Cette instrumentalisation doit être évitée. Je le dis
en tant qu’appartenant à une famille dont un certain nombre de membres a perdu
la vie.
Il s’agit de présenter les faits.
C’est le cas du rapport. Dans l’Histoire, nous avons souvent tendance à séparer
les faits. Cette famine est la conséquence d’une politique brutale comportant
une composante politique. Il ne s’agissait pas d’un génocide comparable à
l’Holocauste.
Je me félicite que le rapport soit
relativement équilibré et qu’il évite les tentatives d’instrumentalisation d’un
nationalisme. Je me félicite de ce qu’a dit le président ukrainien, hier. Sa
position est équilibrée. Nous avons effectivement besoin d’une commémoration
pour toutes les victimes. Nous voulons voir le monde avec les yeux des autres.
Nous avons besoin de davantage d’éducation sinon nous n’éviterons pas d’autres
tragédies.
Jeudi 29 avril 2010
à 10 heures
Débat selon la procédure
d’urgence : Le besoin urgent d’une réforme
constitutionnelle en Bosnie-Herzégovine
M. GEORGIOU (Chypre) au nom du Groupe de la
gauche unitaire européenne. – Nous sommes aujourd’hui contraints de
discuter en urgence de la situation en Bosnie-Herzégovine : c’est le
résultat des interventions étrangères dans ce pays pour mettre fin à la guerre
et de l’imposition d’une Constitution qui ne respecte pas les droits de
l’homme, mais qui se fonde vraiment sur des séparations et des discriminations
selon des critères ethniques. Le pays a été partagé en trois.
Le Groupe pour la gauche unitaire
européenne a souvent pris position contre ces interventions étrangères. Nous
pensons que nous devons respecter les peuples et les laisser résoudre leurs
problèmes par un dialogue pacifique. Il était, bien sûr, nécessaire que
Le déficit démocratique, l’absence
d’égalité des chances, le non-respect des droits de l’homme ainsi que
l’impossibilité de participer à des institutions telles que le Parlement sont
également constatés. Le problème des habitations non répertoriées est le
résultat d’une guerre destructrice.
Nous avons étudié toutes les
propositions du rapport qui sont le début d’une solution. Il est toutefois
regrettable que ne soient accordés que six mois pour résoudre tous ces
problèmes, avant les élections du mois d’octobre.
Les réformes proposées par notre
rapporteur doivent être acceptées par les peuples et les citoyens de
On ne peut permettre que ce pays
reste divisé.
M. LOTMAN (Estonie) au nom du Groupe pour
la gauche unitaire européenne.– Je ne répondrai pas
aux calomnies scandaleuses qui viennent d’être proférées par le préopinant. Je
m’en tiendrai à notre sujet, c’est-à-dire le Bélarus.
Nous avions décidé de donner une
nouvelle chance au Bélarus, à la suite de progrès
très modestes. Nous avions décidé de renouer le dialogue en posant quelques
conditions très simples, dont le moratoire sur la peine de mort. La suspension
du statut d’invité spécial du Parlement bélarusse aurait ainsi pu être levée.
Nous pensions permettre une ouverture et aider à un rapprochement des valeurs
démocratiques. Malheureusement, cette approche a été inopérante. Comme trop
souvent, les régimes non démocratiques prennent des gestes amicaux pour des
signes de faiblesse.
La démocratisation progressive et le
respect des droits de l’homme ont, en fait, reculé. Je pense, bien entendu, aux
deux exécutions capitales dont nous avons déjà fait état, mais d’autres signes
de retour en arrière sont mentionnés dans le projet de résolution.
Il faut envoyer un message clair et
net aux autorités du Bélarus. Si elles souhaitent que
leur pays rejoigne le Conseil de l’Europe, elles doivent respecter les valeurs
essentielles de cette maison et ne pas émettre le type d’allégations
calomnieuses que nous venons d’entendre. Aucun progrès par rapport au respect
des droits de l’homme au Bélarus. Le dialogue avec le
Conseil de l’Europe, qu’il s’agisse de l’Assemblée parlementaire ou du Comité
des Ministres, doit être interrompu.
Par conséquent, au nom du Groupe
pour la gauche unitaire européenne, je soutiens fermement les propositions de
notre rapporteur et m’oppose à toute tentative de diluer le projet de
résolution. Je soutiendrai également l’amendement proposé par la commission des
questions juridiques et des droits de l’homme.
Discours de M. Sergueï Lavrov,
ministre des Affaires étrangères de
LE PRÉSIDENT* – La parole est à M. Laakso,
M. LAAKSO (Finlande) au nom du Groupe de la
gauche unitaire européenne. – Monsieur le ministre, pensez-vous que le
rôle de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pourrait être
renforcé, notamment pour la résolution du conflit entre
LE PRÉSIDENT* – La parole est à M. le ministre des Affaires étrangères de
M. LAVROV, ministre des Affaires étrangères de
Je ne sais pas de quel suivi vous
parlez ; est-ce celui qui s’applique au Conseil de l’Europe ? Dans ce
cas, il vous appartient d’en décider, et ensuite nous en parlerons.
Jeudi 29 avril 2010
à 15 heures
Mise en œuvre effective de
M. GEORGIOU (Chypre) au nom du Groupe
de
Je voudrais remercier la ministre
suisse qui a proposé
Nous estimons que
Il conviendrait d’éliminer les
causes de violation de
Nous connaissons également des
déficits dans l’ordre juridique de plusieurs pays. La responsabilité des
parlements nationaux est engagée et les tribunaux doivent s’en occuper. Chacun
dans son pays doit agir pour combler les déficits de démocratie qui entraînent des
violations de
Il convient également que le Comité des
ministres traite de cette question tout en veillant à faire en sorte que des
questions politiques ne viennent pas entraver l’exécution des arrêts. Un débat
a ainsi été ouvert à la sous-commission de l’élection des juges concernant les
critères de candidature. Si nous voulons bénéficier d’une justice équitable, ce
sont évidemment les plus objectifs d’entre eux qui devront être élus.
Discrimination
sur la base de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre
M. LECOQ (France) au nom du Groupe pour
Lorsque nous avons discuté la
première version de ce rapport lors de la dernière session, je rappelais ces
mots de Tocqueville extraits de De la
démocratie en Amérique : je ne savais pas alors que l’actualité
récente soulignerait à ce point la justesse de mon propos.
La déclaration faite par le Cardinal
Bertone a plus qu’ému la communauté internationale
sur l’amalgame qui a été fait entre pédophilie et homosexualité. Que le numéro
deux du Vatican ait souhaité s’exprimer uniquement sur les scandales
pédophiles au sein de l’Église et non pas de manière plus générale n’enlève
rien à la gravité de tels propos.
En tant qu’autorité religieuse, ces
propos engagent évidemment son auteur et ne font que donner du poids aux
préjugés dans lesquels l’homophobie trouve sa source. Sans compter que, non
satisfait de donner un semblant d’autorité religieuse à un tel dérapage verbal,
le Cardinal Bertone a utilisé un argument d’autorité
en se référant à de prétendues études scientifiques.
Une telle déclaration nous renvoie
trente ans en arrière pour l’homosexualité et jusqu’à cette année en France
pour la transsexualité, lorsqu’elles étaient assimilées à des maladies
mentales, à des déviances.
Si
Non, je réponds non, à mon collègue
Markov, la question de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre n’est
pas un choix, mais un état qui pousse, lorsqu’il n’est pas pris en compte par
nos sociétés, de nombreux jeunes au suicide.
Le porte parole du Quai-d’Orsay a clairement précisé que: «
L’excellent rapport de
M. Andreas Gross cherche à combattre les préjugés qui sont le terreau
de l’homophobie et de la transphobie: son tableau
établissant un argument sensé en face de chaque préjugé est un travail
remarquable qui devrait être diffusé largement comme outil de lutte contre les
sentiments homophobes et transphobes.
Je crois fermement à l’éducation
comme moyen de lutter contre les discriminations sexuelles. Ce sont les mœurs
qu’il faut changer, comme le précisait Alexis de Tocqueville.
Nous avons les outils juridiques
pour lutter contre les discriminations, mais l’égalité de droit ne sera jamais
suffisante tant que des mentalités arriérées considéreront que les homosexuels
ne sont pas des personnes à part entière avec des droits équivalents à ceux des
hétérosexuels. Que leur orientation sexuelle ne les rend en rien inférieurs aux
hétérosexuels!
C’est à nous d’avoir le courage, en
tant que communauté internationale, de nous élever chaque fois qu’un homme ou
une femme, du fait de son homosexualité ou de sa transsexualité, est menacé!
C’est à nous, communauté
internationale, d’avoir le courage, de défendre nos convictions sans nous
laisser intimider par les autorités rétrogrades qui se réfèrent à la tradition
et à la religion!
C’est à nous, communauté internationale,
d’avoir le courage de dire non, lorsque la liberté est transgressée!
C’est à nous, communauté
internationale, d’avoir le courage de lutter contre les préjugés, pour que
demain les mœurs ne soient plus en désaccord avec le droit !
Que la révolution égalitaire
annoncée par Tocqueville soit en marche, une révolution juridique qui ne se
fera pas sans une révolution des mentalités: c’est à ce prix que la démocratie
aura su tenir ses promesses!
Vendredi 30 avril
2010 à 10 heures
Biodiversité et changement
climatique
M. HUNKO (Allemagne) au nom du Groupe pour
Nous menons ce débat après l’échec
du grand sommet du climat à Copenhague. Au lieu d’une déclaration
contraignante, nous n’avons eu qu’une déclaration d’intentions. Cela montre
comment le monde est organisé aujourd’hui. Les intérêts économiques et
nationaux priment de toute évidence sur une réponse commune au changement climatique
et à la perte de la biodiversité.
Le rapport mentionne le
développement des énergies renouvelables. Il faudrait arrêter les énergies
fossiles et avoir des énergies renouvelables. Beaucoup d’études le prouvent.
L’écosystème de l’Arctique est menacé
par le changement climatique. Il contient les ressources en matières premières
les plus importantes du monde. Il existe une course pour leur exploitation. En
décembre 2009, le conseil des ministres de l’Union européenne a parlé de
nouvelles possibilités avec la fonte des neiges et les autres répercussions du
changement climatique. Beaucoup d’Etats européens souhaitent participer à cette
course, alors qu’un moratoire serait bien préférable.
Pour freiner le changement
climatique, il nous faudrait changer radicalement d’attitude, notamment pour
les relations économiques entre les Etats. Tant que les intérêts économiques
domineront tout le reste, nous serons condamnés à l’échec.
Il y a quelques jours s’est terminé
le sommet alternatif du climat à Cochabamba en Bolivie. Plus de 20 000
personnes de 130 pays y ont participé. La déclaration finale exige que les
pays industrialisés réduisent leurs émissions de CO2 de 50 %
d’ici 2020.
Dix droits fondamentaux ont été
énoncés parmi lesquels : le droit à la vie, la propreté de l’eau et de
l’air, la protection contre la pollution et les manipulations génétiques, les
droits juridiques… Une cour internationale du climat devrait être créée pour
sanctionner les pays qui portent massivement préjudice à la nature.
Ce sommet du climat à Cochabamba, va
dans la bonne direction. L’Europe pourrait en apprendre beaucoup.
M. LOTMAN (Estonie), président de la commission de l’environnement, de l’agriculture et des questions territoriales – Monsieur
le Président, je remercie mes collègues encore présents, sans doute sont-ils
les meilleurs de cette Assemblée ! Je remercie également les intervenants
pour leur soutien.
Je souhaiterais également excuser le
rapporteur qui a malheureusement dû partir avant la fin de ce débat.
Si vous consultez les dernières
nouvelles en provenance du Golfe du Mexique, vous comprendrez aisément la
gravité de la situation. Une des principales causes des changements
anthropiques est notre dépendance au pétrole, source de bien des maux. On voit
bien, dans le cadre de cette catastrophe, que les problèmes de réchauffement
climatique et de perte de la biodiversité sont liés.
Nous disposons, au sein du Conseil
de l’Europe, d’un des premiers instruments importants, jamais signés relatifs à
la biodiversité, je veux parler de
Nous soulignons, dans notre projet
de recommandation, la place qu’il conviendrait d’accorder aux experts de très
haut niveau qui œuvrent au sein même de notre Organisation.
Je rappelle également qu’une journée
dédiée à la biodiversité a été organisée cette semaine, au cours de laquelle
l’Assemblée parlementaire, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux et
Nous ne pouvons pas faire la
politique de l’autruche, nous devons essayer à tout prix de résoudre ces
problèmes.