Discours, session d’avril 2011
Lundi 11 avril 2011 à 11 heures 30
Rapport
d’activité du Bureau de l’Assemblée et de
M. LAAKSO (Finlande) au nom du Groupe pour la
gauche unitaire européenne.– Monsieur le Président, il est nécessaire
que tous les membres de l’Assemblée parlementaire soient bien informés des
difficultés que rencontre le Conseil de l'Europe pour contrôler les processus
électoraux, notamment en Azerbaïdjan et au Kazakhstan mais pas uniquement.
Trois organes élus participent à ce
processus : le Conseil de l'Europe, l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et
le Parlement européen. Une quatrième organisation s'en occupe : le Bureau
des institutions démocratiques et des droits de l’homme, qui s'intéresse plus
spécialement à la période préélectorale. Alors qu'il n'est pas composé d'élus,
le BIDDH semble avoir pris le pas sur les autres. C'est en effet lui qui
élabore seul le projet de conclusions, les autres organisations devant négocier
sur cette base. Ce n’est pas une bonne chose. Cela pose même un problème, car,
pour de nombreuses élections, nous sommes arrivés à des conclusions différentes
de celles du BIDDH. Pour celles au Kazakhstan, par exemple, l’Assemblée
parlementaire a ainsi dû élaborer ses propres conclusions.
Un moyen d’avancer serait
d’instaurer une rotation pour l’élaboration des conclusions. Ma proposition est
donc la suivante : à l’avenir, les parlementaires pourraient effectuer une
rotation pour la rédaction de la déclaration finale. Bien entendu, il faudra
continuer de faire appel au Bureau des institutions démocratiques et des droits
de l’homme, qui effectue un travail de grande valeur mais qui ne doit pas être
le seul à rédiger les conclusions, d'autant moins qu'il n'est pas composé
d'élus.
Monsieur le Président, nous devrions
également examiner plus en détail notre mission d’observation et mettre
davantage l’accent sur les campagnes préélectorales. Nous devrions disposer de
plus de temps et davantage faire appel à notre propre personnel. M. Hancock a
tout fait raison : on ne peut pas uniquement se concentrer sur le jour des
élections. On ne peut pas non plus laisser à d’autres organisations le monopole
de la période préélectorale.
Le Conseil de l'Europe doit examiner
cette question pour faire des propositions aux autres organisations
internationales. Commençons donc à discuter d'une rotation dans la rédaction
des conclusions finales de la déclaration. Les trois organisations que j'ai
citées pourront s'appuyer sur l’aide apportée par le Bureau des institutions
démocratiques et des droits de l’homme, qui est un organe d’assistance. (Applaudissements)
Lundi 11 avril 2011 à 15 heures
Communication du Secrétaire
Général du Conseil de l’Europe
M. KOX (Pays-Bas), au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne –
Monsieur le Secrétaire Général, l’adhésion de l’Union européenne à
Cela dit, comment éviter de nouveaux
retards ? Quelles sont, d’ailleurs, les causes principales du retard
actuel ? Sont-elles techniques ou politiques ?
LE PRÉSIDENT – La parole est à M. le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe.
M. JAGLAND, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe
– Les experts ont demandé à disposer d’un peu plus de temps : jusqu’au
mois d’octobre. Il était prévu que les négociations se termineraient à la fin
du mois de juin mais on nous a demandé un peu plus de temps car se posent des
questions fort complexes, d’ordre à la fois politique, technique et juridique.
Le principal problème tient au fait
que l’Europe est divisée entre les pays membres de l’Union européenne et les
pays qui n’en sont pas membres et qui ont certains intérêts à défendre. Ils ne
sauraient ainsi être soumis aux législations de l’Union européenne ; dans
le même temps, ils doivent comprendre que l’Union européenne est mue par sa
propre logique, qui repose sur ses acquis. Tout cela doit être pris en compte,
et il faut concilier les deux points de vue. Voilà qui est fort délicat, tant
du point de vue juridique que du point de vue politique.
L’enjeu – je tiens à le
souligner – est énorme. Si le processus d’adhésion de l’Union européenne à
Une vision politique s’impose donc
pour traiter de ces questions. Nous devons reconnaître qu’il existe une
différence de nature entre les Etats qui, pour de nombreuses raisons, n’ont pas
adhéré à l’Union européenne, et les Etats membres d’une Union européenne qui
dispose d’une base juridique et d’une nature propres. Il est crucial de
parvenir à concilier ces deux points de vue.
Le
surendettement des Etats : un danger pour la démocratie et les droits de
l'homme
M. HUNKO (Allemagne), rapporteur pour avis de la
commission des questions sociales, de la santé et de la famille* – L’endettement
est-elle un danger pour la démocratie et les droits de l’homme ? C’est une
question d’actualité de grande importance. A l’issue du référendum qui s’est
déroulé en Islande le week-end dernier, la majorité de la population a voté
contre le remboursement de la dette de Icesave.
Par conséquent, il convient de se demander si les dettes des banques doivent
être reprises par l’Etat, qui est soumis à une dépression financière et qui
peut de ce fait remettre en cause des droits sociaux. J’aimerais que le Conseil
de l’Europe débatte davantage de ces sujets et je regrette que le ministre des
Finances islandais ne soit pas parmi nous aujourd’hui.
Je veux mettre en avant plusieurs
points de l’excellent rapport présenté par M. Omtzig.
De la crise, nous devons tirer une
leçon : il n’est pas acceptable que le principe de la privatisation des
bénéfices et de la socialisation des pertes prime sur le reste. En effet
s’il devait en être ainsi, la marge démocratique des parlements s’amenuiserait
et les droits sociaux seraient menacés. Je me félicite que la question du
rééchelonnement des dettes des Etats soit inscrit à l’ordre du jour, car il
s’impose si nous voulons éviter de toucher aux droits sociaux.
Dans
En fait, la dette de l’Etat ne doit
pas entraîner une perte de démocratie et engendrer des atteintes aux droits de
l’homme. Il n’en reste pas moins que la dette de l’Etat et les programmes
d’austérité qui en découlent posent problème ; d’ailleurs, la commission
des affaires sociales présentera un rapport sur le sujet. Envoyons donc, depuis
notre Assemblée, un signal fort en affirmant que la démocratie et les droits
sociaux ne sauraient être sous le joug des marchés financiers !
M. ELZINGA
(Pays-Bas) au
nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne.– Le
sujet qui nous occupe cet après-midi est d’importance et le débat est opportun.
Il le restera probablement longtemps, car il semble bien difficile de résoudre
les problèmes actuels. Cependant comment en sommes-nous arrivés à une telle
situation, qui met en danger la démocratie et les droits de l’homme ?
En fait, certains Etats membres
étaient déjà lourdement endettés avant le début de la crise. Cela était parfois
très problématique, parfois moins ; cela variait aussi selon que la dette
avait été contractée avec l’étranger ou qu’il s’agissait d’une dette interne.
Du point de vue de la démocratie, la
gravité du problème de la dette dépend de l’autonomie économique du pays à
l’égard des institutions financières internationales, et, en termes de droits
économiques et sociaux, le danger est lié aux mesures d’austérité que l’Etat est
contraint de prendre. A cet égard, je me félicite que soit prévu un rapport sur
les conséquences sociales des mesures d’austérité.
La crise financière s’est
transformée en crise économique. A ce propos, je fais observer que c’est le
secteur financier qui est responsable de cette immense dette. Or, aujourd’hui,
c’est le contribuable qui doit en payer le prix et, finalement, c’est le
secteur financier qui décide si les mesures d’austérité prises par l’Etat sont
suffisantes ou pas. C'est lui qui dira si l’Etat doit couper peu ou prou dans
les dépenses publiques d'éducation, de santé, de retraite… Le secteur financier
n’est intéressé que par le profit et prend dans ce but tous les risques, sans
se soucier des conséquences. Seule une forte réglementation du secteur
financier mettra un terme à ces conduites à risques.
J’appuie les deux amendements sur
lesquels sont tombés d’accord le rapporteur et le rapporteur pour avis de la
commission des questions sociales, de la santé et de la famille, car ils
renforcent le rapport.
Mme GROTH (Allemagne) — Je
veux réagir aux précédentes interventions.
Si les salaires en Europe sont en
chute libre, par contre les bénéfices croissent de façon considérable. Les
riches deviennent de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres.
Cela est extrêmement dangereux pour la démocratie.
Concernant les dépenses militaires,
j’aurais bien aimé que le rapport indique dans quelle mesure elles ont
contribué à l’endettement des Etats. Chaque jour, l’Allemagne consacre
100 millions d’euros à ces dépenses. Je ne sais pas ce qu’il en est en
Grèce et au Portugal. Il serait possible et souhaitable de faire des économies
dans ce domaine plutôt que dans l’enseignement et la santé.
Par ailleurs, on constate en Russie,
en Hongrie, en Allemagne et dans d’autres pays, une tendance à chercher des
boucs émissaires et bien entendu, on les trouve du côté des émigrés et des plus
défavorisés. Ainsi en Hongrie, des citoyens armés font la chasse aux Roms et sévissent en Russie des néo-nazis. Il faut faire
très attention à ces menaces pour la démocratie et pour les droits de l’homme.
Mardi 12 avril 2011 à 10 heures
La
dimension religieuse du dialogue interculturel
M. PETRENCO (Moldova) au nom du Groupe
pour la gauche unitaire européenne.
Mes chers collègues, c’est pour moi
un très grand honneur de m’exprimer aujourd’hui au nom du Groupe pour la gauche
unitaire européenne. Je veux avant tout féliciter la rapporteuse pour son
remarquable travail et revenir plus particulièrement sur certains points.
Afin de créer une nouvelle culture
du vivre ensemble, comme nous y invite le rapport, nous devons avant tout
défendre le principe du multiculturalisme en Europe, que certains remettent
malheureusement en question. Selon eux, un système fondé sur ce principe n’est
pas viable. Leur critique, en attaquant la paix civile, porte un rude coup à
l’ensemble de l’édifice européen. Nous ne pouvons donc que condamner les
récentes déclarations de dirigeants français et allemands sur l’échec du
multiculturalisme en Europe, déclarations qui constituent un véritable retour
en arrière en appelant au repli sur soi et en stigmatisant les étrangers.
En réalité, ce qui a échoué en
Europe, ce sont les politiques menées par certains gouvernements, qui ont évité
d’affronter les véritables défis et qui n’ont pas garanti la coexistence
pacifique entre les communautés tout en veillant aux libertés fondamentales et
aux droits des citoyens.
Toute société repose sur la
coexistence pacifique de ses différentes composantes, y compris les composantes
laïques. Dans plusieurs pays, certaines religions ont tenté dernièrement de
s’ingérer dans les affaires de la vie civile, ce qui a évidemment suscité de
nouveaux affrontements. Les religions doivent savoir qu’elles ont des limites à
leur pratique, à savoir le respect des libertés fondamentales des citoyens.
Personne n’a le droit d’attenter au droit à la liberté de conscience et de
conviction d’autrui. Il est donc important que les différentes religions
veillent à apaiser les tensions plutôt qu’à les alimenter.
Pour conclure, ce rapport marquera
sans nul doute un pas important vers la construction du modèle que nous appelons
tous de nos vœux en Europe.
Mme ANDERSEN (Norvège) –
Je vous remercie, messieurs, pour vos contributions qui furent extrêmement
intéressantes. Je me félicite de votre présence, car nous avons grandement
besoin d’un dialogue.
En tant que politique, j’ai besoin
d’apprendre beaucoup sur les différentes religions et croyances afin d’être en
mesure de gérer les différentes décisions auxquelles je dois participer pour
trouver des solutions aux conflits.
C’est pourquoi il est nécessaire que
tout le monde participe au dialogue. Pourquoi Dieu aurait-il réservé aux
hommes seuls le droit de participer au dialogue ? La moitié de
l’humanité est pourtant bien composée de femmes et les droits de l’homme
s’applique à tous : aux hommes et aux femmes, quelles que soient leur origine
ethnique, ou leur orientation sexuelle. C’est un défi que nous devons relever
et, à ce titre, je vous suis reconnaissante d’avoir souligné cette difficulté,
d’autant que vous avez une responsabilité considérable et jouez un rôle central
dans la vie de tant de personnes qui vous écoutent et suivent vos orientations.
C’est pourquoi traiter de la question de l’égalité est important, un dialogue
supposant la participation de toutes les parties. Or, si les droits humains
sont universels, les différentes convictions religieuses, me semble-t-il, sont
quelque peu conservatrices s’agissant de l’égalité des droits des hommes et des
femmes et sur le fait d’inclure les femmes dans le dialogue.
J’ajoute que les droits humains
entrent parfois en conflit avec les croyances religieuses et l’égalité des
droits. Il convient alors de trancher. L’égalité des droits pour tous au sein
de la société est primordiale et il me semble possible que les différentes
confessions religieuses fassent que cette égalité devienne une réalité.
Mardi 12 avril 2011 à 15 heures
Communication
du Comité des Ministres à l’Assemblée parlementaire
M. PETRENCO (Moldova) pour le Groupe de la gauche
unitaire européenne. – Les ressortissants maltais n’ont pas le droit de
divorcer. Les autorités moldaves essaient par tous les moyens de couper la
seule chaîne de télévision qui diffuse les idées de l’opposition. Certains
militants politiques font l’objet de sanctions juridiques. La liste des
violations ne fait que s’allonger. Pourtant, tous les membres du Conseil de
l'Europe ont un engagement commun : respecter les libertés et les droits
fondamentaux.
Monsieur le Président, pensez-vous
que le Comité des Ministres soulèvera cette question lors d’une de ses
prochaines réunions ?
LE PRÉSIDENT
– La parole est à M. le Président du Comité des Ministres.
M. DAVUTOĞLU – Cette question n’a pas, à ce jour, été portée à notre attention.
Il n’en demeure pas moins que nous suivons de très près tout ce qui se passe en
Moldova et que nous essayons d’apporter notre aide à ce pays, car nous voulons
aider cette population à trouver une solution sur le terrain.
Combattre
la pauvreté
Mme WERNER (Allemagne) au nom du Groupe pour la gauche unitaire
européenne. – Au nom de mon groupe, je tiens à remercier M. Volontè pour son bon rapport. Oui, l’Europe ne cesse de
s’enrichir alors que la pauvreté ne cesse de s’aggraver!
Certes, la pauvreté est en partie le
résultat de la crise économique et financière que nous traversons, mais elle
lui préexistait car elle résulte de décisions politiques concrètes. Depuis
2008, 42 millions de citoyens de l’Union européenne doivent vivre dans une
pauvreté créée de toutes pièces. Dans ce contexte, obliger
En outre, la politique fiscale doit
prendre en compte non seulement des considérations écologiques et
environnementales mais aussi les besoins des hommes et des femmes. Je pense
notamment au besoin d’éducation et de culture, et pas seulement pour prémunir
les jeunes du risque de chômage. Nous avons tous besoin de nous former tout au
long de la vie, quelle que soit la catégorie à laquelle nous appartenons. Aux
personnes âgées, aux personnes handicapées et aux personnes seules, souvent
stigmatisées lorsqu’elles réclament de l’aide, il convient d’apporter, outre
une aide matérielle, une écoute attentive. Il faut donner à tous, sans
discrimination, accès à l’emploi, à une aide médicale appropriée et à un
logement. Nous avons besoin de garanties en termes de revenu minimum pour
protéger les hommes et les femmes contre la pauvreté et pour préserver la
cohésion sociale.
Monsieur Volontè,
ce sont des exigences justes que vous formulez. Le Groupe pour la gauche
unitaire européenne est à vos côtés. Ici, à Strasbourg, nous semblons tous être
socialistes, mais au niveau national, nous tenons trop souvent un discours
différent. Puisse votre demande de création d’un revenu et d’un salaire minimum
être entendue dans tous les pays membres! Je serai heureux si vous pouviez
convaincre Mme Merkel,
Mme ANDERSEN (Norvège) –
Je suis très favorable à ce rapport et je considère que ce débat est lié à
celui que nous avons eu hier sur le risque que fait courir le surendettement
des Etats à la démocratie et aux droits de l’homme. Nous y avons évoqué aussi
notre responsabilité en matière de Charte sociale. Tous ces débats nous
montrent que nous devons, bien plus que nous ne le faisons, prendre nos
responsabilités politiques pour assurer une redistribution plus juste des
richesses et du pouvoir politique.
C’est la seule manière de régler de
tels problèmes. Ce n’est pas en faisant du saupoudrage et en s’en tenant à une
politique et à des mesures traditionnelles que nous en viendrons à bout.
Pour s’attaquer aux grandes
différences qui existent en termes sociaux, de santé et d’éducation, il faut
redistribuer les richesses de façon plus juste. Pour voir les choses sous un
jour plus optimiste, je signale que les sociétés dont le degré d’égalité est
plus grand s’en sortent mieux que les autres et connaissent de bons résultats
économiques. Ce n’est donc pas une menace pour la société, plutôt une chance à
saisir, une possibilité de développement.
Nous avons d'autre part la
responsabilité de favoriser l’émancipation politique et sociale des personnes
défavorisées, qui n’ont pas les ressources nécessaires pour financer des
groupes de pression. Nous devons donc leur fournir les moyens de se faire
entendre et de défendre leurs intérêts.
Enfin, je souligne qu’une dimension
ethnique de la pauvreté apparaît à l’heure actuelle. C’est un problème très
préoccupant, auquel nous devons nous attaquer sans tarder.
Mme GROTH (Allemagne) – Il
me semble qu’on a oublié une chose: la stratégie de Lisbonne, adoptée en 2000
par
Aujourd’hui, la stratégie
Europe 2020, qui remplace la stratégie de Lisbonne, veut encore plus de
flexibilisation. Il faut travailler plus longtemps, payer encore davantage pour
les retraites et la santé. On va droit dans le mur. M. Flynn l’a dit:
trente années après Mme Thatcher, le Royaume-Uni est maintenant
l’un des pays les plus inégalitaires dans le monde. L’Allemagne est sur la même
voie. Il faut donc s’attaquer maintenant au problème. L’Union européenne n’est
pas toujours très populaire dans beaucoup de pays. C’est pourquoi l’on a
tendance à se concentrer sur le cadre national et à oublier ces stratégies qui
ont causé davantage de misère, et aussi davantage de richesse pour certains.
Mercredi 13 avril 2011 à 10 heures
Respect
des obligations et des engagements de
M. LOTMAN (Estonie) au nom du Groupe pour la
gauche unitaire européenne. – Ce rapport sur le respect des
obligations et engagements de
Deux écueils guettaient les
rapporteurs, auxquels ils ont su résister.
Ainsi, le conflit avec
L’autre danger, pour les deux
rapporteurs, était de sous-estimer les progrès accomplis ou la portée des
problèmes qui demeurent. Là encore, ils sont parvenus à trouver un parfait
équilibre et présentent dans leur rapport toute la complexité de la situation
de
A juste titre, le rapport souligne
que
Pour conclure, je répète que mon
groupe soutiendra ce rapport très complet et appelle les autorités géorgiennes
à pleinement mettre en œuvre ses recommandations.
Mme FRAHM (Danemark) –
Merci, monsieur le Président, de me laisser dire quelques mots sur ce rapport,
car, après la discussion en commission du suivi, j’avais très peur que nous
n’ayons un nouveau débat sur la guerre entre
Je ne suis pas d’accord avec
l’orateur précédent selon lequel il faudrait mettre un terme au suivi, car le
suivi de la démocratie et des droits de l’homme dans les Etats membres est l’une
des tâches essentielles du Conseil de l’Europe. Ce rapport est, à mes yeux,
bien équilibré. Il est difficile de faire un rapport sur un lieu où règne une
situation aussi complexe que celle de
Il est encore des domaines dans
lesquels
Discours
de M. Recep Tayyip Erdoğan, Premier ministre de
M. KOX (Pays-Bas) – Monsieur le Premier
ministre, je ne suis pas d’accord avec votre dernier commentaire mais, vous le
savez, j’appartiens au Groupe pour la gauche unitaire européenne. Je dois
cependant vous féliciter sincèrement du résultat du vote en Turquie et je suis
d’accord qu’il faut faire de notre mieux pour nous ranger du côté du changement
démocratique.
A ce propos, pourquoi n’avez-vous
pas tenu votre promesse d’abaisser le seuil de 10 % lors des élections en
Turquie ? Ce serait un changement démocratique important. Quand
comptez-vous la tenir ?
LE PRÉSIDENT* – La parole est à M. le Premier ministre de
M. ERDOĞAN – Tout d’abord, je ne m’attendais pas à ce que vous soyez
nécessairement d’accord avec tous mes arguments. Je respecte votre point de
vue. Je vous rappelle toutefois que j’ai été emprisonné pendant quatre mois.
Après ma sortie, nous avons créé notre parti politique, nous avons gagné des
élections et, depuis huit ans, nous sommes au pouvoir avec un soutien
populaire considérable. C’est le peuple, au bout du compte, qui est le meilleur
juge. Puisque c’est au peuple de rendre ce jugement et qu’il nous soutient, il
doit bien y avoir quelque chose !
Ce n’est pas mon parti qui a
instauré ce seuil de 10 %, qui existait au moment où nous nous sommes
soumis à la loi du scrutin. Nous l’avons respecté alors, ce qui montre bien qu’en
dépit de ce seuil, un parti comme le mien peut être créé et, très rapidement,
arriver au pouvoir. Comment est-ce possible ? C’est parce que nous ne nous
sommes pas rangés à droite ou à gauche. Notre action politique se situe au
centre. Pour tous les Turcs, toutes les composantes de la société turque, pour
chacun d’entre eux.
Ici, en France, je vois que les Roms se font expulser. Est-ce là la démocratie ? En
France, aujourd’hui, il n’y a pas de respect pour la liberté de religion
individuelle. Est-ce cela la liberté de religion ? Que ceux qui veulent
juger
Pour en revenir au seuil de
10 %, le fait de le réduire ou non n’est pas une question de démocratie.
Il existe aussi ailleurs en Europe des seuils de 8 ou de 7 %. Pour la
stabilité et la sécurité de notre pays, nous avons décidé de continuer à
appliquer ce seuil, et le peuple en a été d’accord. Les périodes de
gouvernement de parti unique ont été des périodes de développement pour
Nous consulterons donc notre peuple
et prendrons une décision en fonction de ce que les Turcs nous diront. S’ils
veulent que le seuil soit abaissé, il le sera ; s’il doit rester inchangé
d’après eux, il restera à 10 %. Ce sera la décision des 74 millions
de Turcs. Je vous demanderai d’envisager les choses sous cet angle aussi :
cela n’a pas été facile pour nous d’arriver où nous sommes aujourd’hui.
Nous avons souffert dans le passé et
voulons éviter que cela se reproduise. Nous voulons avancer et être un pays
exemplaire. Les partis politiques sont nombreux dans notre pays. Aucun parti
n’est interdit, chaque citoyen a la possibilité de créer son parti à tout
moment et de participer aux élections. Nous ne sommes pas un parti ethnique ni
un parti régional, nous sommes un parti qui couvre l’ensemble du territoire et
nous nous adressons à tous en Turquie. C’est grâce à ces critères que nous
pouvons travailler.
Mercredi 13 avril 2011 à 15 heures
Rapport
annuel d’activité 2010 du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de
l’Europe
M. PAPADIMOULIS (Grèce) au nom du
Groupe pour la gauche unitaire européenne. – Monsieur Hammarberg, les pays qui, comme
LE PRÉSIDENT – La parole est à M. le Commissaire aux droits de l’homme du
Conseil de l’Europe.
M. HAMMARBERG
– Il s’agit d’un sujet d’actualité qui fait l’objet de discussions entre les
gouvernements et au sein de l’Union européenne. Le règlement Dublin II a
posé problème en raison de
Je ne pense pas que le règlement
Dublin II réponde aux exigences en matière de solidarité entre les
différents pays d’Europe. Dans ma présentation, j’ai évoqué la nécessité de
prévoir une répartition équitable des responsabilités. Ce n’est pas le cas
aujourd’hui, car des pays en première ligne doivent assumer davantage de
responsabilités que d’autres. Il conviendrait d’élaborer un système prévoyant
un partage plus équitable des responsabilités. Mme la commissaire Malmström essaie de faire procéder à une révision de ce
règlement, mais ce n’est guère aisé.
La
nécessité d’un bilan des progrès accomplis dans l’application de
M. LOTMAN
(Estonie), président de la commission
de l'environnement, de l'agriculture et des questions territoriales, rapporteur
– Cette partie de session est la dernière à laquelle je
participe: les Verts d’Estonie ont en effet perdu les dernières élections
législatives. L’un des bienfaits de la démocratie est qu’elle oblige parfois à
un retour à la vie réelle!
Les changements peuvent être
positifs mais aussi négatifs, telle la perte de la biodiversité en Europe. Le
Conseil de l'Europe a reconnu cette menace il y a déjà trente ans. En
1979, la convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu
naturel en Europe a été adoptée à Berne. C’était alors le premier instrument
juridique visant la conservation de la nature paneuropéenne. Il reste
aujourd’hui l’un des principaux traités de protection de la biodiversité en
Europe.
A l’origine, cette Convention a été
signée par vingt pays européens. Aujourd’hui, ce texte compte cinquante parties
contractantes, dont tous les membres du Conseil de l'Europe à l’exception de
Quatre pays d’Afrique du Nord ont
également signé
L’Union européenne et tous ses Etats
membres ont adhéré à
Récemment, l’Union européenne a
reconnu qu’elle avait non seulement l’obligation de conserver la biodiversité à
l’intérieur de ses frontières, mais qu’elle devait aussi assumer une
responsabilité au niveau mondial en la matière. L’Union européenne n’est pas
l’Europe tout entière; il faut donc qu’elle mette l’accent sur
L’une des dispositions les plus
importantes de
Pour les raisons que j’ai évoquées,
les travaux sont beaucoup plus avancés au sein de l’Union européenne, bien que Natura 2000 soit loin d’être achevé. Le Réseau
émeraude n’en est qu’à ses balbutiements. Cependant,
Le réseau n’est qu’une première
étape. Comment gérer ensuite les sites protégés?
Là encore, les règles de la
directive “Habitats” sont plus spécifiques que ce que prévoit
Il faut bien sûr aussi protéger la
diversité de l’habitat en-dehors des sites retenus. Le comité permanent de
Aujourd’hui, le Conseil de l’Europe
doit mieux cibler ses actions. Ses activités principales touchent aux droits de
l’homme, à la démocratie et à la prééminence du droit. Cependant, l’Assemblée a
déjà adopté une recommandation proposant un protocole à
Nous devons veiller à ce que la mise
en œuvre de
M. PAPADIMOULIS (Grèce) au nom du
Groupe pour la gauche unitaire européenne. – Je m’associe aux
autres orateurs des groupes politiques pour féliciter vivement notre collègue
M. Lotman, qui nous présente un rapport
extrêmement bien préparé, qui a étudié avec beaucoup de sensibilité les
questions de l’environnement et qui nous laisse une œuvre extrêmement
importante.
Nous discutons aujourd’hui, chers
collègues, de
Le Conseil de l'Europe devrait
utiliser cette expérience et promouvoir les moyens actuels concernant la
législation pour la protection de la diversité biologique dans l’Union
européenne des vingt-sept. L’Europe devrait peut-être actuellement prendre
la première place. Nous n’en faisons sans doute pas assez. Nous devrions
peut-être prendre une initiative européenne en vue d'une “Convention de Berne
n°2”. Douze années se sont écoulées entre
Je félicite M. Lotman pour son travail. Nous ne devons pas adopter des
amendements qui changeront le contenu de ce rapport. J’espère que le Conseil de
l'Europe fera un pas vers une plus grande protection de la biodiversité.
M. LOTMAN
(Estonie), président de la commission ; rapporteur. – Merci,
chers collègues, pour vos aimables paroles. Je réagirai à certaines de vos
interventions que je partage.
Je suis d’accord avec tous ceux qui
ont dit qu’il existe un lien direct et étroit entre les droits de l’homme et
l’environnement.
Merci aussi à ceux qui ont mentionné
Il est vrai que nous n’avons pas
atteint les objectifs qui avaient été fixés pour 2010 en matière de
biodiversité et que nous devons maintenant essayer d’améliorer la situation
durant la décennie 2011-2020. Cessons de tuer les autres espèces, sans quoi
nous disparaîtrons à notre tour.
D’aucuns ont souligné l’importance
de la souplesse, de la flexibilité de
La préservation de notre
environnement naturel est plus une chance qu’un obstacle. Je ne peux pas
laisser dire que protéger la nature est synonyme de tuer les humains. Ce n’est
pas vrai!
En ce qui concerne l’énergie
éolienne,
S’agissant du hamster commun, il est
loin d’être aussi commun que vous semblez le penser. Il ne s’agit pas de celui
que vos enfants ont peut-être à la maison. Il est l’un des éléments de la success story dans le domaine de la
préservation de la nature en Europe, puisque le hamster revient.
On pourrait envisager de réduire le
statut de protection de certaines espèces, comme le loup. Je viens d’une région
d’Europe où il y en a beaucoup et je puis vous assurer que l’on peut vivre
avec. Cependant il est vrai, même si j’encourage
Enfin, parmi tous les travaux que
nous réalisons au Conseil de l'Europe, en général, et à l’Assemblée
parlementaire, en particulier, n’oublions jamais le travail qu’il nous
appartient de réaliser sur l’environnement et la biodiversité.
Education
contre la violence à l'école
Mme WERNER (Allemagne)
au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne. – Au nom de mon
groupe, je remercie le rapporteur pour son important travail.
La violence en milieu scolaire est
un vrai problème dont la solution dépend de la société tout entière. Les
enseignants, les parents, les élèves, les grands-parents, les voisins, tous
sont interpellés. Les enfants qui essaient de résoudre leurs conflits par la
violence sont souvent eux-mêmes victimes de celle-ci. Aussi faut-il appliquer
le principe de la prévention avant la sanction.
Nous nous heurtons à d’innombrables
difficultés. Des enfants fréquentent des écoles où ils sont souvent isolés. Les
programmes d’apprentissage de la prévention contre la violence sont mal mis en
œuvre. Il est très difficile dans ces conditions de donner aux enfants une
bonne éducation et une formation, indispensables pour mieux savoir gérer et
prévenir les conflits. Il faut donc envisager une formation tout au long de la
vie pour toutes les couches de la population en mettant en place un système
éducatif plus juste offrant des chances d’apprentissage tout au long de la vie
pour donner davantage de chance à ceux qui sont aux marges de la société. Un
système d’éducation incluant tout le monde, offrant des chances à tous est le
meilleur moyen de lutter contre la pression sociale, donc contre la violence.
Le rapport note, à juste titre, que
les enfants violents proviennent souvent eux-mêmes de familles où la violence
fait partie de l’éducation. Le plus souvent, ces familles se trouvent dans des
situations sociales difficiles, confrontées au chômage et à la pauvreté. Le
rapport décrit les interactions qui existent entre la violence à l’école et la
violence sociale. Pensons, par exemple, à la violence que l’on voit à la
télévision. Nous savons que la guerre change une société. Beaucoup de nations
européennes sont actuellement en guerre, avec leurs soldats déployés en
Afghanistan, en Irak ou en Libye. En Allemagne,
L’utilisation de la violence pour
défendre ses propres intérêts apparaît comme quelque chose de normal. Cela est
préoccupant. C’est le contraire de ce qu’il faut faire pour former les jeunes,
comme le font certaines ONG, à la tolérance et à la démocratie. Les valeurs
pacifistes ont du mal à s’imposer en Europe. En Allemagne, des néonazis
distribuent des CD dans les cours d’école. C’est un exemple extrême qui montre
comment la violence s’exerce dans nos pays sur nos enfants.
Nous vivons dans une société qui
réagit aux défis sociaux par l’exclusion, par la haine de l’autre, la haine des
malades, des handicapés. A partir d’un moment, tout cela débouche sur des
comportements violents, y compris dans nos écoles.
Comment la société peut-elle
répondre à la violence à l’école? Elle peut interdire les armes et adopter des
règles plus sévères vis-à-vis des élèves. C’est utile, mais cela ne suffit pas.
Il faut aussi de meilleures écoles et des classes plus petites, dans lesquelles
chaque élève sera suivi individuellement. Il faut aussi apprendre aux
enseignants à mieux gérer la violence et à travailler avec les familles.
De meilleures conditions sociales
doivent enfin être offertes aux ménages si l’on veut que la violence soit
réellement éradiquée et il faut que les écoles assurent une véritable mixité
sociale. On doit lutter contre la violence partout, à tous les niveaux.
Mme ANDERSEN (Norvège) – Je
salue ce rapport. La violence scolaire concerne les droits de l’homme. Nous
devons veiller à ce que les enfants scolarisés se sentent en sécurité.
Madame la présidente je veux aussi
réagir à l’intervention de M. Donaldson qui
pense que le problème est plus aigu dans les familles monoparentales ou
pauvres. Je suis en complet désaccord avec cette observation. Ce n’est pas vrai
du tout: le problème existe aussi dans les classes sociales plus aisées. Il est
important de rappeler que l’existence d’enfants exposés à la violence au sein
de la famille, peut arriver partout. On doit donc garantir leur sécurité à
l’école et dans les familles.
On a parlé des conséquences pour les
victimes qui, bien sûr, sont graves. Pour les garçons cela est encore plus
grave parce que bon nombre d’entre eux finissent derrière les barreaux, ruinent
leur vie et celle de leurs familles.
Les enfants ont le droit de
fréquenter une école sans violence. Cela est prévu non seulement dans
Nous avons aussi développé des
manuels à l’attention des enseignants car il est difficile de prévoir des
dispositions précises dans une loi. Comme l’a souligné ma collègue Mme Graham,
un manifeste contre les brimades et le harcèlement a été élaboré. J’ai apporté
la dernière page de ce document qui a été signé par le Premier ministre, les
fédérations qui travaillent avec les écoles, les autorités locales chargées de
l’éducation et les associations de parents. C’est-à-dire que les principaux
acteurs se sont engagés à appliquer ce manifeste contre les brimades et le
harcèlement à l’école. Nous envisageons aussi d’instituer un médiateur
indépendant.
Madame
En Norvège, un groupe parlementaire
est chargé des droits de l’enfant et l’association “Save The Children” a été créée à ce sujet. Des écoles peuvent
envoyer des élèves poser des questions au Parlement.
En 2010, le harcèlement et la violence à l’école étaient à l'ordre du jour de
ces échanges. Ces enfants nous ont donné bon nombre d’idées sur lesquelles nous
travaillons. Il s’agit d’une excellente initiative.
Plusieurs de mes collègues ont
évoqué la violence dans les loisirs. C'est important, car si les bonnes
expériences sont riches d’enseignement, les mauvaises le sont aussi. Si les
adultes ne savent pas s’abstenir, les enfants les imitent, parce ce qu’ils font
ce que nous faisons et pas ce que nous disons.
La
protection contre l’obésité et le diabète de type 2
Mme ANDERSEN (Norvège) – Je
donne mon appui à ce rapport important.
J’ai une question concernant
l’amendement n° 3 qui parle d’une action en faveur de l’aménagement des
temps de travail. En Norvège, quand on parle de l’aménagement du temps de
travail, il s’agit de travailler plus, le soir, tôt le matin, tard dans
l’après-midi. Cette question des horaires souples est très débattue sur le plan
politique. A quoi renvoie exactement cet amendement?
C'est le plus souvent aux femmes que
l'on demande de faire preuve de souplesse, tandis que les hommes ont les
emplois stables et les bonnes retraites!
Jeudi 14 avril 2011 à 10 heures
L’arrivée
massive de migrants en situation irrégulière, de demandeurs d’asile et de
réfugiés sur les rivages du Sud de l’Europe (débat selon la procédure
d’urgence)
Mme ANDERSEN (Norvège) au nom du Groupe pour la gauche
unitaire européenne. – Pour commencer, je souhaite indiquer que mon groupe
appuie ce rapport et remercie la rapporteure pour son
travail important. Le droit de demander asile est un droit humain fondamental,
qui ne peut être suspendu sous aucun prétexte. Nous devons respecter
Dans son édition d’hier, le Herald
Tribune affirme que l’immigration sape la cohésion européenne. Il est utile
de rappeler, comme l’ont fait la rapporteure et hier
M. Hammarberg, qu’une pression constante s’exerce
actuellement sur Malte, l’île de Lampedusa et sur tous les pays de la région,
qui reçoivent un nombre croissant de réfugiés sur leur territoire. Je demande
donc au Secrétaire Général, au Président de l’Assemblée, au Comité des
Ministres et au Conseil européen de prendre des mesures rapides afin de mettre
en place un organe capable d’organiser le partage des responsabilités. Tous les
pays européens, et pas seulement ceux de l’Union européenne, doivent participer
à la création de cet organe. Mon pays n’est pas membre de l’Union européenne
mais souhaite assumer sa part de responsabilité, au même titre que les autres
pays riches de l’Europe.
Je remercie la rapporteure
d’avoir traité les causes profondes du phénomène de migration. Chaque pays doit
apporter son soutien au HCR, qui fait beaucoup pour aider les réfugiés revenus
dans leur région d’origine.
Nous demandons par ailleurs des
modifications au règlement de Dublin, tout comme le demande également le
Parlement européen. Ce processus sera sans doute long or il est important
d’agir dès maintenant.
La
situation en Afrique du Nord (débat d’actualité)
M. KOX (Pays-Bas) au nom du Groupe pour la
gauche unitaire européenne. – Lors de la réunion de
L’histoire est en train de s’écrire
dans ces pays. Les citoyens ont décidé de mettre un terme à des régimes qui ont
bénéficié pendant trop longtemps du soutien de trop de pays européens. Nous
devons faire preuve d’humilité et créer de nouvelles relations avec ces
démocraties émergentes. L’époque du colonialisme est révolue : ce sont ces
peuples qui vont déterminer leur avenir, même si nous ne savons pas encore ce
qu’il sera par exemple en Syrie, en Libye ou au Yemen,
là où les dictateurs n’ont pas compris qu’ils appartiennent à l’histoire et que
l’avenir appartient à d’autres.
L’histoire est en train de s’écrire
dans le monde arabe par le biais de poèmes, de chansons et de manifestations
pacifiques. Malheureusement, elle s’écrit aussi en lettres de sang. Je souhaite
rendre hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour la démocratie, les
droits de l’homme et l’Etat de droit, c’est-à-dire les valeurs que nous
partageons au sein du Conseil de l’Europe, et envoyer tout notre soutien à tous
ceux qui ont participé à ces mouvements. Nous remercions également
Ce que nous pouvons faire, c’est
favoriser le Partenariat pour la démocratie. Les Parlements du Maroc et de
A l’heure actuelle, le résultat de
ces mouvements n’est pas encore clair en Egypte, en Tunisie et moins encore en
Libye.
C’est le printemps dans le monde
arabe, comme ici. Envoyons-leur tout notre soutien et nos vœux de succès et
offrons-leur le soutien nécessaire.
Jeudi 14 avril 2011 à 15 heures
La peine
de mort dans les Etats membres et observateurs du Conseil de l'Europe – Une violation
des droit de l'homme
Mme FRAHM (Danemark)
au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne.–
Tout d’abord, je remercie Mme Wohlwend
qui a travaillé sans relâche sur cette question pour rédiger le rapport qu’elle
nous a présenté. Je remercie également M. Mayor Zaragoza
d’être présent parmi nous, de participer à notre débat et de mener ce combat.
C’est un grand succès pour le
Conseil de l’Europe: alors que les Etats membres abolitionnistes n’étaient au
départ qu’une poignée, tous ont aujourd’hui mis un terme à l’application de la
peine de mort, même si l’un d’entre eux ne l’a pas encore aboli officiellement.
Nous lui rappelons d’ailleurs qu’il faut abolir la peine de mort et ne pas se
contenter d’un moratoire.
Certains citoyens pensent que l’application
de la peine de mort est nécessaire pour lutter contre la criminalité. L’Europe
a cependant prouvé que le recours à ce châtiment moyenâgeux ne sert à rien.
Bien au contraire, il existe un lien direct entre la cruauté des sanctions
infligées par certains pays et les difficultés rencontrées dans la lutte contre
le crime, quand bien même certains pensent que c’est la cruauté des sanctions
qui facilite la lutte contre le crime.
Le droit de vivre est un droit de
l’homme essentiel, et la lutte contre la peine de mort doit se poursuivre. Je
demande instamment au Comité des Ministres de coopérer avec l’Assemblée
parlementaire afin de remettre sur la bonne voie le dialogue entamé sur cette
question avec le Bélarus. Nous devons convaincre ce
pays de revenir au sein de la famille européenne. Si une feuille de route est
nécessaire pour y parvenir, cela ne doit jamais se traduire par des
compromissions en matière de droits de l’homme. Nous devons aider à la
construction au Bélarus d’un régime démocratique où
prévalent l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme.
S’agissant des pays observateurs, je
demande également au Comité des Ministres de faire pression sur les Etats-Unis
et le Japon, deux pays à la population extrêmement éduquée. Il faut les convaincre
qu’il n’y a pas de raison de recourir à ce châtiment moyenâgeux.
Renforcer
les mécanismes de prévention de la torture en Europe
FRAHM (Danemark) au nom du Groupe pour la
gauche unitaire européenne. - Merci au rapporteur pour son travail. La lutte
contre la torture doit être permanente. C’est pourquoi il est important que
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe apporte tout son soutien aux
travaux du CPT, ce qui revient également à seconder le Conseil de l’Europe
lorsqu'il défend les droits de l’homme.
Le problème, tient au fait que les
Etats membres ne semblent pas tenir compte des rapports du CPT. J’en donne un
exemple qui, malheureusement, n’est pas le seul: les déclarations publiques
concernant
J’appelle donc le Comité des
Ministres à reconnaître les travaux du CPT et à admettre qu’il y a bel et bien
torture. Je rappelle aussi qu’en l’ignorant, il participe à alourdir encore la
charge de
Je vous rappelle enfin que, lorsque
nos gouvernements coopèrent avec les autorités de pays qui ont recours à la
torture, ou qu’ils utilisent les informations que ces pays ont obtenues dans le
cadre de la lutte contre le terrorisme, ils font reculer la lutte contre la
torture. N’oublions pas qu’il est de notre devoir, en tant que parlementaires
nationaux, de nous assurer une fois de retour chez nous que les belles paroles
prononcées ici deviennent réalité.
Vendredi 15 avril 2011 à 10 heures
L’eau :
une source de conflits
M. PAPADIMOULIS (Grèce) au nom du
Groupe pour la gauche unitaire européenne. – Je veux tout d’abord
remercier M. Marquet pour son rapport exemplaire. En tant que citoyen d’un pays
méditerranéen, je suis particulièrement sensible à la question primordiale de
l’eau. L’eau est une ressource limitée et l’accès à l’eau potable est
effectivement un droit humain fondamental.
La proposition concernant le
protocole additionnel à
Enfin, le président qui succédera à
M. Lotman à la tête de la commission de
l’environnement, de l’agriculture et des questions territoriales, devra, avec
l’ensemble des membres de cette commission, s’efforcer de promouvoir, dans
l’ensemble des Etats membres du Conseil de l'Europe, l’ensemble des mesures ici
préconisées.
L’eau doit rester une source de vie,
et non une source de conflits.
M. LOTMAN (Estonie), président de la commission de
l’environnement, de l’agriculture et des questions territoriales* – Monsieur
le Président, je tiens, en tant que président sortant de la commission, à
remercier le rapporteur pour ses travaux en faveur de la défense de l’eau.
Je veux également relever les propos
de M. Chope, non parce que je suis d’accord avec lui, mais parce que sans
détracteur, il n’y a pas de débat !
M. Chope se pose la question de
savoir si la question de l’eau doit être débattue au sein du Conseil de
l'Europe : oui, monsieur Chope, le droit à la santé, le droit d'accéder à
l’eau font partie des droits fondamentaux. On ne peut pas vivre sans eau
potable. Voyez d'ailleurs les conséquences dramatiques d’une pénurie d’eau
potable en Afrique. Il est évident que si l’on reconnaissait l’accès à l’eau et
à l’assainissement comme des droits fondamentaux pour l’être humain, cela nous
aiderait beaucoup. Et si l’on ne peut pas limiter la libre expression, on peut
en revanche limiter les quantités d’eau consommées par chacun. On aurait
d’ailleurs sans doute besoin d’une convention paneuropéenne pour rendre les
choses plus claires.
J’invite donc chacun d’entre vous à
militer davantage dans son pays en faveur de la cause de l’eau, tout en étant
plus actif sur la scène internationale.
Je remercie une fois encore le
rapporteur, tous les membres de la commission ainsi que tous les collègues qui
ont participé à ce débat.
Problèmes
liés à l’arrivée, au séjour et au retour d’enfants non accompagnés en Europe
Mme FRAHM (Danemark) au nom du
Groupe pour la gauche unitaire européenne. – Je remercie notre rapporteure pour ce rapport splendide et cet excellent
travail. Les quinze principes de sa résolution mettent bien l’accent sur les
points qui comptent.
Je dois avouer ma surprise que ce
rapport soit l’avant-dernier de notre ordre du jour, le dernier étant consacré
aux femmes migrantes. Il semble bien que, dans cette Assemblée, les femmes et
les enfants viennent toujours en dernier ! Je crois, Monsieur le
Président, que vous devriez en parler au Bureau : chaque fois que nous
avons un débat sur les droits des femmes ou des enfants, il a lieu à la fin de
la partie de session et nous parlons devant un hémicycle quasiment vide. Il est
important que vous souleviez cette question au Bureau. Après tout, nous parlons
là d’un sujet central dans les travaux et activités du Conseil de
l’Europe : puisqu’il est question des droits de l’homme, ici des droits
des mineurs, thème qui devrait nous intéresser plus que toute autre chose, me
semble-t-il, dans cette Assemblée.
S’il est important d’en parler,
c’est parce que, comme cela a été souligné, les enfants sont traités de façon
très différente dans nos Etats membres. Dans mon pays, j’ai entendu des responsables
politiques parler des enfants comme « des agents ». Ces mineurs non
accompagnés viendraient comme agents de reconnaissance, comme têtes de
pont : d’abord eux, puis leur famille, puis leur village. Voilà ce que
j’ai entendu de la part de certains hommes politiques de mon pays !
Pendant
Pouvons-nous expulser un enfant qui
se trouve chez nous depuis l’âge de douze ans à sa majorité, simplement
parce qu’il vient d’avoir dix-huit ans ? Pouvons-nous le renvoyer ou l’envoyer
dans un pays qu’il ne connaît pas et avec lequel il n’a aucune attache ?
J’appuierai ce rapport et j’espère que tout le monde fera de même.
Protection
des femmes immigrées sur le marché du travail
Mme FRAHM (Danemark), rapporteure de la commission des migrations, des réfugiés
et de la population*– Monsieur le Président, je souhaite que ce rapport,
examiné en dernier par l’Assemblée, ne soit pas considéré comme le dernier en
importance. Votre prédécesseur au fauteuil présidentiel a promis que, à
l’avenir, une plus grande priorité serait accordée à ce genre de sujet et qu’il
ne serait plus inscrit en toute fin de l’ordre du jour, le vendredi,. Il est regrettable que les femmes migrantes, le groupe le
plus vulnérable en Europe, et les enfants, autre groupe vulnérable, soient les
deux derniers sujets de la partie de session.
Je tiens à remercier tous ceux qui
ont contribué à nos travaux. Le personnel du Conseil de l’Europe nous a
largement aidés. L’Office international des migrations, à Londres, a facilité
la tenue des réunions. Je remercie aussi les ONG et les réseaux qui ont
facilité l’échange de travaux, les confédérations syndicales, les organisations
patronales, les responsables gouvernementaux, les responsables des
collectivités territoriales et tous les autres acteurs rencontrés à Londres. Je
remercie enfin Mme Circene, la rapporteure de la commission sur l’égalité des chances pour
les femmes et les hommes, pour son rapport, ainsi que les membres de la
commission pour les amendements proposés.
Les droits humains, la démocratie,
la primauté du droit sont les grands sujets traités par le Conseil de l’Europe.
Quoi de plus central que de protéger les migrantes sur le marché du
travail ?
Des rapports des Nations Unies
estiment que plus de 50 % des 69 millions de migrants en Europe sont
des femmes. On peut considérer cela comme un problème, mais on peut aussi
estimer que c’est une victoire. Cela montre en effet que, aujourd’hui, les
femmes, de plus en plus, prennent leur vie en main. Elles ne se contentent plus
d’attendre l’action de leur famille ou de leur mari ; elles prennent
l’initiative de partir à la recherche d’un emploi, de chercher le bonheur et
des ouvertures. Néanmoins comme toujours, il manque des règlements sur le
terrain. Le statut juridique des femmes les rattache souvent à leur mari. Les
droits, les possibilités, la marge de manœuvre des migrantes dépendent de leur
famille et de leur mari.
Les migrantes remplissent
généralement des tâches censées être propres à la femme comme la prise en
charge des enfants, les soins de santé, la garde des enfants ou des personnes
âgées handicapées, activités très lourdes et mal rémunérées. C’est pourquoi
nous demandons dans le rapport que nos gouvernements agissent en faveur de
l’élaboration d’une nouvelle convention de l’Organisation internationale du
travail, en particulier en ce qui concerne le travail ménager, afin que ces
emplois deviennent plus sûrs, tant pour les femmes migrantes que pour les
autres.
Même les femmes bénéficiant d’une
éducation secondaire et universitaire sont obligées d’accepter des tâches sans
qualification. Leurs compétences, leur éducation et leurs potentiels sont ainsi
perdus ou gâchés. Nous devons nous pencher sur la situation des femmes éduquées
qui, malgré l’immigration, devraient pouvoir valoriser leurs diplômes.
La crise économique, les coupes
budgétaires réduisent aussi les possibilités pour les migrantes. Les femmes
sont déjà les premières victimes des coupes budgétaires dans notre société,
mais les migrantes sont frappées encore plus durement. C’est pourquoi nous
devons appeler l’attention sur la situation des femmes sur le marché du
travail, en particulier des femmes migrantes. L’accent doit être mis sur l’accès
à la formation, sur la nécessité d’un statut et de droits indépendants pour les
femmes.
J’arrête là mon introduction, car je
suis persuadée que vous avez pris connaissance du rapport. Je répondrai par la
suite volontiers à vos commentaires.
Mme ANDERSEN (Norvège)
au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne – Je remercie Mme
Frahm pour ce rapport, qui est d’une grande
actualité. En évoquant la situation des migrantes et des femmes, il présente un
caractère universel des droits de l’homme.
En temps de crise économique, bien
des pays riches ou des personnes à haut revenu ne sont pas prêts à verser des
revenus décents pour un travail qui l’est moins. Telle est la situation à
laquelle sont confrontées les femmes migrantes.
J’apporte mon plein accord à la
proposition d’une convention de l’OIT sur les personnes travaillant dans les
foyers, tant il est vrai que cette question n’est pas réglementée dans de
nombreux pays et que ces travailleurs sont les plus exploités de par le monde.
Pourquoi les bonnes pratiques
sont-elles si peu nombreuses ? En effet, les bons exemples sont rares et
la réglementation quasi inexistante. En Norvège, des lois sur le travail décent
s’appliquent à tous, mais les femmes qui font un travail domestique échappent à
l’examen des syndicats comme des inspecteurs du travail. C’est pourquoi il me
semble très important que nous soutenions toutes les organisations qui
défendent ces femmes, car elles en sont proches. Il est important que les
femmes migrantes aient un statut distinct, individuel donc détaché de celui de
leur époux.
A la suite de l’intervention de Mme
Woldseth, je reviens sur le problème des femmes
migrantes qui ont épousé un homme violent. Les Norvégiens épousent une femme en
Russie, en Thaïlande, aux Philippines, qui se retrouve coincée dans un mariage
où elle fait l’objet d’abus pendant trois ans avant de pouvoir accéder à un
statut individuel, sans compter que ces femmes sont seules dans leur combat. Ce
problème doit aussi être envisagé.
M. FRAHM (Danemark), rapporteure – On
m’a demandé de multiplier les bons exemples, je répondrai donc.
A l’exception du cas des femmes
diplômées que l’on fait venir parce que l’on recherche leurs compétences, les
bons exemples sont rares. Des possibilités sont ouvertes par
Pour reprendre l’interrogation de
notre collègue norvégienne : quid de l’apprentissage de la
langue ? Ces femmes sont prisonnières chez elles, soit parce qu’elles ne
peuvent sortir, soit encore parce qu’elles sont accaparées par leurs tâches
domestiques et n’ont donc pas le temps de suivre des cours. Au Danemark, suivre
des cours de langue est d’ailleurs très coûteux. Je crains donc que rares
soient les femmes en mesure d’obtenir un permis de séjour ou de travail, parce
qu’elles auraient acquis les connaissances nécessaires.
Mme FRAHM (Danemark), rapporteure – Je remercie les membres de
l’Assemblée d’avoir réservé un si bon accueil à ce rapport et de soutenir ses
différentes propositions, particulièrement celle qui concerne
Je partage la position de notre
collègue norvégienne. Pour ce qui est de l’accès à des cours de langue ;
ils sont nécessaires au même titre qu’une assistance juridique et que la
reconnaissance des droits individuels. On ne doit pas oublier par ailleurs la différence
entre intégration et assimilation.
Lorsque j’ai été désignée rapporteure, je pensais pouvoir disposer de deux années
pour produire ce rapport. En réalité, nous n’avons eu que deux mois, ce qui a
nous empêchés de trouver plus d’exemples et d’études sur notre sujet. Nous
avons tout de même abouti à un travail honnête, dont l’Assemblée peut être
fière.