Discours juin 2007
Lundi 25 juin 2007
à 15 heures
Rapport d’activité du Bureau et de
M. PLATVOET (Pays-Bas) (Interprétation) souligne que la commission ad
hoc sur les élections en Arménie a en premier lieu
constaté d’importants progrès par rapport aux
élections précédentes, qui avaient été
vivement critiquées par la communauté internationale. Les
autorités arméniennes ont en fait bien compris que ces
élections étaient un moyen de montrer leur capacité
politique à organiser des élections véritablement
démocratiques, conformes aux principes du Conseil de l’Europe,
dont ce pays est membre. Ainsi ont-elles veillé à une composition
plus équilibrée des commissions électorales à tous
les niveaux, à une couverture médiatique plus équitable
des activités des différents partis, à une meilleure
formation du personnel des bureaux électoraux ainsi qu’à
l’établissement, pour la première fois, de listes
électorales centralisées et informatisées.
Le vote s’est
déroulé dans une atmosphère plutôt calme, comme cela
a été observé dans 94% des bureaux de vote
surveillés. Néanmoins, des rumeurs de corruption et de fraude ont
circulé le jour des élections, bien que deux cas seulement aient
été avérés. Un certain nombre d’observateurs
ont toutefois eu le sentiment qu’il se passait plus de choses
répréhensibles que l’on n’a pu en prouver.
Le décompte des votes a suivi
une procédure compliquée et bureaucratique qui a pris des heures,
à tel point que de nombreux observateurs internationaux ont dû interrompre
leur travail avant de l’avoir mené à bien. Dans 20% des
bureaux observés, les commissions ont eu du mal à boucler le
processus et des erreurs significatives ont été relevées
dans 8% des bureaux.
En raison de la lenteur des
opérations de comptage, la récapitulation des votes n’a pas
pu avoir lieu avant la conférence de presse conjointe; 35% des
observateurs ont jugé ces opérations inacceptables.
La publication des résultats
sur internet a également été très lente, en
particulier à Erevan, avec un trou de huit heures entre la fin du
décompte et la publication. Au total, les résultats
définitifs ont été annoncés par la commission
centrale électorale une semaine après l’élection, trois
membres de cette commission et l’ensemble des partis d’opposition refusant
de signer le protocole final.
Dans ces conditions, force est de
constater que ces problèmes jettent une ombre sur la première
impression positive. Des améliorations doivent être
apportées au Code électoral, en particulier en ce qui concerne les
procédures de réclamation et d’appel. Les importants
problèmes de la commission centrale minent la confiance du public dans
le processus électoral et permettent aux rumeurs de fraude de se
développer. Une publication immédiate des résultats sur
internet est nécessaire pour garantir la transparence. Des mesures
législatives doivent être prises pour garantir une plus grande
transparence financière des partis et des campagnes afin de ne pas
laisser croire que c’est l’argent qui guide les élections. (Applaudissements)
M. MELNIKOV (Fédération de Russie) (Interprétation)
indique que l’implantation de systèmes de radars anti-missiles
américains sur les territoires de
Discours de M. Hans-Gert PÖTTERING,
Président du Parlement européen
M. KOX (Pays-Bas) (Interprétation) se
félicite de la présence du Président du Parlement
européen, qui dispose de fonds abondants contrairement à
l’Assemblée parlementaire. M. Gusenbauer a estimé que
le projet de constitution avait été rédigé au plus
fort de la vague favorable à l’intégration
européenne, et que la situation, depuis, avait changé.
M. Pöttering partage-t-il vraiment cet avis? Et que pense-t-il de
l’écart grandissant entre les différents dirigeants du
Parlement européen? Enfin, considère-t-il que
l’organisation de référendums est souhaitable dans chacun
des pays de l’Union?
Mardi 26 juin 2007 à
10 heures
Image des femmes dans la
publicité
M. SIGFÚSSON (Islande) (Interprétation), s’exprimant
au nom du Groupe GUE, souligne que si de nombreuses personnes travaillent sur
ce sujet, les résultats ne sont pas très bons et qu’il
importe donc que le Conseil de l’Europe comme les autres organisations
poursuivent leur action.
Souvent la publicité nuit
à l’image de la femme. Combattre ces dérives est partie
intégrante de la lutte pour l’égalité totale entre
les hommes et les femmes. Il faut aussi dénoncer les traitements
humiliants, réservés aux femmes dans le monde des affaires et
particulièrement de la publicité, où les femmes sont
présentées comme des objets sexuels pour faire vendre des
voitures ou de la bière. Comment accepter que Coca-Cola fonde toute sa
campagne pour son nouveau produit sur une série d’images
très négatives de la femme? Combattre les images
dégradantes de la femme est une question de droits humains et chaque cas
cité dans le rapport est un exemple de violation de ces droits. Il faut
garder cela présent à l’esprit, tout comme le fait que la
frontière entre nudité, pornographie, exploitation de la femme
comme objet sexuel, est facile à franchir. Il faut noter que la publicité
utilise des femmes de plus en plus jeunes.
En tant que féministe,
l’orateur se félicite de la présentation de ce rapport qui
a le grand mérite de montrer à quel point tout ceci est
dégradant. Le Conseil de l’Europe est sur la bonne voie lorsqu’il
s’attaque à ce problème tout en l’inscrivant dans sa
démarche générale en faveur des droits humains. (Applaudissements)
Féminisation de la
pauvreté
M. PLATVOET (Pays-Bas) (Interprétation), intervenant au nom du Groupe
GUE, observe que le thème de la féminisation de la
pauvreté paraît moins mobiliser les parlementaires que celui des
inégalités entre les hommes et les femmes.
Au-delà de
l’inégalité dans l’accès au marché du
travail, c’est aussi de l’inégalité salariale
qu’il faut parler: on est loin de l’application de la maxime
«à travail égal, salaire égal». Les syndicats
et les mouvements de femmes doivent combattre ces discriminations.
Comme l’a souligné
M. Hancock, il ne suffit pas de condamner la féminisation de la
pauvreté, il faut mettre en œuvre des mesures concrètes
comme celles que préconise la rapporteure. Il est d’autant plus
urgent de combattre cette pauvreté qu’elle a des effets sur les
conditions de vie des enfants dont elle limite la possibilité
d’accéder à une vie normale. Les discriminations dans
l’accès à l’éducation et aux soins doivent
être bannies.
On parle souvent des
inégalités dans le secteur privé, mais qu’en est-il
de la fonction publique? L’Etat devrait donner l’exemple à
l’ensemble de la société.
Le Groupe GUE soutient toutes les
propositions destinées à prévenir la féminisation
de la pauvreté ainsi que toutes celles qui visent à
l’égalité des droits sociaux et, plus
généralement, tout ce qui permet d’améliorer la
situation des hommes comme des femmes défavorisés. (Applaudissements)
Dimension sociale de l’Europe
M. KESKIN
(Allemagne) (Interprétation), s’exprimant au nom du groupe
de
Pourtant, l’Europe se
démarque puissamment d’autres régions du monde en ce
qu’il y existe un Etat social caractérisé par
l’existence d’une sécurité sociale, du droit à
la syndicalisation et de la protection des plus pauvres. La justice sociale est
la marque d’une qualité de vie particulière dans des Etats
civilisés, mais ces acquis n’ont pas été offerts sur
un plateau d’argent; il a fallu lutter durement pour les conquérir
et l’on ne peut que déplorer la progression des idées
libérales. Les privatisations ont conduit à la constitution de
monopoles, si bien que la concurrence tant vantée ne reste qu’un
vain mot. Plus de 90% de la production et de la distribution
d’électricité en Allemagne est maîtrisée par
quatre groupes seulement, et la même tendance vaut pour le pétrole
et le gaz.
Alors que les privatisations
devaient profiter aux citoyens – c’est ainsi que la
libéralisation leur a été vendue, on constate que les prix
de l’énergie ne cessent de croître. Les Européens
veulent la justice sociale. Il convient donc d’empêcher le dumping
social en accordant les mêmes droits à tous les travailleurs,
migrants compris. Cela devrait être une évidence.
Mardi 26 juin 2007
à 15 heures
Moratoire sur la peine de mort
Mme SINISCALCHI (Italie) (Interprétation) s’exprimant
au nom du Groupe pour
L’abolition
générale est presque effective en Europe. On ne peut en douter,
l’Europe parlera d’une seule voix lors de l’Assemblée
générale des Nations Unies pour demander l’abolition universelle
avant la tenue des jeux olympiques de 2008 à Pékin.
L’oratrice, tout en
étant fière du rôle joué par son pays, rend hommage
aux ONG. Elle tient aussi à rappeler l’importance du rôle
joué par les ONG. En conclusion, elle insiste sur le rôle des
parlements. En Italie, par exemple, le gouvernement était, au
début, d’une prudence manifeste, souhaitant un accord diplomatique
international avant de lancer une initiative. Deux motions votées
à l’unisson par le Parlement européen l’ont convaincu
d’agir sans tarder. L’oratrice se dit convaincue que
l’Assemblée appuiera le projet de résolution. (Applaudissements)
Banque européenne pour la reconstruction et
le développement (Berd): accent sur l’Europe de l’Est et du
Sud-Est
M. KYPRIANOU (Chypre) (Interprétation), intervenant au nom du Groupe
GUE, rappelle que
On observe aussi que les pays les
moins fortunés sont obligés de réduire leurs droits de
douane et les subventions qu’ils accordent à leurs productions, ce
qui profite aux produits eux-mêmes subventionnés par les
États-Unis ou par l’Europe. Il est quand même paradoxal que
les pays riches ne s’appliquent pas à eux-mêmes les
règles qu’ils imposent aux pays les plus pauvres, avec des
conséquences néfastes pour leurs économies.
Tout ceci ne doit pas conduire
à nier le rôle que joue
Mercredi 27 juin 2007 à
10 heures
Détentions secrètes
et transferts illégaux de détenus
M. LUND
(Danemark) (Interprétation), s’exprimant au nom du Groupe
pour
Pour se livrer à sa sale
besogne,
Le texte dévoile une autre
information de grande importance, en soulignant en son paragraphe 83 le
rôle actif joué par l’Otan dans ces affaires, mais aussi, en
son paragraphe 39, que tous les membres et partenaires de l’Otan, au
courant des pratiques de
L’orateur présentera,
au nom de
Mercredi 27 juin 2007 à
15 heures
Antisémitisme en Europe
Mme MEULENBELT (Pays-Bas) (Interprétation),
s’exprimant au nom de
Le sionisme est un mouvement
politique. De nombreux penseurs juifs, parmi lesquels Hannah Arendt et
Martin Bubber, ont exprimé leurs doutes sur la
légitimité de l’État Juif, qui ne constitue pas un
foyer sûr pour les Juifs. On ne peut évidemment pas les qualifier
d’antisémites. Le rapport gagnerait à approfondir cette
distinction entre l’antisémitisme et la critique de la politique
israélienne. Il dénonce l’antisémitisme de certains
politiciens d’extrême gauche, mais ne donne aucun exemple concret.
A-t-on le droit de s’interroger sur la légitimité
d’un État qui fonde sa spécificité sur un principe
ethnique? Est-on autorisé à s’interroger sur le respect des
droits de l’homme et de la démocratie en Israël?
La distinction entre
l’antisémitisme et la critique de cet État est fondamentale
pour deux raisons: dans son combat pour la défense des droits de
l’homme, le Conseil de l’Europe ne doit pas se laisser distraire
par de fausses accusations; par ailleurs, si l’on assimile toute critique
à de l’antisémitisme, on ne fera qu’affaiblir le
combat contre l’antisémitisme. Pour conclure, l’oratrice dit
qu’elle continuera à l’avenir à combattre
l’antisémitisme comme les injustices faites aux Palestiniens. (Applaudissements)
Réfugiés et
personnes déplacées
M. PLATVOET (Pays-bas) (Interprétation) s’exprimant au
nom du groupe de
Il faut, en premier lieu,
réunir les conditions rendant le retour des personnes
déplacées possible. Or, si l’on en croit Amnesty
international, les progrès accomplis sont minimes, les
problèmes de logement et les questions de propriété
n’étant toujours pas réglés. De plus, toutes les
communautés doivent être convaincues que la coexistence pacifique
est la seule solution durable.
On l’aura compris, beaucoup
dépend donc des femmes et des hommes politiques des pays
considérés. Comme ils sont représentés ici, une
réaction positive de leur part constituerait un premier pas
encourageant. Hélas! Aucun membre des délégations de
Croatie et de Monténégro ne s’est inscrit sur la liste des
orateurs. Toutes les délégations devraient pourtant intervenir
dans leur parlement respectif pour inciter vigoureusement à la mise en
œuvre des mesures proposées par la commission et, sans nul doute,
par l’Assemblée, car, comme les gouvernements, les parlements ont
un grand rôle à jouer pour améliorer la situation des
réfugiés et des personnes déplacées en Europe du
Sud-Est. Encore faut-il que chacun cesse d’utiliser l’histoire
comme une arme et s’efforce de contribuer à un accord politique,
démontrant ainsi son sens des responsabilités. (Applaudissements)
Jeudi 28 juin 2007 à 10
heures
Poursuites engagées pour
les crimes relevant de la compétence du Tribunal pénal
international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY)
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation), s’exprimant au nom de
Le rapporteur et Mme Del Ponte
parlent tous deux d’un manque de volonté politique, ce qui est
inadmissible. Il est inacceptable que le Gouvernement serbe ne livre pas les
fugitifs au Tribunal de La Haye. Quant à évoquer, comme
l’a fait M. Jeremic, les difficultés rencontrées par
les Etats-Unis pour localiser Ben Laden, c’est un peu facile. Un
engagement clair est nécessaire; s’il ne se traduit pas en
pratique dans les six mois, des conséquences devront en être
tirées. Le Conseil de l’Europe doit exhorter le Conseil de
sécurité à trouver une solution. Dans le même temps,
les Tribunaux nationaux ont un rôle à jouer, avec l’appui de
la communauté internationale.
Comment prévenir la
cybercriminalité dirigée contre les institutions publiques des
Etats membres et observateurs?
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation), qui s’exprime au nom de
Jeudi 28 juin 2007
à 15 heures
Communication du Comité
des Ministres à l’Assemblée parlementaire
M. Kox,
Demande au Président du Comité des Ministres,
Quelle est, du point de vue du Comité des Ministres,
la situation en Serbie en matière de droits de l'homme”.
M. KOX
(Pays-Bas) (Interprétation) constate une évolution récente
favorable mais il s’inquiète de l’influence croissante des
oligarques dans la vie politique serbe et demande au ministre s’il ne
pense pas que cela constitue une menace pour la démocratie.
Respect des obligations et
engagements de
M. PLATVOET (Pays-Bas) (Interprétation), intervenant au nom du
groupe GUE, souligne que Monaco est un des plus petits États
membres du Conseil de l’Europe et sans doute l’un des plus beaux
car, comme l’on dit souvent, small is beautiful…
Il s’agit bien sûr
d’un État remarquable, d’une petite ville, avec un grand
nombre de millionnaires, une grande majorité de non monégasques,
pas de chômage, un budget de l’État provenant à
17,5 % des revenus du jeu, une monarchie dont le Prince est le
véritable patron.
En 2004, Monaco est entré au
Conseil de l’Europe, il lui reste un grand nombre d’engagements
à respecter. Les deux questions les plus importantes ont trait à
l’influence de
Le traité de 2002 entre
Pour sa part, le parlement de Monaco
ne dispose pas des outils nécessaires à l’exercice du pouvoir:
il ne peut ni modifier le budget ni contrôler le gouvernement, qui
n’est pas obligé de répondre à ses questions. Il ne
dispose pas non plus du pouvoir entier de modifier les lois. En fait, tous les
pouvoirs demeurent dans les mains du Prince, qu’il s’agisse
d’accorder la naturalisation par ordonnance, d’incorporer les
conventions internationales dans la législation domestique ou de lutter
contre la criminalité. L’ancien chef de Cabinet du Prince a
d’ailleurs déclaré récemment: “la nation est
constituée autour du Prince, qui est plus qu’un simple chef de
l’État, il est une source d’inspiration pour tous les
monégasques”.
Le rapport dresse un tableau complet
de ce qui fait défaut mais le projet de résolution ne
paraît pas aussi déterminé qu’il aurait dû
l’être. C’est pourquoi les amendements déposés
par M. Jurgens doivent être soutenus.
On pourrait bien sûr se
demander pourquoi il est nécessaire de porter tant d’attention
à un micro-État comme Monaco, mais il ne saurait y avoir deux
poids, deux mesures. Monaco ou
Programme nucléaire de
l’Iran
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation), s’exprimant au nom de
L’examen du programme
nucléaire de l’Iran est-il réellement du ressort de l’Assemblée?
Ces questions ne relèvent-elles pas davantage de l’AIEA, des
Nations unies, de l’Union européenne et de
Il ne faut ni planifier des
opérations militaires contre l’Iran, comme certains pays semblent
s’y préparer, ni prêcher une politique d’apaisement
comme le fait l’Union européenne, mais aider les démocrates
iraniens. (Applaudissements)
Vendredi 29 juin 2007 à 10
heures
Dialogue interculturel et
interconfessionnel
Mme MEULENBELT (Pays-Bas) (Interprétation) apporte le
soutien du Groupe GUE aux deux rapports qui viennent d’être
présentés.
La façon dont les Etats
européens traitent la religion est d’autant plus importante
qu’un certain nombre d’entre eux sont confrontés à
des tensions. Aujourd’hui, il faut en particulier revoir la conception
même de la séparation des églises et de l’Etat.
Les migrants venus par vagues dans
un grand nombre de pays ont manifesté la volonté de conserver
leurs pratiques religieuses. Il faut donc travailler avec ces populations, en
particulier pour empêcher le recrutement des jeunes par les milieux
extrémistes. Il est en particulier précieux
d’établir des relations avec responsables des mosquées,
pour lutter contre des phénomènes comme les violences
domestiques, les mariages forcés et les crimes d’honneur. Ces
organisations peuvent aider les migrants à faire la différence
entre conservatisme religieux et religion. C’est aussi de la sorte que
l’on montre que la religion n’est pas contradictoirement la
démocratie, la liberté et l’égalité des
droits.
Les nouvelles communautés
d’immigrants ne sont pas suffisamment aidées à trouver leur
place dans la société. Cela tient en grande partie à des
malentendus sur la religion dans les pays d’accueil. La gauche doit faire
son autocritique: elle qui a toujours ouvert largement les bras aux immigrants
semble avoir aujourd’hui du mal à les accepter à cause de
leur religion. Elle a continuellement soutenu les mouvements
d’émancipation et de laïcisation et s’est
opposée au conservatisme, elle doit aujourd’hui prouver
qu’elle peut être politiquement ouverte tout en acceptant la religion
d’autrui.
L’éducation est une des
clés de la situation. Les pays d’accueil ont tendance à
concevoir l’intégration à sens unique, comme s’il
leur appartenait aux seuls migrants de s’adapter, alors que leur
participation complète à la société exige un
processus global incluant le dialogue culturel et religieux.
S’agissant des insultes et des
incitations à la haine, il faut tout d’abord rappeler
l’attachement à la liberté d’expression qui permet de
critiquer la religion et la façon dont elle s’exerce. Pour garder
intact le principe de tolérance, il ne faut pas céder sur les
droits de l’homme et sur les libertés. Mais les critiques contre
la religion sont souvent l’expression d’une nouvelle forme de
racisme et de méfiance contre des citoyens que l’on considère
comme étrangers même lorsqu’ils sont nés dans le
pays. Qui plus est, ces critiques sont souvent vues comme des menaces lorsque
la communauté visée se sent déjà menacée
dans plusieurs domaines. La frontière entre critiques de la religion et
incitation à la haine est souvent ténue: il convient donc de
poursuivre le dialogue et de comprendre pourquoi les populations
immigrées se sentent menacées.
Il faut agir sur deux fronts: non
seulement défendre la liberté de culte et d’expression, y
compris le droit de ne pas croire, mais aussi se préoccuper
sérieusement de ce nouveau problème de racisme qu’est
l’islamophobie. C’est seulement si les nouvelles communautés
se sentent soutenues dans la lutte contre le racisme qu’elles se
sentiront libres d’apprécier la liberté d’expression
et même le droit de critiquer la religion. (Applaudissements)