Discours juin 2009
Lundi 22 juin 2009 à 15h00
Communication
du Comité des Ministres
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation). – Je me félicite de la volonté de coopération que
vous venez d’exprimer, Monsieur le président du Comité des Ministres, et ce
d’autant plus que l’absence de coopération est l’une des causes de la situation
dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui concernant l’élection du
Secrétaire Général. Mais vu ce qui s’est passé, ne sommes-nous pas obligés,
vous et nous, de revoir nos positions et d’utiliser la coopération renforcée
que vous appelez de vos vœux pour résoudre le problème en septembre ? Ne
vaut-il pas mieux inclure qu’exclure ?
LE PRÉSIDENT. – La parole
est à M. le président du Comité des Ministres.
M. ŽBOGAR
(Interprétation). – J’ai rappelé tout à l’heure que le Comité des
Ministres avait pris sa décision concernant la liste restreinte à une majorité
écrasante : 40 voix contre 7 ! Alors que j’ai cru comprendre
qu’il n’y avait pas eu ce matin une majorité aussi importante dans l’hémicycle.
Je ne puis que répéter ce que j’ai
déjà dit. Nous sommes tous d’accord pour dire que le nouveau Secrétaire Général
devra être une personnalité qui donnera plus de visibilité au Conseil de
l’Europe, tant au sein de l’Europe qu’au-delà des frontières de celle-ci. Pour
ce faire, ce nouveau Secrétaire Général aura besoin des deux organes du Conseil
de l’Europe. Le Comité des Ministres a clairement montré qui avait son soutien
et a recommandé deux candidats, qui feraient l’un et l’autre un excellent
Secrétaire général. Il appartient maintenant à l’Assemblée parlementaire de
faire son choix entre ces deux candidats.
Rapport d’activité du Bureau de
l’Assemblée et de
M. KOX (Pays-Bas)
(Interprétation). – Je voudrais à mon tour féliciter M. Davis,
le premier et seul Secrétaire Général pour lequel j’ai voté, il y a cinq ans.
Même si nous n’étions pas toujours d’accord – mais est-ce possible, ou même
souhaitable ? –, je n’ai jamais eu à déplorer ce choix, qui prouve que
nous sommes capables de choisir la bonne personne.
Je remercie également le rapporteur
pour son rapport d’activité, qui met en évidence le temps considérable que nous
avons déjà perdu à délibérer de la procédure de l’élection du Secrétaire
Général, à un moment où l’Europe et le monde son confrontés à de si graves
problèmes. Au moment où nous avons à affronter ces grandes questions, il ne
faudrait pas que nous nous retrouvions paralysés par un problème
institutionnel. Le vote de ce matin et les promesses du président du comité des
ministres nous laissent cependant espérer une solution dans les mois à venir,
pourvu que nous nous souvenions que nous ne sommes pas seulement ici pour
identifier les problèmes, mais également pour les résoudre. Après ce vote, nous
devons tous, sans exception, reconsidérer notre position afin de parvenir à une
solution en septembre. Il ne s’agit en définitive que de trouver une personne
pour un job, aussi important soit-il.
Le Bureau a donc décidé que nous
souhaitons recueillir l’avis de la commission de Venise, composée de juristes,
certes rémunérés, mais qui constituent l’instance la plus prestigieuse pour
éclairer l’Assemblée parlementaire de ses conseils. J’invite l’Assemblée à la
consulter au plus vite, et j’espère que le comité des ministres fera de même,
afin que nous puissions enfin trancher ce problème.
M. Žbogar a fait à notre assemblée
d’autres propositions, de nature à lancer une véritable coopération propres à
résoudre, non seulement la question de l’élection du Secrétaire Général, mais
également toute une série d’autres problèmes importants pour ceux que nous
sommes censés représenter.
Parfois c’est de sagesse, et parfois
d’un miracle dont nous avons besoin. Pour ma part, j’en appelle à la sagesse de
la commission de Venise, de l’Assemblée parlementaire et du comité des
ministres, mais j’espère aussi un miracle : celui de voir en septembre la
première femme élue Secrétaire Général.
Mardi 23 juin 2009
à 10h00
Situation au Belarus
M. LOTMAN (Estonie) (Interprétation). – Chers
collègues, la question du Belarus est complexe et n’appelle pas de réponse
facile. Néanmoins, il est de notre responsabilité de trouver une issue, même si
cela est difficile.
Notre groupe a, hier, rencontré une
délégation du parlement du Belarus. Ces parlementaires ont essayé de nous
convaincre que leur pays est pleinement démocratique, à deux doigts de
rejoindre notre Assemblée en tant que membre à part entière. Plus ils parlaient
et moins nous y croyions. Cela dit, il ne faut pas non plus négliger le fait
que les prisonniers politiques les plus connus ont été libérés récemment. C’est
un premier pas dans la bonne direction, et nous le reconnaissons.
Nous voilà donc confrontés à un
dilemme : devons-nous attendre que ce pays réalise davantage de progrès ou
devons-nous réagir positivement aux progrès, modestes, déjà réalisés ? Ce
pays se trouve véritablement à la croisée des chemins et pourrait commencer à
emprunter la bonne voie. Si nous applaudissons trop tôt à ses progrès modestes,
cela pourrait inciter les autorités à se reposer sur leurs lauriers ; mais
si nous ne réagissons pas positivement, cela risque aussi de bloquer la
situation en braquant les autorités.
Après avoir pesé le pour et le
contre et nous être demandé s’il fallait restituer ce statut d’invité spécial
au Belarus, le Groupe pour
Il est essentiel que la mise en
œuvre de ces recommandations soit suivie de très près par le Bureau de notre
Assemblée et, au cas où il n’y aurait pas de progrès, que le statut d’invité
spécial soit suspendu. Nous souhaitons le meilleur pour le peuple du Belarus.
Nous resterons vigilants.
Discours de Mme Mary
McAleese, Présidente de l’Irlande
Mme FRAHM (Danemark)
(Interprétation). – Ma question porte sur l’avortement et sur le
traité de Lisbonne. Trouvez-vous normal que les négociateurs irlandais aient en
quelque sorte tenté de réduire le droit à l’avortement de toutes les
Européennes ? Ne pensez-vous pas que les femmes doivent pouvoir accéder
légalement à l’avortement, dans de bonnes conditions de sécurité ?
LE PRÉSIDENT. – La parole
est à Mme
Mme McALEESE (Irlande)
(Interprétation). – Je crois que j’ai déjà répondu. Que je sache, les
lois et les pratiques relatives à l’avortement varient beaucoup en Europe.
Chaque pays a ses propres dispositions. L’Irlande a les siennes. Autour de la
table européenne, tout le monde est égal. Il est normal que le gouvernement
irlandais ait défendu les principes constitutionnels et légaux auxquels les
Irlandais sont attachés.
Les dispositions concernant
l’avortement doivent être replacées dans un cadre plus général, en particulier
celui qui entoure les grossesses. L’Irlande est une championne des droits de la
femme et des droits de l’enfant.
Mardi 23 juin 2009
à 15 h 00
Les activités de
M. GEORGIOU (Chypre)
(Interprétation) – Monsieur Mirow, dans la récession financière
à laquelle nous faisons face actuellement,
Le développement unilatéral du
secteur privé en pleine crise pourrait encourager la relance isolée de
certaines unités d’entreprises, mais tel n’est pas l’objectif que nous visons :
nous voulons la relance de l’économie dans son ensemble. C’est la raison pour
laquelle nous voulons soutenir le secteur public et financier pour développer
simultanément l’initiative, ce qui suppose de retenir des critères efficaces.
Une relance rapide et durable doit être recherchée. Faute de l’atteindre, le
soutien se révélera inutile pour certains pays émergents, creusant le fossé
entre les pays.
Se fonder sur des mesures
démocratiques, maintenir le pluralisme, obtenir une bonne collaboration entre
les États et soutenir les efforts de tous côtés s’imposent. Les banques, bien
entendu, doivent y contribuer. La priorité doit d’être donnée à des produits de
grande consommation, sans oublier toutefois l’énergie, le développement des
entreprises et le système bancaire.
Parallèlement, il convient d’aider
certains pays, indépendamment des objectifs politiques et en évitant toute
ingérence, afin que leurs affaires intérieures fonctionnent de façon autonome.
Ce n’est qu’ainsi que nous obtiendrons de bons résultats en matière de
fonctionnement démocratique de ces pays.
Les PME sont les entreprises qui
souffrent le plus de la crise. Les pays qui en comptent un grand nombre doivent
avoir d’autres projets de financements, c’est-à-dire que les conditions et les
termes du soutien au PME doivent être différents. Ceux qui ont provoqué la
crise ne doivent pas en profiter. Quant aux victimes – les pays
émergents, les pays à lent développement –, elles doivent être assistées.
Il faut aider leurs peuples, changer de philosophie de financement et imaginer
de nouvelles conditions de remboursement, de nouvelles limites pour que ces
pays suivent la relance. Le Conseil de l’Europe a la possibilité d’intervenir
de manière déterminante en ce sens.
Les institutions
économiques face à la crise financière
M. ELZINGA (Pays-Bas)
(Interprétation). – Je remercie tout d’abord le rapporteur pour son
travail qui fait suite aux débats fructueux qui ont eu lieu en commission des
questions économiques. Une des causes directes de la crise tient au fait qu’il
a manqué une tutelle aux marchés financiers mondiaux. Il faut donc encourager
les institutions économiques et financières mondiales à mieux jouer leur rôle.
L’appât du gain a également été
déterminant. Par les rémunérations et les bonis servis dans le secteur
bancaire, on a encouragé les gens à prendre toujours plus de risques.
Les gouvernements, les banques
centrales et les autres institutions financières et économiques s’attachent
maintenant à relancer l’économie. Mais elles doivent veiller à ce que d’autres
bulles n’éclatent pas.
Il y a actuellement des
déséquilibres énormes dans le monde. Je pense notamment au fossé qui sépare les
travailleurs des pays riches et ceux des pays émergents. La mondialisation
néolibérale a creusé les inégalités, en même temps qu’elle exerçait une
pression vers le bas sur le niveau des salaires dans les pays les plus riches.
Une compagnie pouvait en effet réaliser des bénéfices plus importants en se
délocalisant ou en créant des filiales off shore.
La seule façon qu’ont eue les États-Unis et les pays d’Europe occidentale de
maintenir leur niveau de croissance a consisté en cette inflation du crédit qui
a déclenché la crise.
La mondialisation n’est pas une
mauvaise chose en soi, c’est la globalisation néolibérale qui fait des ravages,
car elle ne jure que par la privatisation et la déréglementation. C’est ainsi
que les institutions financières mondiales ont créé la crise. Le FMI ne résoudra
pas les problèmes de l’Islande ; il fait plutôt partie des problèmes de ce
pays.
Mon groupe est satisfait de voir que
le discours change quelque peu et que des mesures sont prises, même si elles
sont modestes. La suppression de l’indicateur sur l’emploi des travailleurs
dans le rapport « Doing Business » de
M. KESKIN
(Allemagne)
(Interprétation). – Monsieur le Président, mesdames, messieurs, mon
cher collègue Sasi, je vous félicite pour votre rapport que je trouve
particulièrement réussi.
La crise économique et financière
mondiale dont nous débattons aujourd’hui n’est pas une catastrophe naturelle.
C’est la conséquence d’une politique erronée. Si nous ne sommes pas prêts à
tirer les enseignements de cette crise, nous nous retrouverons très
prochainement confrontés à une véritable catastrophe.
Les gouvernements nationaux, les
organisations internationales telles que le Fonds monétaire international,
Jusqu’à présent, on a laissé faire
le marché. Il était de bon ton de ne pas freiner les marchés financiers et de
ne pas entraver la spéculation. Une série d’incitations fiscales fut créée pour
que les citoyens placent leur argent, notamment en vue de leur retraite, dans
ces fonds spéculatifs. C’est ainsi qu’est apparue la bulle. Puis, elle a
éclaté. Cette politique a fait la preuve de son échec et l’on se retourne
aujourd’hui vers l’État pour apporter des garanties, élaborer des plans de
relance et accorder des aides financières. Voilà le résultat de ce dogme du
laisser-faire ! Tous ceux qui ont adhéré à une telle philosophie et qui
l’ont pratiquée activement ont une part de responsabilité dans la crise. Ils
sont également responsables de la famine qui sévit dans le Tiers-Monde.
Mesdames, messieurs, le Fonds
monétaire international, dans son rapport de printemps, a chiffré l’impact de
la crise à 4 trilliards d’ici à la fin 2010. Il a révisé son chiffre qui
s’élevait précédemment à 2,2 trilliards. Telles sont les prévisions du
FMI. C’est dire que la crise est bien plus grave qu’il n’y paraissait jusqu’à
présent. Le trou est abyssal.
Les marchés financiers doivent faire
l’objet d’une vraie réglementation. Ils doivent être soumis à de véritables
mécanismes de contrôle. Le FMI,
Réexamen des pouvoirs de la
délégation ukrainienne
M. LOTMAN
(Estonie)
(Interprétation). – Chers collègues, nous nous trouvons dans la
situation où l’Ukraine, l’un des États membres du Conseil de l’Europe, n’a pas
donné de liste complète de candidats. Elle est représentée à l’heure actuelle à
Par conséquent, nous apprécions que
le projet de résolution propose, pour le moment, de confirmer les pouvoirs de
cette délégation. Cela semble un compromis prudent. Les Ukrainiens sont ainsi
rappelés à leurs obligations, tout en évitant une sanction disproportionnée à
l’encontre de la délégation ukrainienne. Pas encore, en tout cas, puisqu’il est
évident que ce compromis est temporaire et qu’il dépend du fait que l’Ukraine
s’acquitte de ses obligations. Certaines affirmations du projet de résolution
nous semblent encore un peu trop vigoureuses, mais c’est une question de style
et d’interprétation juridique. Le message essentiel de cette résolution est clair :
chacun doit faire ce qu’il a à faire, respecter les règles convenues, et nous
sommes tout à fait d’accord sur ce point.
Mercredi 24 juin 2009 à 10h00
Situation des droits de l’homme
en Europe : la nécessité d’éradiquer l’impunité
M. JACOBSEN (Norvège) (Interprétation). – Je
veux d’abord souligner combien il est important pour nous de consacrer une
journée entière à la situation des droits de l’homme en Europe, la promotion et
la protection de ces droits étant notre mission essentielle.
Nous appuyons les conclusions de cet
excellent rapport : il ne faut pas laisser impunies les violations graves
des droits de l’homme car une telle impunité est contraire à l’État de droit, à
la justice et à la responsabilité pénale, et à tout ce que défend le Conseil de
l’Europe.
En droit international, le concept
d’impunité vise les violations les plus graves des droits de l’homme, telles
que les génocides, les crimes contre l’humanité ou les crimes de guerre. Je
suis toutefois d’accord avec le rapporteur lorsqu’il affirme que l’impunité
doit être combattue par tous les moyens quelles que soient les violations des
droits de l’homme en cause.
Il y a consensus aujourd’hui pour
dire que les violations les plus graves doivent donner lieu à des enquêtes et à
des poursuites, le débat portant surtout sur les moyens de poursuivre les
auteurs de ces crimes. Ce consensus est historique, l’impunité étant la règle
jusqu’à la création du tribunal international chargé de juger les crimes commis
en ex-Yougoslavie. La création de
Le rapport se concentre à juste
titre sur les situations de conflits : les violations des droits de
l’homme sont fréquentes dans ces périodes. Il est difficile de juger
après-guerre de tels crimes, d’autant que leurs auteurs sont souvent parties
aux négociations de paix. Or notre objectif est double : nous voulons
concilier la paix et la justice sur la base du respect des droits de l’homme.
Ces deux objectifs sont liés, car il n’y a pas de paix durable sans justice, et
inversement.
La lutte contre l’impunité suppose
un engagement fort des acteurs concernées et une étroite coopération entre eux.
Il reste encore beaucoup à faire et c’est là une des tâches les plus exigeantes
de la communauté internationale, notamment du Conseil de l’Europe, dont la
contribution est essentielle dans ce domaine.
Je tiens pour finir à remercier
M. Cassesse pour ses propositions pragmatiques.
Mercredi 24 juin
2009 à 15h00
Situation des droits de l’homme
en Europe et l’évolution de la procédure de suivi de l’Assemblée.
Mme FRAHM (Danemark) (Interprétation). – Je remercie le
rapporteur pour son excellent travail.
Au cours des dernières années, nous
avons été témoins d’une multiplication des crimes xénophobes et de différentes
sortes de haine dans l’ensemble de l’Europe. En Lituanie, le gouvernement est
en train de faire voter une loi visant à condamner les informations sur
l’homosexualité ; tous les ans, la gay pride
a lieu sous protection policière. Les progrès en matière d’égalité entre les
sexes dans les pays scandinaves ne sont plus aussi rapides. La crise financière
semble, en outre, renforcer ces tendances négatives.
Les négociations entre l’Irlande et
l’Union européenne ont permis à l’Irlande de continuer à interdire l’avortement
en échange de son approbation du traité de Lisbonne. Cela montre bien que les
droits des femmes, qui ont été discutés au cours de nombreux débats dans cette
enceinte, doivent continuer à faire l’objet de notre attention. Nous ne pouvons
accepter que les droits de l’homme soient séparés des droits sexuels. La
présidente de l’Irlande a donné hier une réponse tout à fait décevante à la
question posée à ce sujet.
Je parlerai maintenant de
deux pays qui figurent dans le rapport.
D’abord, mon pays, le Danemark qui
fait l’objet de nombreux compliments dans le rapport, mais également quelques
critiques. J’espère que cette fois le gouvernement danois prendra ces
recommandations et ces critiques au sérieux, au lieu de jouer à l’enfant vexé
quand les rapporteurs du Conseil de l’Europe ne font que leur travail. Nous devons,
par exemple, améliorer les conditions offertes aux demandeurs d’asile dans
notre pays, en particulier lorsqu’il s’agit d’enfants ou de personnes malades.
Il est en outre inacceptable que le Danemark prévoie d’expulser des adolescents
vers l’Irak, un pays qu’ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la
langue. Je pense que le rapport est même trop bon pour le Danemark.
Ensuite,
Le rapporteur fait référence au fait
que notre Assemblée a demandé au gouvernement turc d’améliorer
Je rappelle enfin à mes collègues
que nous, parlementaires du Conseil de l’Europe, devons faire un effort
particulier pour relever l’importance des institutions et des conventions
européennes. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous reposer sur les
résultats obtenus par nos prédécesseurs. Les droits de l’homme méritent
davantage. Nous devons poursuivre les débats et faire avancer les choses
partout où ces droits ne sont pas respectés. Je vous remercie.
Peuples oubliés de
l’Europe : protéger les droits fondamentaux des personnes déplacées de
longue date
M. GEORGIOU (Chypre) (Interprétation). – Le
sujet en débat est très important, qui implique des violations sérieuses des
droits de l’homme et des libertés fondamentales, à savoir le problème des
personnes déplacées de longue date sur notre continent. On n’aurait pu trouver
de meilleur titre que celui trouvé par le rapporteur.
Ainsi que mentionné dans le projet
de recommandation, l’Assemblée a, à maintes reprises, exprimé sa préoccupation
devant l’absence de règlement du problème des personnes déplacées, constaté
dans onze des quarante-sept pays de notre Organisation.
Deux millions huit cent mille personnes ont été
obligées par la violence à abandonner leur foyer ancestral et à vivre loin de
leur terre d’origine, et ce entre quinze à trente-cinq années consécutives
en raison d’invasions, d’occupations, de conflits armés, en raison encore d’une
politique de nettoyage ethnique ou de différends frontaliers. Ces actes
illégaux ne doivent jamais créer de droits.
La référence à
trente-cinq années de déplacements concerne mon pays, Chypre, où après
l’invasion turque, 36,2 % de son territoire sont occupés depuis 1974, ce
qui a pour résultat 200 000 réfugiés grecs chypriotes, qui sont logés dans
des agglomérations qui leur sont destinées.
Plusieurs Grecs chypriotes réfugiés
ont constaté entre-temps que leur patrimoine et leurs habitations avaient été
bradées et faisaient l’objet d’une exploitation illégale par le régime d’occupation,
soit encore que ce patrimoine avait été cédé à des colons turcs qui avaient été
transférés illégalement de Turquie, en vue d’altérer la composition
démographique du pays.
Nous constatons des phénomènes
similaires dans les cas de personnes déplacées en Europe, en raison
d’invasions, d’occupation continue. M. Greenway devrait venir voir les
visages des mères qui recherchent leurs enfants qui ont disparu lorsqu’ils
avaient six ans. Il aurait pu parler de cette question comme il a parlé de
l’Azerbaïdjan.
Des personnes sont enclavées,
d’autres réfugiées. Mes compatriotes qui ont vécu la souffrance du
déracinement, comme moi-même, vivons avec l’amertume que notre problème a été
oublié, que les innombrables décisions des organisations internationales et les
appels de la communauté internationale quant au droit inaliénable de retour
dans le foyer ancestral sont restés lettre morte. La société européenne et
internationale doit sans ambiguïté et de manière résolue émettre le message
qu’elle n’accepte pas les violations des droits de l’homme, en ce qui concerne
le droit au logement, la libre circulation, la liberté de culte, l’éducation,
le droit au travail et les autres violations des droits civils des citoyens.
Cette Assemblée doit soutenir le
droit inaliénable de retour de ces personnes. Nous ne pouvons donc que
féliciter le rapporteur et nous espérons que son rapport troublera les eaux
dormantes et que notre Organisation respectera les principes des droits de
l’homme.
Fonctionnement des institutions
démocratiques en Arménie
M. JACOBSEN (Norvège) (Interprétation). – Je
suis heureux de voir que la démocratie progresse en Arménie. Dans le rapport
qui nous est fait, il est indiqué que les lois controversées relatives au droit
de manifestation et d’association ont été abrogées.
Il est certain que nos homologues de
la délégation arménienne ont effectué ensemble un immense travail. Il n’y a pas
de cela si longtemps, nous envisagions de suspendre leur droit de vote. J’avais
demandé au cours du débat qu’on accorde davantage de temps à l’Arménie et
souhaité que les responsables politiques du pays parviennent à résoudre les
problèmes quotidiens. Ils doivent œuvrer en faveur de la réconciliation et
mettre la démocratie en pratique.
Dans le débat d’aujourd’hui, nous
avons souhaité mettre un terme à l’impunité, nous avons appelé de nos vœux la
paix et la justice. Ces deux notions sont indissociablement liées. Si nous
parvenons à les mettre en œuvre en Arménie, ce serait une grande victoire.
Des moments difficiles nous attendent
encore. Mais ce rapport nous montre que tout est possible. Je félicite les
rapporteurs.
Jeudi 25 juin 2009
à 10h00
Situation en Iran, débat selon la
procédure d’urgence
M. LEMPENS (Pays-Bas) (Interprétation). – C’est
ma première intervention dans cet hémicycle et j’en suis fort honoré, d’autant
plus sur un tel sujet. Nous sommes ici à Strasbourg confortablement assis à
discuter de la démocratie et des droits de l’homme alors que des gens se
battent dans la rue en Iran pour les mêmes principes. Quel contraste ! Ce
sont de véritables héros. Ils sont l’espoir de leur pays. Ils en ont assez, ils
ont été abusés, ils veulent mettre un terme aux violations des droits de
l’homme et au mépris total du suffrage du peuple. Ils sont des centaines de milliers
dans la rue en Iran, soutenus par des dizaines de milliers ailleurs dans le
monde et j’espère que tous les représentants des parlements d’Europe vont les
soutenir.
Les seules réponses des autorités
iraniennes sont l’oppression et la violence. Les autorités arrêtent et tuent
leurs citoyens, qui ne font que défendre leurs droits. Nous ne le savons qu’en
regardant des images tremblantes sur internet, parce que les journalistes ne
peuvent pas faire leur travail correctement. Les mollahs iraniens ne veulent pas
que le monde voie ce qu’ils font à leurs citoyens. Tout le monde ici sera
d’accord pour condamner cette violence.
C’est la violation des droits de
l’homme et le mépris des élections qui sont l’essentiel de ce débat. Le
programme nucléaire est une question importante, mais il attendra. Les mollahs
ne doivent pas pouvoir s’appuyer sur notre résolution pour dire que nous nous
déchaînons sur l’Iran une fois de plus. Ils ne doivent pas pouvoir éviter de
rendre des comptes. Espérons que les pays de l’ouest, en particulier les
États-Unis et le Royaume-Uni, ont tiré les enseignements du coup qui avait été
monté en 1952 contre Mossadegh, le Premier ministre qui avait nationalisé le
secteur pétrolier iranien. L’ouest ne doit pas répéter ses erreurs, ni abuser
des protestations en cours pour poursuivre des intérêts égoïstes.
Les Iraniens s’opposent au régime en
place malgré ses violences. Le GUE appelle à un soutien massif et concret en
faveur des héros qui descendent dans la rue. Si le Conseil de l’Europe veut
conserver son droit de parole, il doit veiller aux fondations de ses
institutions et soutenir l’opposition en Iran avec une résolution forte et
claire. Nous pouvons faire encore plus : fournir nos conseils, apporter
tout le soutien possible aux représentants de l’opposition, les rencontrer,
leur donner la priorité. Le régime des mollahs a refusé de nouer le dialogue
avec nous. Nous devons aider au maximum ceux qui s’opposent à la dictature dans
leur lutte pour les droits de l’homme et la démocratie. Leur lutte est notre
lutte. C’est cela, la solidarité internationale, et la présente résolution doit
en être une illustration claire.
Mme FRAHM (Danemark)
(Interprétation). – Je vous promets d’être brève, monsieur le
Président.
Mes chers collègues, écouter Mme Nirenstein
et me sentir en parfait accord avec ses propos est une expérience rare. Il est
non moins rare que j’approuve ceux de mon Premier ministre, mais hier, au cours
de la réunion de la commission des Affaires étrangères de mon parlement, il a
qualifié l’Iran de « régime médiéval » et exigé la tenue de nouvelles
élections en présence d’observateurs internationaux, ce que je ne peux
qu’approuver.
Le régime iranien a toujours été
nocif et nuisible pour les femmes. Je regrette que le rapport ne dise pas
grand-chose du rôle des femmes. Ce rapport est un bon rapport, il mérite notre
appui, mais où sont les femmes ? Les jeunes générations en Iran
n’accepteront plus l’oppression. Elles veulent le changement. Elles attendent
un autre Obama. Leurs attentes sont très grandes. Ne les décevons pas.
Grâce aux technologies modernes,
nous avons accès à des informations sur les événements qui se produisent en
Iran. Nous ne devons plus attendre des semaines ou des mois. Il s’agit d’un
nouveau fait démocratique. D’ailleurs, les dictatures, dans le monde entier, de
Téhéran à Pékin, redoutent l’avancée des technologies. L’espoir croît et nous
devons tout faire pour soutenir ces efforts, notamment en exigeant de nouvelles
élections en présence d’observateurs internationaux. Il est de notre devoir
d’exiger de l’Iran qu’il respecte
J’espère que ce dialogue critique
avec l’Iran sera plus utile que par le passé. Le rapporteur demande
l’intensification des contacts. Je pense, pour ma part, que nous devons
demander des contacts d’une autre nature, pas simplement davantage, mais d’une
qualité différente. Ne décevons pas cet espoir nouveau qui a surgi à Téhéran.
Discours de M. Borut Pahor,
Premier ministre de
M. KOX
(Pays-Bas) (Interprétation)
– Monsieur le Premier ministre, vous le savez sans doute, mais
avant votre arrivée dans l’hémicycle, nous avons adopté un appel urgent lancé
aux autorités iraniennes au sujet des violences perpétrées à l’encontre du
peuple iranien qui est descendu dans la rue pour s’opposer au régime des
mollahs. Que peut-on attendre des gouvernements et du Conseil s’agissant des
événements tragiques qui se sont déroulés en Iran ? Avez-vous lancé un
appel aux mollahs, et lequel ? Quel appel allez-vous lancer au peuple
iranien ?
LE PRÉSIDENT. – La parole est à
M. Borut Pahor.
M. Borut PAHOR, Premier Ministre de Slovénie,
(Interprétation). – Comme vous et vos collègues, je suis de très près
l’évolution de la situation en Iran, un processus très important pour le
bien-être et la prospérité de l’ensemble de
En outre, nous, avec nos
responsabilités, nous devrions également contribuer à une résolution du
problème dans le sens voulu par nous. J’aimerais que l’Iran fasse preuve
d’ouverture au dialogue et recherche avec nous des solutions qui participent de
l’intérêt collectif. J’ai lu les déclarations de l’Union Européenne, celles du
Conseil de l’Europe, et apparemment, la communauté internationale est tout à
fait prête à nouer un dialogue pour réaliser les objectifs qui sont les nôtres
de paix, de prospérité et de bien-être. J’espère que tel sera le cas. Je suis
assez optimiste, comme vous, parce que cela me paraît important.
S’agissant par ailleurs de la
récession économique qui touche le monde entier, la situation est désormais
plus claire. En effet, on doit se mobiliser pour régler les problèmes qui ne
sont peut être pas liés directement à la récession, mais, en tout état de
cause, il faut régler ces problèmes dans le sens de notre intérêt collectif et
de l’établissement d’un monde pacifique.
Jeudi 25 juin 2009 à 15h00
Financement de la radiodiffusion
de service public
M. LECOQ
(France)
(Interprétation). – Monsieur le Président, mes chers collègues, je
tenais tout d’abord à saluer la qualité du travail que le rapporteur a mené sur
un thème extrêmement sensible. En effet, dans nos sociétés contemporaines où la
communication et en particulier la télévision sont omniprésentes, préserver la
radiodiffusion de service public constitue un enjeu majeur.
Bien entendu, le service public de
radiodiffusion est un organe institutionnel indispensable à l’équilibre de
notre vie publique, à condition de ne pas confondre la radiodiffusion de
service public et la radiodiffusion d’État ! Le rapport nous interpelle à
ce sujet, en un clin d’œil.
En premier lieu, le service public
de radiodiffusion contribue au bon fonctionnement de la démocratie. Par
ailleurs, il offre au plus grand nombre un large accès à l’éducation, à la
culture et au divertissement. Dans la perspective de renforcer la
radiodiffusion de service public, quels critères devons-nous retenir ?
D’abord, le principe de la gratuité de la diffusion des programmes audiovisuels
et de leur accès s’impose.
Quant au rôle du service public de
radiodiffusion, il se décline en deux missions. Il se doit d’offrir aux
citoyens une information impartiale et ouverte aux opinions politiques les plus
diverses possibles. Il doit proposer des programmes éducatifs, culturel et de
divertissement pour tous les types de public.
Cependant, afin d’être en mesure
d’exercer pleinement ses responsabilités, le service public de radiodiffusion
doit être protégé par des dispositions garanties par
S’agissant des ressources
financières, dans un paysage audiovisuel marqué par une concurrence commerciale
féroce entre fournisseurs de contenus audiovisuels et un marché publicitaire
quasi ultralibéral, seul le financement public permet de relever le défi qui
s’offre à nous.
Je tiens à souligner que les modes
de financement public des radiodiffuseurs varient en fonction des traditions et
des circonstances nationales. Il est en effet important de laisser suffisamment
de latitude aux États membres du Conseil dans l’application des principes que
nous avons définis en commun.
En contrepartie de ce financement
public qui, évidement, s’inscrit dans la durée, les radiodiffuseurs se doivent
de relever le défi de la qualité et de l’attractivité de la production
audiovisuelle. Il est urgent de mettre fin à « la dictature de
l’audimat ». Tous les citoyens de l’immense territoire du Conseil de
l’Europe attendent de leurs chaînes publiques de l’innovation, de
l’expérimentation. Il nous faut « des chaînes qui osent » !
« Des chaînes qui osent »,
ce sont des programmes qui donnent la parole à toutes les composantes de la
société. Les opposants politiques, les représentants des minorités, les
défenseurs des droits de l’homme, les soutiens de la diversité culturelle, tous
doivent trouver leur espace d’expression à la télévision publique.
Le souci du partage de l’Histoire
des peuples est aussi un acte de service public. « Des chaînes qui
osent », ce sont des programmes qui posent les grands enjeux de notre
temps, y compris ce qui dérange, qui admettent le débat contradictoire, qui
font la place aux créateurs dans tous les domaines.
Pour terminer, je tiens à rappeler,
comme le fait le rapport, qu’il faut que chacun ait conscience que ce n’est pas
la maîtrise absolue de la radiodiffusion publique qui permet de conserver le
pouvoir, ni même la main mise totale sur les médias publics comme privés.
L’avenir, le progrès, ce n’est ni la méthode Poutine, ni la méthode Berlusconi,
ni même le modèle « Sarkosien » dans lequel la tentation de tout
mettre sous contrôle est intolérable. C’est une tentation de revenir à ce que
faisait le Général de Gaulle. Je pense que votre propos était justifié parce
qu’historiquement juste.
Notre groupe soutient et votera donc
ce rapport.
Discussion commune de deux
rapports. Énergies renouvelables et environnement. Énergie nucléaire et
développement durable
M. LOTMAN
(Estonie) (Interprétation). – C’est
une vérité d’évidence que de dire qu’il faut développer les systèmes
énergétiques. Mais plus on en utilise et plus les problèmes prennent de
l’ampleur. Si, dans notre civilisation, il fut sans doute nécessaire de
recourir aux combustibles fossiles, il convient maintenant d’arrêter. Les
réserves en combustibles fossiles sont épuisées et les capacités de notre
environnement, notamment celles de l’atmosphère, à absorber les émissions de
gaz sont saturées. L’impact de l’oxyde de carbone sur l’environnement est
extrêmement délétère. Il ne fait donc absolument aucun doute que nous devons
nous sevrer de pétrole, de gaz et de charbon.
Les deux rapports que nous examinons
aujourd’hui envisagent deux possibilités, les énergies renouvelables et
l’énergie nucléaire. Avant d’en venir aux rapports eux-mêmes, je tiens à
réaffirmer très fermement que les économies d’énergie sont indispensables.
Aucune source d’énergie, renouvelable ou combustible, ne résisterait à la façon
dont nous utilisons actuellement l’énergie. Les économies constituent la
meilleure façon de gérer la ressource.
Je me rallie volontiers au premier
rapport, même si l’on aurait pu y indiquer plus clairement ce qu’il en est de
l’internationalisation des coûts de l’énergie et mettre davantage en avant la
nécessité de planifier le développement énergétique au plan national.
Le second rapport, relatif à
l’énergie nucléaire m’inspire davantage de doute. Si le projet de résolution
n’est pas aussi enthousiaste vis-à-vis de l’énergie nucléaire que le rapport
lui-même. Il contient néanmoins des phrases à mon sens trop favorables au
nucléaire. Par exemple, les risques très importants liés à ce type d’énergie ne
sont pas suffisamment soulignés. Mes chers collègues, n’oublions pas,
Tchernobyl. De tels risques sont inacceptables. C’est pourquoi plusieurs
collègues et moi-même avons déposé des amendements pour rééquilibrer le projet
de résolution. Je représente ici ceux qui pensent que l’avenir énergétique ne
réside pas uniquement dans une énergie nucléaire développée à très grande
échelle. Les risques et les responsabilités qu’implique l’énergie nucléaire
doivent être assumés par toutes les sociétés et pas seulement par certaines.
Mais compte tenu de l’urgence d’arrêter le recours aux énergies combustibles,
nous ne pouvons négliger entièrement l’énergie nucléaire. Je suis bien obligée,
un peu à contre cœur, d’admettre que l’énergie nucléaire nous sera utile.
Pour maintenir notre société et
éviter toute catastrophe il faut une planification fondée sur une vision à long
terme et donner la priorité aux économies d’énergie et aux énergies
renouvelables.
Vendredi 26 juin
2009 à 10h00
Crimes dits
« d’honneur ».
Mme FRAHM (Danemark) (Interprétation). – Je
remercie M. le rapporteur pour cet excellent travail. Monsieur Austin,
je suis triste que vous quittiez notre commission, surtout après tout ce que
vous avez dit.
Il est regrettable que les thèmes
qui concernent les femmes se retrouvent toujours relégués en fin de session. Il
est important de les faire remonter dans notre ordre du jour, parce que le
système fait que les femmes doivent toujours rester un jour de plus que les
hommes. Pensez-y. Je suis très reconnaissante à tous ceux qui sont restés pour
voter ce rapport, hommes ou femmes.
Le rapport a été examiné en
commission. Aucun amendement n’a été déposé, ce qui prouve combien nous avons
été satisfaits du travail de M. Austin, que je remercie encore.