Discours octobre 2007
Lundi, 1er octobre 10h00 :
Discours
de M. Filip Vujanovic, Président du Monténégro
M. KOX (Pays-Bas) (Interprétation) prend
la parole au nom du Groupe de la gauche unitaire européenne pour
rappeler que MM. Mladic et Karadzic, accusés de crimes de guerre,
n'ont toujours pas été présentés au Tribunal
pénal international de La Haye. Que peut faire le
Monténégro pour hâter leur extradition?
Lundi 1er octobre 2007 à 15 heures
Discussion commune des trois
rapports sur les migrations.
M. KESKIN (Allemagne) (Interprétation),
s'exprimant au nom du Groupe GUE, constate que la libéralisation des
échanges a rendu les frontières moins opaques, mais la
véritable question est la suivante: pourquoi des gens quittent-ils leur
pays pour des années, voire sans retour? Principalement pour fuir les
guerres, les persécutions ou la misère. Or les Etats
industrialisés sont en grande partie responsables des problèmes
qui contraignent ces populations à l'exil. L'Europe ne fait pas assez
d'efforts pour résoudre ces problèmes et donc résorber les
causes profondes de l'émigration. Trop souvent le
phénomène est traité du seul point de vue
économique. Or les migrants sont des personnes qui ne doivent pas
être privées de leurs droits. L'orateur soutient les recommandations
invitant les Etats à sanctionner plus sévèrement les
manifestations de racisme et de xénophobie.
M. KESKIN (Allemagne)
(Interprétation) ajoute qu'il convient également de créer
des canaux d'immigration légale, de permettre aux migrants de participer
à la vie politique de leur pays d'accueil et de faciliter leur
naturalisation. Il est temps de rendre les politiques d'immigration plus
humaines. (Applaudissements)
(Addendum 1)
Mme POSTOICO (Moldova). - Je
voudrais remercie le rapporteur pour une recherche minutieuse des
problèmes fondamentaux auxquels sont confrontés aujourd'hui les
migrants en situation irrégulière.
Nous comprenons la
préoccupation vis-à-vis des problèmes tels que: un grand
nombre de migrants résidant irrégulièrement en Europe, les
risques d'exploitation et de traite des êtres humains auxquels sont
exposés, le manque de protection sociale et juridique des migrants,
l'ampleur de l'économie souterraine engendrée par la migration
illégale.
Je voudrais souligner qu'au XXlème siècle
les migrants ont besoin de l'Europe, mais l'Europe a aussi besoin d'eux. Dans
le contexte actuel de mondialisation, la migration est devenue une composante
essentielle, inévitable et potentiellement bénéfique en
termes de vie économique et sociale des Etats européens,
où le déficit de main-d'ouvre est d'environ de 20 millions.
Une Europe plus ouverte peut devenir plus prospère. Et pour cela, elle a
besoin d'une politique migratoire efficace.
Le flux massif de la
main-d'ouvre est difficile à contrôler, pourtant nous devons faire
de notre mieux pour aider ces gens, parce qu'ils sont une importante valeur
tant pour les pays d'origine que pour les pays d'accueil.
La question est comment traiter
ces gens?
Nous ne connaissons que les
migrants illégaux tolérés dans les pays d'accueil, mais
ils n'ont pas de statut juridique et souvent pas de possibilité de se
légaliser. De ce fait, il faut trouver des solutions efficaces pour
protéger les droits et la dignité humaine des migrants et mettre
en ouvre des programmes de régularisation.
En même temps, il faut
unifier l'expérience des Etats européens pour mettre en ouvre
d'un commun accord les programmes de régularisation ou pour prendre une
position unique en la matière, tant au niveau du Conseil de l'Europe que
de l'Union européenne.
Mon pays, qui est
confronté à la migration de la main d'ouvre, est également
préoccupé par ce phénomène. A présent,
Les pays de destination
annoncent des programmes d'accueil des travailleurs migrants sur leur
territoire, cependant ils n'accélèrent pas la signature d'accords
bilatéraux de coopération entre les Etats en matière de
migration pour favoriser l'emploi. A l'heure actuelle, mon pays a conclu de
pareils accords avec
Il est à saluer qu'en
2003 nous avons signé un accord bilatéral dans le domaine de
travail entre les gouvernements d'Italie et de Moldova.
Je rends grâce aux
gouvernements de ces pays pour leur coopération et leur ouverture
à la résolution des problèmes se trouvant au centre des
préoccupations de nos Etats et surtout pour les actions entreprises afin
de régulariser les migrants.
En cours de négociations
des accords avec
Par ailleurs
Les autorités moldaves
traitent de manière sérieuse la question des migrations de
mains-d'ouvre et ont développé des politiques migratoires,
comprises dans plusieurs stratégies (en matière d'emploi, de
développement socio-économique à moyen terme, de
développement du marché du travail et la protection sociale, de
la jeunesse et le du Plan d'action national en matière des droits de
l'homme pour les années 2004-2008).
En conclusion, la migration est
un phénomène global touchant la plupart des Etats
européens, et de ce fait les actions ciblées à ordonner ce
processus doivent comporter des actions conjuguées avec tous les Etats,
autant d'origine que d'accueil.
Il serait opportun que
l'Assemblée parlementaire recommande aux Etats membres: de ne pas
adopter des lois trop restrictives relatives aux migrants. Il serait plus
opportun de mettre en place des programmes de régularisation et de
protection des migrants; de développer des politiques appropriées
et de trouver des procédures administratives efficaces, à
même de faire face aux flux migratoires; d'appliquer les conventions de
l'Onu et de l'Organisation internationale du travail pour assurer un traitement
égal aux migrants, d'adopter des politiques d'intégration des
travailleurs migrants qui combattent la discrimination; il est important que le
Conseil de l'Europe encourage les gouvernement des Etats membres à
négocier et à conclure des accords bilatéraux concernant
l'embauche en vie de garantie la protection et la sécurité
sociale aux migrants.
Je suis certaine que par les
efforts conjugués des Etats d'origine et d'accueil on pourra
résoudre le problème de la migration régulière.
Mardi 2 octobre 2007 à 10 heures
Crise
humanitaire au Darfour
M. KYPRIANOU (Chypre) (Interprétation)
prend la parole au nom du Groupe pour
On constate une nouvelle fois
que les Nations Unies sont instrumentalisées par certains Etats à
des fins politiques. De telles résolutions ne font que jeter de l'huile
sur le feu et compromettent les efforts de paix dans la région. De plus,
on profite de la faiblesse de l'Union africaine qui, si elle était
dotée de ressources suffisantes, parviendrait à régler
seule la question. L'aide humanitaire doit être considérablement
renforcée au Darfour et toutes les parties doivent s'abstenir d'initiatives
qui aggraveraient la tension.
Discours
du patriarche Alexis II de Moscou et de toutes les Russies
M. SOBKO (Fédération de Russie)
(Interprétation), s'exprimant au nom du Groupe GUE, remercie le
Patriarche de son action en faveur de la réunification de
l'Église orthodoxe russe. Il se félicite de son combat contre
l'amoralité. Dans ce contexte, quelle est sa position par rapport
à des phénomènes comme l'avortement ou l'euthanasie?
Mardi 2 octobre 2007 à 15 heures
Discours de M. Kostunica,
Premier ministre de
M. KOX (Pays-Bas) (Interprétation),
s'exprimant au nom du Groupe GUE, estime que l'indépendance
unilatérale du Kosovo ne serait pas la bonne solution. Mais
jusqu'où est prêt à aller le gouvernement serbe pour
régler le problème?
M. LAAKSO (Finlande)
(Interprétation) rappelle que
De nombreuses propositions ont
été faites pour rendre
Le problème des
ressources financières se fait également sentir.
Pour fonctionner correctement,
Respect
des obligations et engagements de
M. PLATVOET (Pays-Bas) (Interprétation)
qui s'exprime au nom du groupe pour
L'orateur aimerait savoir s'il
existe encore des obstacles à la démocratisation locale. Le
rapport n'aborde pas cette question.
Mme POSTOICO (Moldova) (Interprétation)
remercie les rapporteurs d'avoir constaté les progrès
considérables accomplis par
La stabilité politique
demeure, l'intégration européenne progresse, les efforts tendant
à trouver une solution pacifique au conflit en Transnistrie ne se
démentent pas, le système judiciaire a été
révisé tout comme la loi électorale, les programmes de
radiodiffusion ont été améliorés, l'autonomie
locale a été renforcée et le Règlement du Parlement
révisé. Projets de loi et comptes rendus des débats
figurent désormais sur le site de l'Assemblée nationale.
Différents organismes publics ont été créés,
au nombre desquels une Cour des comptes et un Conseil supérieur de la
magistrature.
Cela étant, le Parlement
doit encore affronter un lourd programme de travail. Il s'apprête en
effet à examiner des textes relatifs aux partis politiques, à
l'éducation et aux finances publiques locales, tous projets
élaborés en concertation avec les experts du Conseil de l'Europe.
Le gouvernement et le Parlement moldaves entendent d'autre part s'attaquer
vigoureusement à la corruption. (Applaudissements)
M. LOTMAN (Estonie) (Interprétation)
félicite à son tour les rapporteurs.
Autrement dit, un pays membre
du Conseil de l'Europe occupe une partie du territoire d'un autre pays membre
du Conseil de l'Europe, État souverain, et l'empêche de ce fait de
remplir ses obligations. Cette situation absurde doit prendre fin. C'est
pourquoi l'orateur approuve le projet de résolution ainsi que
l'amendement n° 7, qui demande le retrait des troupes russes du
territoire moldave. (Applaudissements)
Mercredi 3 ocotobre 2007 à 10 heures
Réaliser
la croissance économique tout en préservant la protection sociale
en Europe à l'ère de la mondialisation
M. JACOBSEN (Norvège) (Interprétation)
s'exprime au nom de la gauche unitaire européenne et félicite
les rapporteurs. Il aurait toutefois souhaité que ceux-ci
approfondissent la question environnementale car la croissance
économique est considérée comme une menace pour
l'environnement et le changement climatique. L'exemple suédois montre
qu'on obtient d'excellents résultats en redistribuant la richesse et en
prenant l'environnement en compte.
L'Europe achète des
produits bon marché en provenance des pays émergents et demande
un accès au marché pour ses produits de haute technologie. Elle
exige en outre des milliards d'euros pour subventionner ses produits agricoles.
Est-il correct d'importer des produits bon marché? Qui subit ces faibles
coûts: l'environnement, les enfants, les petits paysans? N'est-ce pas du dumping
social? Il importe de protéger les droits des travailleurs et notamment
de ceux qui viennent de s'installer en Europe. L'Europe est entrée dans
la société du prêt à acheter et à jeter alors
que des produits de bonne qualité sont souvent meilleurs pour
l'environnement et que leur production crée aussi des emplois. En outre,
pratiquer des prix décents dans le tiers-monde permettrait d'offrir un
niveau de vie plus élevée à leur population.
Lorsqu'il était
commissaire, M. Lamy a donné accès au marché aux pays
qui respectaient les droits de l'homme. Le dernier rapport du PNUD indique que
les protections à respecter tout en relançant l'économie
et en diminuant la pauvreté. C'est préférable à un
libre échange débridé. Il importe de donner les pouvoirs
nécessaires aux Etats pour qu'ils privilégient l'ouverture des
marchés sur la base du partenariat. Si l'on y ajoute une protection
sociale efficace, la mondialisation pourra profiter à tous. (Applaudissements)
Discours
de M. Abdulah GÜL, Président de
M. KOX (Pays-Bas) (Interprétation)
aimerait que l'ancien membre de cette l'Assemblée parlementaire qu'est
M. Gül réponde clairement à la question de M. de
Puig sur le respect par
Mercredi 3 octobre 2007 à 15 heures
La
régionalisation en Europe
Mme KONECNA (République
tchèque) (Interprétation) s'exprime au nom du Groupe GUE,
pour reconnaître que la régionalisation et l'autonomie
régionale présentent des avantages. Il faut, néanmoins, que
ce processus soit développé en parallèle avec une
intégration accrue à l'Union européenne. Les gouvernements
régionaux ne peuvent en effet assurer des actions efficaces sur tout le
territoire. Il faut donc garantir le respect des politiques nationales et
européennes et s'assurer de la compétence des hommes politiques
régionaux. Subdiviser un pays artificiellement pour lui allouer des
fonds européens est une chose, mais il faut aussi pouvoir éviter
les mouvements séparatistes internes.
On sait que le sentiment
national diminue dans les États où les régions connaissent
un degré d'autonomie élevé. Il faut faire donc preuve de
sagesse en cette matière. Un régionalisme bien compris doit mieux
protéger les citoyens dans une Europe intégrée et
être un instrument d'humanisme et non une source de conflits. (Applaudissements)
L'OCDE
et l'économie mondiale en 2007
Mme SINISCALCHI (Italie)
(Interprétation), s'exprimant au nom du groupe GUE, remarque avec
satisfaction que le rapport soumis cette année par l'OCDE est plus
complet que les précédents puisqu'il comprend notamment l'agenda
de l'Organisation. Mais elle regrette qu'il s'attarde trop peu sur les aspects
négatifs de la mondialisation, sur l'inéquitable
répartition des nouvelles richesses et sur la persistance des atteintes
aux droits de l'homme dans les pays à forte croissance. La croissance
économique ne garantit donc ni le recul de la pauvreté, ni la
justice sociale, ni l'état de droit: cela nécessite une
intervention de nature politique.
Au surplus, l'oratrice souhaite
que l'on cesse de présenter la protection sociale comme une charge,
alors qu'elle est un élément capital du bien être des
citoyens.
L'oratrice évoque les
négociations de l'OMC et déplore que des pays riches les bloquent
parce qu'ils veulent maintenir les subventions à leur agriculture. En
revanche, les pays en voie de développement devraient avoir le droit de
protéger leur économie.
L'oratrice se déclare
d'accord avec M. Gurria sur la nécessité de renforcer la
lutte contre la corruption. Elle rappelle qu'à l'occasion d'une audition
devant une Commission du parlement italien, M. Gurria s'était
déclaré partisan d'une mondialisation régulée. (Applaudissements)
M. KESKIN (Allemagne) (Interprétation),
prenant la parole au nom de la commission des migrations, souligne que la
régulation des flux migratoires constitue l'un des principaux
défis du siècle. La pauvreté, le changement climatique,
les conflits armés, les dictatures multiplient le nombre des migrants,
dont la situation tragique est une honte. Nombreux sont ceux qui meurent parce
qu'ils sont venus chercher un meilleur avenir. Ainsi, près de
9 000 personnes ont succombé l'an dernier aux
frontières de l'Europe.
On
dit la mondialisation inévitable mais il lui manque une dimension
sociale, si bien que la dignité humaine est bafouée.
L'année dernière déjà, l'Assemblée a mis
l'accent sur l'indispensable respect des droits des migrants et recensé
les mesures à prendre d'urgence à cette fin. Il convient en
premier lieu de ratifier
L'orateur
se félicite que le thème soit abordé au sein de l'OCDE,
car plus de 15 millions d'immigrés vivent en Europe avec un statut
mal défini. Ces gens qui contribuent à la création des
richesses n'ont que très peu de droits sociaux et politiques. Ils
devraient pouvoir être naturalisés car cela faciliterait leur
intégration. Sur un plan général, on ne peut traiter de
mondialisation sans accorder la place qui lui revient à la migration.
(Applaudissements)
La
dimension politique du budget du Conseil de l'Europe
M. KOX (Pays-Bas) (Interprétation),
s'exprimant au nom du groupe GUE, constate que si même un
libéral comme le rapporteur demande l'augmentation de crédits
publics, c'est que la situation est vraiment grave. Les gouvernements ne
veulent pas augmenter le budget de la seule organisation paneuropéenne
qui travaille en faveur de la démocratie et des droits de l'homme, sous
prétexte que l'Union européenne peut se charger du
problème. Il appartient aux membres de cette Assemblée de les
relancer et d'argumenter.
Des contacts ont eu lieu avec
le Parlement européen et plusieurs groupes de cette instance seraient
prêts à donner leur appui. Mais c'est surtout au niveau national
qu'il faut porter le débat, en exigeant que les ministres des finances
en discutent avec les parlements. (Applaudissements)
Lutte
contre la drogue
M. VAN HERVEN (Pays-Bas)
(Interprétation), s'exprimant au nom du groupe GUE, souscrit
pleinement, en tant que médecin, aux mesures de prévention,
d'éducation, de traitement et de réinsertion proposés par
le rapport. La politique de prévention et de traitement appliquée
aux Pays-Bas a fait ses preuves. S'agissant de l'aspect financier, il faut
savoir que chaque euro dépensé se traduira par d'importantes
économies en frais de justice.
On sent actuellement un
durcissement à l'égard des toxicomanes, alimenté par une
idéologie néo-libérale qui fait de la dépendance
une responsabilité purement personnelle.
On peut certes dire "c'est
la faute aux toxicomanes" mais c'est oublier qu'il existe un lien entre la
dépendance et la pauvreté. Les personnes sans travail, sans
argent, sont plus susceptibles de consommer des drogues pour oublier leur
misère. On a constaté au Pays-Bas qu'il y avait deux fois plus de
fumeurs de cannabis parmi les personnes à faible niveau
d'éducation que parmi les couches de population plus
éduquée. Améliorer l'éducation, l'accès au
travail et au logement sont les clés du problème. (Applaudissements)
Jeudi 4 octobre 2007 à 10 heures
Vers
une dépénalisation de la diffamation
Mme MEULENBELT (Pays-Bas)
(Interprétation), s'exprimant au nom du Groupe GUE, évoque à
son tour les propos récents d'un invité de marque qui, dans cette
enceinte, a comparé les homosexuels à des malades. On peut y voir
une manifestation de la liberté d'expression. Mais le corollaire est la
liberté de protester contre de telles déclarations.
Les journalistes ont le droit
d'utiliser leur esprit critique et leur humour, mais on peut aussi souhaiter
qu'ils soient de bonne foi. Quand ce n'est pas le cas, les personnes
attaquées doivent avoir la possibilité de se défendre. Il
faut éviter cependant des mesures de rétorsion
disproportionnées.
L'oratrice se déclare
d'accord avec le rapporteur pour estimer que les discours d'incitation à
la haine ne sont pas de même nature que la diffamation et doivent
être poursuivis pénalement. On assiste malheureusement à
une recrudescence de ce genre d'attaques et il est donc à souhaiter que
le Conseil de l'Europe poursuive ce débat. (Applaudissements)
(M. Mignon,
Vice-Président de l'Assemblée, remplace M. van der Linden au
fauteuil présidentiel).
Guerre
préventive
M. KOX (Pays-Bas) (Interprétation) prend
la parole au nom de
On le voit, il y a tout lieu de
s'inquiéter de l'installation éventuelle d'un bouclier
antimissile en Pologne et en République tchèque au moment
où les esprits s'échauffent face à la menace iranienne. Il
va sans dire, en effet, qu'il est beaucoup plus facile de se lancer dans une
guerre préventive quand on sait sa défense arrière
assurée! Dans ces conditions, il est vraiment difficile de croire que la
question n'aurait pas dû être traitée dans l'urgence!
M. LECOQ (France). - Monsieur le
Président, mes chers collègues, la doctrine de la guerre
préventive nous rappelle les étapes les plus obscures de
l'humanité. Je salue la position claire du rapporteur.
La prétention de
refonder la notion de guerre préventive n'est autre que la
matérialisation de la politique des Etats-Unis, afin d'éroder
encore un peu plus l'interdiction absolue de la menace et de l'utilisation de
la force contre l'indépendance politique et la souveraineté
d'autres Etats. Selon la disposition contenue dans
La prétendue doctrine de
guerre préventive est la construction, par les Etats-Unis, avec la
complaisance de certains Etats, d'une catégorie idéologique
conduisant à la déstructuration de
Au nom de cette
prétendue doctrine, les Etats-Unis et certains de ses alliés
européens veulent se réserver désormais le droit
d'attaquer n'importe quel Etat souverain, surtout lorsqu'un gouvernement ne se
plie pas à leur politique de domination impériale. La guerre préventive
n'est qu'une tentative de justifier la guerre d'agression.
L'autre support
idéologique - qui complète le droit d'intervention si cher
à la doctrine occidentale - est la guerre contre le terrorisme. Dans les
faits, celle-ci cache mal l'offensive générale contre les normes
internationales, contre les normes de protection des droits humains. Les
tortures systématiques à grande échelle des Irakiens par
des responsables nord-américains en sont un exemple éloquent.
Pourtant,
Certes, l'article 51 de
La guerre préventive est
une violation flagrante du droit international et un acte constitutif
d'agression; elle est crime de droit international et contraire à la
résolution 3314 (XXIX) de l'Assemblée générale des
Nations Unies en date du 14 décembre 1974. La politique mise en
place par les Etats-Unis et par certains alliés européens, porte
un coup fatal à l'article 33 de
Cette prétendue doctrine
n'a rien de légal, elle est essentiellement contraire aux normes
internationales et se trouve substantiellement en contradiction avec les
dispositions de
Le droit politique contenu dans
Ces éléments
sèment le désordre mondial, tandis que des peuples entiers dans
le monde sont soumis aux recettes «thérapeutiques» des
institutions financières internationales, aux programmes d'ajustement
structurel et aux privatisations et bradage des biens publics au profit des
grandes sociétés transnationales. La lecture et
l'interprétation de la guerre préventive et le désordre
provoqué, ne peuvent qu'être rejetés intégralement.
Les vraies causes du
désordre dans le monde sont, par exemple, la non résolution
pacifique des conflits, la négation au peuple sahraoui du droit à
l'autodétermination de la part du Maroc ou d'autres conflits graves au
Moyen-Orient et ailleurs. Et la doctrine de la guerre préventive ne fait
que les aggraver.
La reconstruction d'un ordre
international fondé sur le respect des droits humains, sur le respect
des obligations internationales concernant la protection de l'environnement,
sur le droit au développement des peuples du sud, sur
l'éradication de la misère, sur le respect de la
normativité internationale et de
Tel serait le sens de la
réforme des Nations Unies que nous réclamons de nos voux (Applaudissements.)
Jeudi 4 octobre 2007 à 15 heures
Discours
du prochain Président de l'Assemblée parlementaire asiatique
M. KOX (Pays-Bas) (Interprétation)
déclare préférer voir dans cette Assemblée le
Président du Parlement d'Indonésie, qui est une grande
démocratie, que le Président du Parlement iranien qui est soumis à
un régime dictatorial. Il demande à M. Laksono quelles
répercussions ont les activités de l'APA en faveur de la
démocratie sur les États membres soumis à un régime
dictatorial.
Prostitution:
Quelle attitude adopter?
Mme MEULENBELT (Pays-Bas)
(Interprétation) s'exprime au nom de
L'oratrice félicite le
rapporteur de sa grande sensibilité à la cause des femmes. Elle
souligne que si l'on souhaite lutter efficacement contre la prostitution
forcée, il faut s'attaquer à l'ensemble de la chaîne,
depuis les criminels qui alimentent la traite des êtres humains jusqu'aux
clients, sans oublier les proxénètes. Il importe, comme le dit le
rapporteur, de protéger les prostituées et de respecter leurs
droits. (Applaudissements)
M. PLATVOET (Pays-Bas)
rapporteur (Interprétation) a été interrogé sur le
contenu de son rapport lors d'une conférence sur les personnes
marginalisées à Sofia. Il a pu constater que l'approche qu'il a
suivie était largement approuvée. Les États membres
devraient mettre au point une politique en matière de prostitution. Les
droits de l'homme sont universels.
La prostitution forcée
et la prostitution enfantine ne peuvent faire l'objet d'aucune
tolérance. S'agissant de la prostitution volontaire, les attitudes
adoptées par les États membres du Conseil de l'Europe sont
très variées, puisque l'on distingue trois approches:
prohibitionniste, réglementariste et abolitionniste. Quant à
Le problème est que les
pays abolitionnistes ont trop souvent une politique du «deux poids, deux
mesures» en ce qu'ils interdisent et sanctionnent l'offre mais pas la
demande. De telles politiques ont pour conséquence collatérale de
rendre l'accès aux soins médicaux plus difficiles aux
prostituées. On constate aussi, bien souvent, une approche sexiste de la
part des décideurs et de nombreux abus de pouvoir.
Le Conseil de l'Europe doit
plaider en faveur d'une politique explicite à l'égard de la
prostitution adulte volontaire, tendant au respect des droits des
prostitués, sans attitude moraliste. Ce qu'il faut, c'est éviter
les discriminations et les mesures réglementaires qui poussent les
prostituées à la clandestinité. Leur
vulnérabilité s'en trouve évidemment accrue, car elles
sont alors entièrement entre les mains de proxénètes et
doivent affronter des clients qui peuvent les contraindre à des
pratiques dangereuses.
Aborder la question de la
prostitution du point de vue des droits de l'homme, c'est mettre fin à
la criminalisation des prostituées mais aussi lutter contre les causes
premières de la prostitution que sont la misère, la guerre et
l'absence d'éducation. Ce dont il s'agit dans le rapport, ce n'est pas
de plaider en faveur de la prostitution, mais de demander aux États
membres de traiter dignement les travailleurs du sexe. Tel est l'objet du
projet de résolution. (Applaudissements)
M. PLATVOET (Pays-Bas) rapporteur
(Interprétation) remercie ses collègues et constate que beaucoup
d'entre eux ont adopté une position ferme. Il remercie Mme Nakashidzé
qui l'a félicité pour son courage. L'honnêteté
l'oblige à dire qu'il n'a pas eu besoin d'un grand courage pour aborder
cette problématique après avoir été membre du
conseil municipal de la ville d'Amsterdam pendant de nombreuses années. (Sourires)
M. Gruber a
constaté que le quartier chaud d'Amsterdam avait été
nettoyé. En réalité, quelques bâtiments appartenant
à des organisations criminelles et où des prostituées
étaient en vitrines, ont été démantelés. On
a construit à la place des logements sociaux. N'est-ce pas une bonne
idée?
Différents intervenants
ont rappelé que la ligne entre prostitution forcée et prostitution
volontaire était parfois difficile à distinguer. Plusieurs
oratrices ont ainsi souligné que la prostitution volontaire est souvent
imposée aux femmes par les circonstances. Si l'on veut être tout
à fait honnête, il faut reconnaître que beaucoup de professions
sont difficiles. La personne qui exerce un travail répétitif en
usine a-t-elle plus le choix que la prostituée? Plusieurs oratrices ont
aussi souhaité que les États membres adoptent des politiques afin
de donner aux victimes des moyens d'action à l'égard des
criminels et des proxénètes.
Certains orateurs ont aussi
souligné l'aspect économique de la prostitution. C'est une
réalité à laquelle le rapporteur ne s'est pas vraiment
intéressé. Son but a été essentiellement d'empêcher
la prostitution de devenir encore plus clandestine qu'elle ne l'est.
L'important est d'avoir la discussion la plus ouverte possible pour prendre des
mesures efficaces. (Applaudissements)
Les
dangers du créationnisme dans l'éducation
M. ROSSI (Saint-Marin) (Interprétation) prend
la parole au nom de la gauche unitaire européenne. Les attentats du
11 septembre 2001 ont créé des incertitudes qui sont
elles-mêmes à l'origine de réactions irrationnelles. La
volonté d'imposer la théorie du créationnisme, sous toutes
ses formes, y compris celles du «dessein intelligent», s'inscrit
dans ce cadre. Ces attaques en règle contre le darwinisme ont lieu
partout dans le monde, y compris en Europe. En Italie, par exemple, Silvio
Berlusconi a tenté de retirer l'enseignement de la théorie de
l'évolution des programmes scolaires, pour lui substituer l'enseignement
du créationnisme.
Le problème vient de ce
qu'il ne s'agit pas, en ce cas, d'enseigner une théorie résultant
de connaissances scientifiques nouvelles, mais de promouvoir le
créationnisme pour des raisons politiques. A titre personnel,
M. Rossi juge la théorie créationniste très douteuse
mais il estime aussi qu'il ne lui revient pas de se prononcer -c'est aux
scientifiques de le faire et il n'a pas le sentiment que les scientifiques
veuillent en revenir à l'obscurantisme.
La gauche unitaire
européenne est favorable au rapport et au projet de résolution,
mais il s'inquiète que ce dernier puisse être
considéré comme une réaction épidermique. Ce qui
est dit est juste, mais il faut l'exprimer avec tout le tact nécessaire
pour respecter la sensibilité de ceux qui défendent avec bonne
foi d'autres croyances, dans une volonté de dialogue interculturel et
interreligieux.
M. Rossi croit savoir que
de nombreux parlementaires provenant de pays majoritairement catholiques ont
reçu, comme lui, un courrier de la commission épiscopale leur
demandant de voter contre le projet de résolution. Quelle est la
légitimité d'un tel message, qui démontre une
nervosité bien peu compatible avec un débat serein? Une telle
réaction des autorités catholiques n'est pas de nature à
faciliter la discussion. Pour que le créationnisme soit enseigné
à l'école, il faudrait avoir prouvé la validité
scientifique de cette théorie. Il faut tendre, dans tous les cas,
à un débat apaisé, exempt de positions idéologiques
ou religieuses. (Applaudissements).