Discours, session octobre 2011

 

Lundi 3 octobre 2011 à 11 heures 30

 

Rapport d’activité du Bureau et de la Commission permanente

 

M. HUNKO (Allemagne) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne – Je voudrais, tout d’abord, reprendre les propos tenus précédemment par M. Marty et le remercier d'avoir mis l'accent sur deux éléments fondamentaux de la mission de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Il a en effet dénoncé le manque de crédibilité de la politique européenne face à Kadhafi et à la Libye, mais également face à d’autres pays arabes. Il serait, à mon sens, judicieux de réfléchir, le moment venu à la méthode à laquelle nous souhaitons voir mis un terme et qui consiste à appliquer toujours deux poids, deux mesures, dès qu’il s’agit d’Etat de droit et de démocratie. Il est tout de même surprenant que Kadhafi ait été soutenu jusqu’au mois de mars, avant que ne soit opéré un revirement total pour le combattre.

 

Par ailleurs, la crise de l’euro, la crise de l’Union européenne sont sources de très vives préoccupations pour nos concitoyens européens. Je reçois chaque jour de nombreux courriers électroniques de citoyens allemands qui me disent craindre fortement que tous les événements actuels ne finissent par tuer la démocratie pour faire place à une dictature. Qui doit se soucier de ces problèmes sinon notre Assemblée parlementaire, qui est indépendante, notamment par rapport au pouvoir économique ?

 

Je dirai quelques mots des élections en Turquie. J’ai fait partie de la commission ad hoc au mois de mai et j’ai préalablement suivi le processus préélectoral. Deux rapports ont été publiés sur ces élections : l'un par ceux qui se trouvaient dans des villes comme Antalya, et l'autre par ceux qui se trouvaient en Anatolie et dans l’est du pays, où de très nombreux problèmes sont apparus. Je suis très heureux que la crise parlementaire ait pu être surmontée depuis le 12 juin. Il semble en effet qu’une solution soit à portée de main. La plupart de ceux qui avaient refusé de prêter serment sur la Constitution turque au motif que des personnes élues en Turquie restent emprisonnées, l’ont fait depuis. Néanmoins de graves problèmes subsistent : la présence massive des militaires dans les régions kurdes, le problème de Hatip Dicle, à Diyarbakir dont l'élection a été invalidée, et la question du Parti de la paix et de la démocratie (BDP) dont certains membres sont encore incarcérés. Il y a, en outre, la question du seuil électoral de 10 % des voix. Vous avez eu raison, Madame Lundgren, de rappeler ce point dans votre excellent rapport.

 

Lundi 3 octobre 2011 à 15 heures

 

Communication du Comité des Ministres

 

M. PETRENCO (Moldova) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne * – J’aimerais au nom de mon groupe, monsieur le Président, exprimer nos inquiétudes quant au fonctionnement des institutions démocratiques dans votre pays. Les institutions ukrainiennes ne sont pas les seules à persécuter les opposants et à limiter les libertés fondamentales. Cela est une caractéristique de plusieurs Etats membres. Quelles sont les mesures prévues par le Gouvernement ukrainien pour éviter qu'à l’avenir les leaders de l’opposition soient persécutés ?

 

LE PRÉSIDENT* – La parole est à M. le Président.

 

M. GRYSHCHENKO, Président du Comité des Ministres*– Petrenco est également un nom ukrainien ! Je vous dis cela, car que nous soyons Ukrainiens, Moldaves ou autres, l’objectif du respect de la démocratie et des droits de l’homme nous est très cher à tous.

Ce qui se passe en Ukraine – et ce malgré certaines rumeurs – est tout le contraire de ce que vous venez de dire. Nous entendons nous assurer que des changements institutionnels soient opérés au sein de la société, afin de mettre en place des garanties contre les abus de pouvoir et contre toute tentative d’éliminer l’opposition.

 

Je vous invite à vous rendre en Ukraine – si vous en êtes d’accord, bien entendu, car il ne m’appartient pas de lancer une telle invitation – et à venir assister aux travaux parlementaires. Vous constaterez ainsi que l’opposition à tout loisir de faire passer son message.

 

Nous considérons que le Conseil de l'Europe permet un échange d’expériences sur les réformes démocratiques. Les expériences des différents pays sont utiles à l’Ukraine. Nous constatons que partout il y a des progrès, plus ou moins rapides, c’est vrai, mais nous avons pu constater dans votre pays des progrès tangibles.

 

La sélection prénatale en fonction du sexe

 

Mme ANDERSEN (Norvège) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne - Je remercie tout d’abord la rapporteure pour ce rapport important, mais délicat. Le Groupe pour la gauche unitaire européenne insiste sur le droit d’avorter dans des conditions médicales sûres, sur la nécessité de protéger la santé de la femme, mais aussi sur son droit à être aidée à la naissance des enfants. Quand ces droits ne sont pas respectés, des milliers de vies risquent d'être sacrifiées.

 

Or d’autres femmes, d’autres filles risquent de perdre la vie si on limite le droit à un avortement sûr par crainte d’une sélection prénatale en fonction du sexe. Il faut donc s’intéresser aux causes profondes de ce phénomène. La sélection nie aux femmes l’égalité des droits. Ce n’est donc que par une véritable égalité entre hommes et femmes que l’on pourra mettre un terme à la sélection en fonction du sexe, et non en interdisant telle ou telle pratique médicale. La technique médicale existe ; mais son utilisation doit être encadrée par la loi. Les techniques seront-elles accessibles à tous ? Sont-elles remboursées par la sécurité sociale ? Telles seront les questions que l'on doit se poser pour légiférer. Mais on ne pourra empêcher les gens de savoir que ces techniques existent. Il s’agit moins du droit à choisir que du droit à l’information, et aussi du respect de certains principes. Seule la femme peut décider d’avorter ou non : voilà un principe à nos yeux fondamental.

 

Bref, ce n’est pas en empêchant les parents de connaître le sexe de l’enfant que l’on empêchera la sélection prénatale, puisque les technologies existent, mais uniquement en faisant évoluer les mentalités.

 

C’est du point de vue des droits de l’homme qu’il faut aborder le problème.

 

Enfin, à ceux que l’égalité entre les hommes et les femmes n’intéresse guère, je dirai simplement que les sociétés égalitaires réussissent mieux dans les domaines importants. Voilà une autre excellente raison de promouvoir l’égalité des sexes.

 

Mardi 4 octobre 2011 à 10 heures

 

Demande de statut de Partenaire pour la démocratie auprès de l’Assemblée parlementaire présentée par le Conseil national palestinien

 

M. KOX (Pays-Bas), rapporteur de la commission des questions politiques – Monsieur le Président, chers collègues de Palestine, chers collègues, je présente aujourd’hui un projet de résolution qui a été adopté à l’unanimité, le 6 septembre 2011 à Caserte, par la commission des questions politiques. Il tend à octroyer le statut de Partenaire pour la démocratie au Parlement palestinien, c’est-à-dire au Conseil national de Palestine.

 

La demande formulée par ledit Conseil répond en effet parfaitement aux conditions posées à l’article 60 de notre Règlement. Si l’Assemblée adopte ce projet de résolution, le Parlement palestinien sera le deuxième parlement à bénéficier du statut de partenaire pour la démocratie, après celui du Maroc.

 

Dans la lettre qu’il a adressée à l’Assemblée parlementaire, le Président du Conseil national de Palestine écrit que les valeurs du Conseil de l’Europe sont aussi celles du Parlement palestinien, qu’il s’agisse des droits de l’homme, de la démocratie ou de l’Etat de droit. Dans cette même lettre, il s’engage à maintenir le moratoire de facto sur la peine capitale, à utiliser l’expertise de la Commission de Venise et de l’Assemblée, à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres et équitables dans le respect des normes internationales, à assurer une promotion active de l’égalité des chances entre hommes et femmes, à inviter l’Autorité nationale palestinienne à adhérer aux conventions et accords partiels pertinents du Conseil de l’Europe, à informer régulièrement l’Assemblée parlementaire de l’évolution des choses en ce qui concerne le respect des valeurs et principes du Conseil de l’Europe.

 

Compte tenu de ces engagements, la demande palestinienne répond aux conditions posées à l’article 60 du Règlement. Le 4 octobre 2010, l’Assemblée avait d’ailleurs indiqué qu’elle considèrerait comme recevable une demande officielle du CNP pour l’obtention du statut de Partenaire pour la démocratie. Je suis heureux que le président du CNP ait ensuite annoncé qu’il voulait moderniser et démocratiser les structures du mouvement.

 

Lors de la mission exploratoire que j’ai effectuée dans les Territoires palestiniens, j’ai rencontré la plupart des responsables politiques ainsi que des représentants des syndicats, de l’Union des femmes et de la société civile. Tous m’ont dit leur conviction que le statut de Partenaire pour la démocratie contribuerait à une évolution de la société vers plus de démocratie et, chose tout à fait essentielle, répondait aux attentes et aux aspirations du peuple palestinien.

 

Lors de ma mission sur place comme dans les rencontres qui ont suivi, on m’a répété sans relâche que ces attentes et aspirations étaient entravées par l’occupation étrangère et par les divisions internes. Il faudra régler ces deux problèmes pour assurer un avenir au peuple palestinien. J’espère donc, d’une part, que les négociations entre Israéliens et Palestiniens reprendront sous peu, et d’autre part, que la réconciliation entre les différentes factions politiques palestiniennes pourra être consacrée par un accord le plus rapidement possible.

 

L’octroi du statut de Partenaire pour la démocratie, c’est l’amorce d’une nouvelle relation entre le Conseil de l’Europe et le CNP. Le projet de résolution évoque à cet égard un certain nombre de questions clés pour l’avenir.

 

La formation d’un gouvernement en fait partie. Il va falloir organiser des élections législatives dans un an. C’est essentiel, mais ce n’est pas tout : il faut aussi garantir la liberté et le pluralisme des médias, la liberté de religion, la liberté d’association, refuser le terrorisme, renforcer les pouvoirs locaux et abolir la peine capitale. Nous en avons discuté avec nos collègues palestiniens et le projet de résolution en fait état.

 

La demande relève du droit souverain du Parlement palestinien, mais j’ai été très heureux de pouvoir en parler de manière constructive à la délégation israélienne de la Knesset. À Caserte, nous avons adopté le projet de résolution, donc approuvé l’exposé des motifs, et les représentants de la Knesset l’ont apprécié positivement. Je m’en réjouis vivement. J’espère que la participation du CNP, comme Partenaire pour la démocratie, au Conseil de l’Europe contribuera à améliorer la coopération entre les représentants palestiniens et la délégation israélienne au sein de notre Assemblée. J’espère aussi vivement que, sous peu, l’occupation israélienne cessera et que nous verrons deux Etats coexister en paix et dans la prospérité.

 

Il y a onze jours seulement, le président Abbas était à New York pour demander à l’Onu l’adhésion d’un Etat palestinien comme membre à part entière. La décision est désormais entre les mains du Conseil de Sécurité, avant que l’Assemblée générale ne s’en saisisse. On a qualifié cette demande d’historique, on a dit qu’elle marquait le début d’un printemps palestinien. Jeudi, le président Abbas sera parmi nous, dans cet hémicycle. Il nous expliquera pourquoi son gouvernement a présenté cette demande, mais il parlera aussi des nouvelles relations entre notre Assemblée et son Parlement. Cet événement aussi peut être qualifié d’historique.

 

Ce nouveau partenariat correspond lui aussi à un printemps, le printemps arabe, qui a fait émerger de nouvelles démocraties. A plusieurs reprises, nous avons salué le développement de la démocratie au Maghreb et au Proche-Orient. Nous examinerons aujourd’hui le rapport de M. Gardetto sur ce sujet. En amorçant un partenariat avec ces démocraties émergentes, nous faisons ce que nous avons toujours préconisé. En adoptant ce projet de résolution, nous porterons à deux le nombre de Parlements gratifiés du statut de Partenaire de la démocratie, en un an, depuis le début du printemps arabe. Ce faisant, je suis convaincu que nous avons ouvert la voie à d’autres organisations qui noueront de nouvelles relations avec ces démocraties émergentes. Trop longtemps, trop souvent, l’Europe et la communauté internationale ont soutenu des gouvernements autoritaires au Proche-Orient et au Maghreb. Désormais, il nous est donné de montrer que nous sommes du côté de la démocratie.

 

Enfin, un Partenariat pour la démocratie est un accord mutuel, qui confère des droits et des obligations aux deux partenaires. Nous, Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, devons veiller que nos collègues palestiniens en tirent pleinement parti. Je les invite à s’assurer que nous respecterons nos obligations, car nous ferons de même à leur endroit. C’est à cette seule condition que nous pourrons devenir de véritables Partenaires pour la démocratie.

 

Mme GROTH (Allemagne) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne.* — Je félicite Tiny Kox pour son excellent rapport. J’espère qu’il sera adopté par la majorité.

 

M. Kox explique combien il est important que les gouvernements européens se prononcent en faveur d’une reconnaissance de l’Etat palestinien et qu’ils se battent pour cela. Je ne peux qu’abonder dans ce sens. J’espère que l’on pourra faire pression sur mon propre gouvernement, de l’Europe ou d’ailleurs, pour manifester l’urgence de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Ce sera la voie royale vers la paix au Proche orient.

 

Je suis quand même assez sceptique. J’ai lu aujourd’hui que les Etats-Unis ont lancé un avertissement aux Palestiniens : toute tentative pour circonscrire des négociations avec Israël aurait des conséquences sur l’aide américaine aux Palestiniens. Les Etats-Unis et mon gouvernement disent que les Palestiniens et Israël doivent retourner à la table des négociations pour la reconnaissance de l’Etat palestinien. Mais cela fait 60 ans que l’on négocie. Pourtant il y a toujours plus de colonisation, toujours plus d’implantations.

 

Depuis l’an dernier, Israël a intensifié la destruction de maisons de Palestiniens. On veut déraciner 30 000 Bédouins dans le désert du Néguev. El-Arakip est un village bédouin connu dans le monde entier qui a été détruit 26 fois ! Imaginez les implications sur le moral, sur l’état psychique des habitants. Il règne un sentiment de désespoir sans pareil. Il faut absolument arrêter cela, car ce n’est pas tolérable.

 

Israël est lié à l’Union européenne, au Conseil de l’Europe. Il a conclu des engagements écrits et il doit assumer ses responsabilités. Il est inadmissible qu’il continue d’agir ainsi, car il n’y aura pas de paix. Si les Etats-Unis ou l’Allemagne menacent de fermer le robinet de l’aide aux Palestiniens pour qu’ils reviennent à la table des négociations, ce ne sera pas une contribution à la paix.

 

Mme KANELLI (Grèce) – Merci de me donner la possibilité de féliciter M. Kox. Je ne m’exprime pas dans ma langue car je viens d’un pays, la Grèce, qui est accusé d’être à l’origine de la crise internationale. Les Grecs paient un prix très élevé, au point de perdre une partie de leur indépendance.

 

Nous sommes ici dans une enceinte européenne, rassemblant certes des cultures et des monnaies différentes. Mais nous sommes bien ici au cœur de l’Europe. Or le continent a été marqué par des guerres ; des camps de concentration y ont existé. Dès lors, nous demander d’accepter que l’on accorde ce statut de partenariat est bien la moindre des choses. C’est une évidence et nous sommes d’ailleurs en retard sur l’Histoire car nous aurions dû faire davantage pour les Palestiniens.

 

J’ai 57 ans. Je me suis rendue sur place en tant que journaliste. Quand la guerre de 1967 a éclaté, j’avais 12 ans. J’ai ressenti alors la terreur – tout comme maintenant, d’ailleurs. En réalité, il ne s’agit pas de désigner les oppresseurs et les opprimés. Il faut, dans cette affaire, une égalité entre les deux parties. Or les uns et les autres ne sont pas sur le même pied. Nous donnons des instructions en matière de démocratie aux Palestiniens mais, mes chers collègues, un Palestinien est-il aujourd’hui sûr de posséder une adresse, de manière à pouvoir ester en justice ? Quand ce sera le cas, nous pourrons aider les Palestiniens à créer des tribunaux. Aujourd’hui dans cette région, on peut perdre sa maison et ses droits à n’importe quel moment car chaque jour se créent de nouvelles colonies de peuplement.

 

Il y a longtemps que nous aurions dû être plus courageux. Je félicite donc M. Kox pour son réalisme. Il a fait du mieux qu’il pouvait pour que nous parvenions à une position unanime. Mais ne nous leurrons pas : nous n’avons pas tout fait ; à dire vrai, nous commençons à peine à agir. Nous devons demander à nos gouvernements d’aller aux Nations Unies, de contourner les vetos – notamment celui des Américains – et de construire un nouveau monde avec deux Etats vivant dans la paix. Voilà ce que l’on attend des nations européennes, en particulier de leurs parlementaires. Encore une fois, nous devrions être plus courageux. Sinon, nous serons responsables du sang qui coule. Il n’y a pas d’Etat palestinien indépendant à cause du pétrole et du gaz naturel que l’on trouve dans la région. Autrement dit, le sang israélien vaut plus cher que le sang palestinien. Et cela, ce n’est pas ce que l’on appelle un partenariat ! Dans une relation entre partenaires, le prix du sang est le même pour tous.

 

On en appelle à la libération du soldat Shalit. J’en suis d’accord, mais il faut aussi faire monter la pression pour que les Palestiniens incarcérés soient libérés. Je peux me permettre de parler du prix du sang, car j’ai été récompensée par les Israéliens eux-mêmes pour la politique antiraciste que j’ai menée. Je n’ai jamais donné dans l’antisémitisme qui mine l’Europe. Soyons courageux : donnons aux Palestiniens ce dont ils ont besoin, c’est-à-dire la liberté et un Etat. La paix et la justice viendront ensuite.

 

M. ELZINGA (Pays-Bas) – Je remercie M. Cox pour cet excellent rapport. Je félicite les membres du Conseil national palestinien qui ont présenté la demande d’obtention du statut de Partenaire pour la démocratie auprès du Conseil de l’Europe. Je les félicite pour les résultats obtenus puisqu’ils ont pu répondre aux différentes demandes de notre rapporteur, ce qui augure bien de la décision qui, je l’espère, sera prise aujourd’hui.

 

Bien sûr, il restera à voir comment va fleurir cette démocratie, mais je pense que ce partenariat profitera à ce pays. Le rapporteur, dont je sais qu’il a rencontré des représentants de la société civile et des syndicats lors de sa visite en Palestine, pourrait-il nous dire comment le Printemps arabe dans cette région influencera la situation israélo-palestinienne et quelles seront ses répercussions sur la vie palestinienne et notamment sur le fonctionnement des syndicats ?

 

De nombreux orateurs ont dit avant moi que ce partenariat était un engagement mutuel et il est vrai qu’il s’accompagne de responsabilités pour l’avenir. J’ai pleinement confiance dans le Conseil national palestinien pour qu’il fasse de son mieux pour répondre à nos attentes. Ce partenariat ne constitue naturellement qu’un premier pas, bien d’autres devront être franchis, mais c’est un premier pas heureux et je me réjouis de pouvoir m’impliquer personnellement dans cette démarche, convaincu que notre Assemblée parlementaire peut apporter une contribution au renforcement de l’Etat de droit, de la démocratie et du respect des droits de l’homme pour le peuple de Palestine.

 

J’encourage naturellement les représentants du Conseil national de Palestine à s’engager dans cette voie. Prenons d’autres mesures pour avancer dans ce processus, mais tout d’abord saluons cette si belle journée de l’avènement d’un nouveau Partenariat.

 

M. KOX (Pays-Bas), rapporteur – Je commencerai par répondre à notre collègue de Moldova qui disait que cette discussion lui donnait la possibilité de féliciter pour la première fois un membre du Groupe pour la gauche unitaire européenne. Mon rapport aura donc au moins servi à cela, et j’espère que ce sera le début d’une longue tradition. Mais je ne représente pas un groupe politique aujourd’hui, je suis rapporteur de la commission des questions politiques.

 

J’aimerais remercier mes collègues, notamment ceux qui se sont exprimés au nom des groupes politiques et qui, comme M. Clappison, ont démontré qu’il était possible, dans cette Assemblée, de parler d’une seule voix.

 

Comme le disait M. Gross, c’est un jour particulier où nous avons un message commun à transmettre au peuple palestinien : vous êtes les bienvenus au sein de cette Assemblée en tant que Partenaire pour la démocratie.

 

Les orateurs ont aussi abordé de nombreux sujets : la Palestine, la région, l’occupation, le blocus, les prisonniers politiques, le processus démocratique délicat, les divisions internes en Palestine. Autant d’éléments importants et de sujets difficiles, car lorsqu’on a la volonté d’aborder ces questions sous l’angle politique, on ne peut pas espérer trouver de solutions faciles.

 

Je félicite nos amis de Palestine d’avoir eu le courage de trouver de nouveaux moyens d’atteindre l’objectif des Palestiniens qui est de posséder un Etat souverain.

 

Je rends hommage tout particulièrement au chef de la délégation israélienne, M. Avital, qui, à Caserte, nous a dit que, du point de vue des Israéliens, il s’agissait d’une étape importante qui pourrait contribuer à améliorer les relations entre la Knesset et le Conseil national palestinien.

 

M. Eldad a le droit de dire ce qu’il pense. Mais comme l’Assemblée l’a montré, il est possible de parler d’une seule voix. Il serait bon que la Knesset en soit capable également.

 

Mme Beck, si vous prenez les neufs premiers éléments de mes propositions adressées aux Palestiniens, vous constaterez qu’ils traitent tous plus ou moins de Gaza. Je n’ai pas mentionné de groupe ou de faction politique particulier, car je m’adresse au Conseil national palestinien.

 

Et que les choses soient bien claires : le Hamas soutient cette demande.

 

Je terminerai en répondant à M. Elzinga : oui, la chose la plus importante est que cette demande réponde non pas à nos exigences, mais aux aspirations du peuple palestinien.

 

Bienvenue à tous nos amis de Palestine. Je me réjouis de notre future coopération

 

Mardi 4 octobre 2011 à 15 heures

 

La coopération entre le Conseil de l’Europe et les démocraties émergentes dans le monde arabe

 

Mme O’SULLIVAN (Irlande) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne.– « Printemps arabe », « démocraties émergentes » – voilà de beaux mots ; mais ils ne valent rien s’ils ne sont pas suivis par de véritables actions, c'est-à-dire s’il n’y a pas une vraie démocratie sur le terrain. Il est assez ironique que, alors que l’on voit germer l’espoir dans des pays qui ont été privés de démocratie et des droits de l'homme pendant si longtemps, nos propres démocraties européennes soient à ce point menacées. En effet, la principale préoccupation de pays comme le mien est que l’on est en train de perdre notre souveraineté au profit des banques ou du FMI au lieu de suivre ce qui est l’intérêt de nos peuples. De même, des membres élus du Conseil de l’Europe ne peuvent pas exercer leurs fonctions de parlementaires dans leur pays ; certains groupes, certaines ethnies se voient refuser la démocratie. C'est partout qu'il nous faut appliquer la démocratie.

 

Des mouvements de protestation dans les pays arabes étaient attendus depuis longtemps, car les gens y étaient assujettis à la tyrannie. À un certain moment, trop c’est trop. La peur est l’ennemie de la démocratie. Or les habitants avaient à ce point cessé d’avoir peur qu’ils ont décidé de mettre fin aux abus de ces gouvernements militaires et policiers. Ils ne veulent plus supporter ce fardeau économique, en particulier là où il existe une croissance économique, mais où celle-ci reste aux mains d’une élite. Lorsqu’une jeunesse bien éduquée et diplômée ne trouve pas d’emploi, elle se révolte : que ce soit à Bahreïn, au Maroc, au Yémen ou ailleurs, les jeunes ont joué un rôle important dans la transformation économique, au prix d’un grand nombre de vies. Certains médecins de Bahreïn ayant fait leurs études à Dublin, je connais bien la question.

 

La démocratie, les droits de l'homme, la primauté du droit doivent être sauvegardés et ces valeurs doivent prévaloir dans les pays du Printemps arabe. Les révolutions ont commencé avec l’immolation de Mohamed Bouazizi qui, opprimé par le pouvoir, ne pouvait plus assurer sa subsistance. Symboliquement, il a mis le feu à une injustice.

 

Ce que nous voulons, ce sont les mêmes droits pour tous, quels que soient le sexe, la race ou l’origine. À cet égard, nous pouvons nous féliciter du fait que la Tunisie se soit engagée en faveur d’une égalité de représentation entre hommes et femmes au Parlement. Pour autant, nous devons veiller au respect de la démocratie. Si les choses ne changent pas du jour au lendemain, des transformations peuvent s’opérer si, au côté de l’Europe, les pays dominants comme la Chine et les Etats-Unis s’engagent eux aussi en faveur de la démocratie et n’essaient pas d’abuser des autres pour défendre leurs intérêts économiques.

 

Je propose de soutenir les pays émergents en assurant une justice, si l’on veut que les personnes aient dans leurs mains, les armes nécessaires à leur développement en ne donnant pas tout aux multinationales. Cent soixante millions de dollars sont perdus par les pays en développement selon les ONG parce que les multinationales pratiquent la fraude fiscale. Il faut que les pays puissent contrôler leurs ressources naturelles pour que les revenus aillent directement aux peuples. Il faudrait suivre cette situation pays par pays.

 

Le Conseil de l’Europe a un rôle à jouer pour soutenir la démocratie, et pour s’assurer qu’une dictature ne sera pas remplacée par une autre.

 

La souveraineté nationale et le statut d’Etat dans le droit international contemporain : nécessité d’une clarification

 

M. HUNKO (Allemagne) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne. Je félicite Mme Schuster pour son excellent rapport. Le sujet est difficile. Mme Schuster est bien entrée en matière. Quand on connaît les rapports politiques en Allemagne, on sait qu’il n’est pas habituel qu’un membre de « Die Linke » félicite un membre du parti libéral.

 

Dans le rapport, il est fait état de l’intervention turque à Chypre en 1974, de l’intervention de l’Otan en 1999 dans les Balkans. Il est également fait référence à l’intervention en 2008 de la Russie en Géorgie. Cela décrit bien le contexte.

 

Mon groupe considère qu’il est important d’avoir une vision critique de la guerre dans les Balkans à la fin des années quatre-vingt dix. Vous avez évoqué, sans aller plus loin, Madame Schuster, la question de la responsabilité de protéger et le fait de savoir si l’on était allé plus loin. C’est un sujet extrêmement polémique et je suis très heureux que votre rapport apporte de la clarté sur ce point. De notre point de vue, cette « responsability to protect » ne doit pas conduire à la légitimisation d'interventions militaires comme celles de la Libye.

 

Je me félicite des propositions d’amendements de la commission des questions politiques, qui viennent préciser le rapport. J'en remercie M. Moriau.

 

En résumé, c’est un excellent rapport sur un sujet aussi complexe que celui du statut et de la souveraineté d’un Etat. Beaucoup de lumière est jetée sur ces question épineuses. Je vous félicite, Madame Schuster, pour cet excellent travail.

 

Mercredi 5 octobre 2011 à 10 heures

 

Les activités de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2010-2011

 

M. PAPADIMOULIS (Grèce) porte-parole de la commission de l'environnement, de l'agriculture et des questions territoriales  Je voudrais remercier le rapporteur pour son travail de qualité, ainsi que M. Gurría pour avoir répondu à notre invitation. Je le félicite pour le cinquantième anniversaire de l’OCDE.

 

Monsieur Gurría, tout en saluant le rapport de mai 2011 pour le développement vert, la commission de l’environnement, de l’agriculture et des questions territoriales s’inquiète car, ces dernières années, la politique pour la défense de l’environnement et pour le changement climatique se réduit à des mots et ne prend pas de mesures pratiques pour y faire face. Elle se focalise sur la crise économique, alors que nous pensons que l’environnement et l’économie peuvent aller de pair. Nous sommes préoccupés car, partenaires du forum sur l’eau qui se tiendra en 2012, nos objectifs n’ont pas été atteints. Plusieurs millions de nos concitoyens et des habitants de la terre n’ont pas accès à une eau propre. Des millions d’hommes sont aussi victimes de malnutrition et des maladies que l'on croyait disparues réapparaissent dans plusieurs régions de la planète.

 

Qu’en est-il, Monsieur Gurría des promesses faites en 2008, lors de l’effondrement de Lehman Brothers, concernant le changement du mode de fonctionnement des marchés mondiaux ? Tout le monde condamnait alors le capitalisme casino et réclamait des mesures appropriées. Au lieu de cela, les pays membres de l’OCDE ont pris l’argent des contribuables pour sauver les banques qui s’attaquent maintenant aux pays endettés et demandent aux peuples de payer pour leurs erreurs par des mesures qui nous font sombrer dans la récession. D’aucuns, au nom de l’esprit d’entreprise et des profits, vont jusqu’à déclarer que les riches ne doivent pas payer de taxes afin qu’ils deviennent plus riches et puissent donner du travail aux pauvres et aux plus démunis. Ainsi la récession s’accroît, la dette augmente, nous sombrons dans le chômage. Un cercle vicieux se crée. Comme vous ne craignez pas la critique, pouvez-vous nous indiquer si vous estimez avoir commis des erreurs, si vous envisagez de changer certaines orientations, et si vous considérez que le capitalisme casino qui conduit à la destruction peut être combattu.

 

Monsieur Gurría, nous avons ici pour habitude d’échanger des propos diplomatiques et des mots bienveillants mais lorsque l’économie est menacée de récession, le chef de l’OCDE ne doit pas oublier le terme développement qui figure dans le titre de l’Organisation qu’il dirige.

 

M. ELZINGA (Pays-Bas) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne.– Au nom de mon groupe, je souhaite la bienvenue à M. Gurría. Je pourrais vous dire ce que je pense des nombreuses crises, mais je l’ai déjà fait au cours des trois dernières années et je suis convaincu que M. Gurría se souvient des débats passés. Je lui avais notamment demandé si l’OCDE n’envisageait pas de repenser certaines de ses politiques. Nous avons reçu cette année une réponse écrite, ce dont je remercie M. Gurría. Cette année, je poserai simplement cinq questions, auxquelles j’espère recevoir des réponses directes.

 

La première a trait aux marchés financiers. Les pays membres de l’OCDE ont dû sauver un certain nombre d’institutions financières afin de prévenir un effondrement systémique. Cela a coûté cher aux Etats et aux contribuables. Aujourd’hui, ces mêmes marchés financiers, qui nous ont lâchés il y a peu de temps, nous tiennent en otages. Le moment n’est-il donc pas venu pour les responsables politiques de reprendre les rênes au lieu de garder leurs yeux rivés avec inquiétude sur les marchés ? Que pouvons-nous faire pour mieux contrôler les marchés financiers et protéger nos pays contre la spéculation ?

 

Pour lutter contre la spéculation, précisément, tout en renflouant un peu les caisses des Etats, il existerait un instrument : la taxe sur les transactions financières, dite taxe Tobin, que l’on appelle aussi depuis peu « la taxe Robin des Bois ». Qu’en pense-t-on à l’OCDE ? Pour ma part, j’appuie l’amendement visant à inciter l’OCDE à explorer cette piste.

 

Ma troisième question se rapporte à la crise de l’euro. Un europlan de 110 millions est prévu pour, dit-on, sauver la Grèce. Mais qui veut-on sauver exactement ? Le peuple de Grèce ou bien les banques, notamment françaises et allemandes ? Le moment n’est-il pas venu de reconnaître que nous ne pourrons sauver les Grecs que si nous restructurons au moins une partie de leur dette ?

 

S’agissant en quatrième lieu des politiques d’austérité, j’aimerais savoir si l’OCDE pourrait donner aux gouvernements européens des éléments d’information sur le débat concernant l'austérité et les recherches auxquelles elle donne lieu dans la pensée universitaire. On sait que les Américains ont plutôt tendance à dénoncer le fait qu’elle étouffe la reprise économique.

 

Enfin, je voudrais savoir ce que compte faire l’OCDE contre certaines pratiques fiscales, tout à fait nuisibles. Je pense à toutes ces techniques dites d’optimisation, voire d’évasion fiscale, qui permettent aux multinationales de ne pas payer d’impôt, ou en tout cas de soustraire à l’impôt des millions d’euros. Je suis honteux de constater que mon pays, les Pays-Bas, joue un rôle dans ces circuits. Je pense également au dumping fiscal. Etant donné que M. Gurría distribue toujours très généreusement ses rapports, je lui rendrai la pareille, lundi, lorsque je le verrai à l’OCDE, avec un rapport très intéressant sur cette question fiscale.

 

Mercredi 5 octobre 2011 à 15 heures

 

Combattre les « images d’abus commis sur des enfants » par une action engagée, transversale et internationalement coordonnée

La pornographie violente et extrême (Discussion commune)

 

Mme Frahm, (Danemark) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne.

 

La lutte contre la pornographie enfantine augmente mais il faut pourtant en faire davantage encore car, dans un grand nombre de cas, l’interdiction crée les marchés noirs. Et l’interdiction ne s’attaquant qu’à la partie émergée de l’iceberg, il est nécessaire de renforcer notre action.

 

La pornographie enfantine et ses victimes alimentent des marchés noirs qui minent la société, ces marchés engendrant ensuite d’autres trafics, tels que la drogue. Ils sont une menace pour les victimes, mais aussi pour la stabilité et la démocratie dans nos pays. Une coopération transfrontalière efficace entre la police et la société civile permet de lutter contre les réseaux d’auteurs d’abus et contre les vendeurs de pornographie enfantine. Au Danemark, 20 000 tentatives d’ouverture de sites internet présentant de la pornographie enfantine ont été bloqués au cours d’une année, ce qui a été rendu possible par la coopération entre la police nationale, les sociétés de télécommunications et Save the children. Pour autant, cela n’a pas mis un terme à la pornographie enfantine. La meilleure façon de contrer ce phénomène doit passer par la formation de la police, des travailleurs sociaux, des enseignants, des parents et de tous ceux qui travaillent avec des enfants ou qui sont en contact avec les communautés marginalisées.

 

Les ONG également jouent un rôle central. C’est pourquoi nous demandons instamment aux Etats membres de coopérer avec les ONG ou la Croix-Rouge. La campagne UN sur CINQ lancée par le Conseil de l’Europe doit en outre être soutenue par tous les pays du Conseil de l’Europe.

 

Mme ANDERSEN (Norvège) - Les abus sexuels sur les enfants blessent profondément les victimes et constituent de graves violations des droits de l’homme. Voilà pourquoi il est essentiel d’en parler. Comme l’a dit la rapporteure spéciale de l’Onu, une approche coordonnée, multisectorielle et internationale est indispensable si l’on veut lutter contre ce fléau.

 

Tout d'abord, la pornographie est une activité extrêmement lucrative, qui génère des flux financiers considérables. Il faut, là aussi, agir au niveau international pour contrôler ces flux et saisir, à titre de sanction, les bénéfices réalisés. Nous devons mettre fin à ce qui constitue un véritable marché noir, sans lequel ces opérations ne seraient pas possibles.

 

Deuxièmement, il faut bien sûr ratifier la Convention de Lanzarote, mais il est plus important encore de l’appliquer. Bien des pays se sont dotés de bonnes lois, de bons plans d’action dans ce domaine, mais s’ils n’ont pas les ressources humaines nécessaires, s’ils n’ont pas de policiers qualifiés qui ont le temps de mener des enquêtes, j’ai bien peur que leurs lois n’aident guère les enfants victimes de violences.

 

Il nous faut donc agir au niveau international, et il faut agir à la base : auprès des parents, des enfants, des enseignants, et par des campagnes de sensibilisation destinées à apprendre aux enfants à mieux se protéger.

 

Mais, évidemment, la protection des enfants ne doit pas être laissée aux enfants eux-mêmes. Certes, il faut les éduquer et leur faire bien comprendre qu’ils ont le droit de dire non, mais ne pensons jamais que cela peut suffire car ils ne peuvent pas se protéger eux-mêmes si nous, les adultes et les élus, ne faisons pas le nécessaire pour garantir leur protection, dans nos pays comme sur le plan international

 

L’impact du Traité de Lisbonne sur le Conseil de l’Europe

 

M. KOX (Pays-Bas) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne.

 

Mon groupe félicite Mme Kerstin Lundgren pour la qualité de son rapport, sur deux sujets essentiels. En premier lieu, comment encourager davantage de cohérence entre ces deux grands projets, celui soutenu par le Conseil de l’Europe et le processus d’intégration lancé par l’Union européenne ? En second lieu, comment promouvoir et développer un espace commun pour la protection des droits de l’homme, comment promouvoir la Convention européenne des droits de l’homme ?

 

Grâce au Traité de Lisbonne, il ne s’agit plus maintenant de savoir si l’Union européenne adhèrera à la Convention européenne des droits de l’homme mais quand et comment elle le fera. L’Union européenne réalise ainsi un vœu très ancien de notre Assemblée. Je ne sais combien de motions nous avons déjà adoptées sur le sujet. Ma compatriote Marie-Louise Bemelmans-Videc a présenté un rapport sur le thème : comment favoriser cette adhésion de façon aisée et rapide ? Eh bien, grâce au Traité de Lisbonne, cette obligation s’impose et c’est à nous, aux Etats membres du Conseil de l’Europe et à l’Union européenne, qu’il incombe maintenant de veiller à ce que cette adhésion intervienne rapidement et sans encombres.

 

Dire qu’il faut adhérer à une convention est facile, le faire réellement est bien plus complexe. D’emblée, apparaissait clairement un danger auquel il fallait être attentif : si nos autorités, nos gouvernements et parlements, n'étaient pas en mesure de garantir un processus d’adhésion rapide et aisé, nous risquions de voir les bureaucrates se saisir du dossier et garantir un processus d’adhésion lent, difficile et complexe.

 

Le Secrétaire Général Jagland nous avait assuré que le processus serait rapide et aisé mais nous l'avons déjà vu repoussé à deux reprises. M. Omtzigt nous dit que le traité d’adhésion est prêt. Nous le savons, encore faut-il qu’il devienne un véritable traité. Je suis d’accord avec vous et Mme Lundgren, il faut exhorter le Gouvernement britannique à veiller à ce que ce traité soit signé et paraphé durant sa future présidence du Comité des Ministres. Il doit être persuadé que nous le blâmerons à tout jamais si tel n'est pas le cas. Car chacun sait que, dans tel ou tel pays, des objections à l’encontre de la Cour peuvent être légitimes, mais nous ne devons pas autoriser nos gouvernements, nos politiciens à freiner une adhésion rapide de l’Union européenne à la Convention. Je lance une invitation à notre future présidence : veillez à ce que, sous votre égide, le traité soit signé ! Ce n’est qu’alors que je croirai vraiment à l’adhésion de l’Union européenne.

 

Le fonctionnement des institutions démocratiques en Arménie

 

M. KOX (Pays-Bas) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne. – Je remercie sincèrement les corapporteurs pour le travail accompli, et ce depuis plusieurs années.

 

Le suivi est une des clés du travail de notre Assemblée. Ce n’est pas un travail facile, car il est peu aisé d’avoir accès au cœur et à l’esprit des personnes impliquées.

 

Souvent, le processus est dur et lent. Ce n’est pas facile de changer les choses. Il y a beaucoup d’obstacles, d’entraves, et bien des déceptions au rendez-vous.

 

Malgré cela, les corapporteurs ont poursuivi leur travail. John Prescott l’a dit, des avancées ont été réalisées. Tout ne s’est pas fait mais, en tout cas, des gens ont été libérés de prison et il existe une certaine liberté de manifestation. Les structures ont été changées ou sont en cours de changement et le Président de l’Arménie coopère pour qu’on en arrive à une enquête impartiale s’agissant des événements de 2008.

 

Je dois féliciter les corapporteurs. Bien sûr, ce qui s’est passé résulte des décisions du Parlement et du Gouvernement. Il est évident que c’est l’Etat qui doit bouger mais, grâce à votre travail, grâce à l’attitude ferme de l’Assemblée en 2008, nous avons pu instiller ces avancées. Il faut vous en donner acte car, sans interventions, la situation serait pire qu’elle ne l’est à l’heure actuelle. Je vous remercie donc très sincèrement pour votre travail.

 

Cela dit, attention ! Car ces changements seront-ils durables ?

 

La société est complexe dans ce pays. Aujourd’hui, grâce à l’internet, on peut voir ce qui s’y passe. On constate que des manifestations ont lieu, qu'il y a des revendications. À la tête de certains partis, certains demandent l’intervention de la police. Alors, prudence ! Il faut éviter une répétition de ce qui s’est passé en 2008. Le danger est là, le péril est là et, le rapporteur l’a dit, ce rapport n’est qu’un état des lieux, et le processus de suivi n’est pas achevé. Bien sûr, dans le résumé, il est indiqué que l’on peut tourner la page. C’est vrai que l’on peut espérer boucler ce chapitre mais l'Arménie n’a pas terminé d’écrire le livre, surtout si l’on pense aux discussions concernant le génocide, etc.

Donc, merci, chers corapporteurs, de votre excellent travail. J’espère que vous continuerez comme cela à l’avenir.

 

Jeudi 6 octobre 2011 à 10 heures

 

Les recours abusifs au secret d’Etat et à la sécurité nationale : obstacles au contrôle parlementaire et judiciaire des violations des droits de l’homme.

 

Mme FRAHM (Danemark) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne. – C’est mon dernier discours devant notre Assemblée. Je suis heureuse de le prononcer à l’occasion de l’un de vos rapports, monsieur Marty, qui est également le dernier – ce que je regrette.

 

Dans une vraie démocratie, l’Etat appartient à ses citoyens. Néanmoins, certains de nos Etats continuent de se soustraire au système démocratique normal, et, dans la plupart des Etats membres, des services bénéficient de la possibilité et des moyens de travailler hors de tout contrôle démocratique. La plupart d’entre nous s’accordent à reconnaître l’importance des services spéciaux et la nécessité pour eux de travailler dans le secret. Toutefois, au cours des dix dernières années, la lutte contre le terrorisme a limité à maints égards le droit au respect de la vie privée, ce qui signifie que les Etats membres ont violé la Convention européenne des droits de l’homme.

 

Les Etats-Unis ont abusé de l’espace aérien européen en transportant par avion des personnes vers des prisons illégales où elles ont été soumises à la torture. Nombre d’entre elles ont disparu au cours de ces actes de torture. Les Etats membres du Conseil de l’Europe ont fermé les yeux sur ces agissements. Dans ce contexte, il est de plus en plus nécessaire de renforcer le contrôle parlementaire sur les services tant civils que militaires, afin que les services secrets ne deviennent pas un Etat dans l’Etat et qu’ils ne développent pas une culture de l’impunité. M. Marty le dit très bien dans son rapport.

 

Malheureusement, il apparaît que de nombreux Etats membres ne sont pas disposés à respecter leurs obligations. M. Marty le dit très clairement : interrogés par l’Assemblée parlementaire sur leur rôle dans les actions secrètes de la CIA, certains Etats membres lui ont adressé des réponses inutiles, lorsqu’ils lui ont répondu. C’est grâce aux donneurs d’alerte et aux journalistes qui ne voulaient pas lâcher le morceau que l’on a pu obtenir les informations nécessaires.

 

Tous les Etats membres doivent assurer la protection des journalistes et des donneurs d’alerte. Les documents publiés par WikiLeaks ont confirmé les allégations d’actes illicites commis par les Etats-Unis et par plusieurs pays membres du Conseil de l’Europe. Seule l’absence de volonté des gouvernements européens a empêché la vérité de se manifester il y a plusieurs années, ce qui aurait sans doute sauvé des vies.

 

Nous devons tirer les leçons de cette expérience. Comme parlementaires, nous avons l’ardente obligation d’assurer la sécurité des personnes concernées et de les protéger des abus que constituent les actions secrètes et illicites menées au prétexte de combattre le terrorisme.

 

Merci encore, Monsieur Marty, pour votre excellent rapport.

 

Discours de M. Mahmoud Abbas, président du Comité exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine, Président de l’Autorité nationale palestinienne

 

M. KOX (Pays-Bas) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne. – Monsieur le Président, nous nous félicitons que le statut de Partenaire pour la démocratie vous ait été accordé. Nous avons invité nos Etats membres qui sont membres du Conseil de sécurité à appuyer votre demande.

 

Le Parlement européen a adressé le même message récemment.

 

Que pouvons-nous faire de plus pour convaincre le Gouvernement d’Israël que votre demande n’est pas un danger pour Israël, mais une véritable opportunité et, donc, pour faire évoluer la position de nos amis Israéliens dont nous voudrions qu’ils vous soutiennent ?

 

LE PRÉSIDENT – La parole est à M. Abbas.

 

M. ABBAS, Président de l'Autorité nationale palestinienne – C’est très important. Il faut arriver avec les Israéliens, de manière officielle ou officieuse, à des efforts de clarification. Il n’y a pas véritablement de contradiction entre le fait d’aller aux Nations Unies et celui de poursuivre les négociations. Ils savent que c’est très important pour arriver à la paix. J’ai donc l’impression que si ce message leur venait aussi de vous, cela pourrait rendre les choses encore plus claires.

 

Jeudi 6 octobre 2011 à 15 heures

 

Comment les Etats membres du Conseil de l’Europe peuvent-ils venir en aide aux pays touchés par des catastrophes humanitaires comme ceux de l’Afrique de l’Est ? Débat d’actualité

 

Mme ANDERSEN (Norvège) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne. – Au nom de mon groupe, je suis heureuse de constater que tous les groupes politiques se sont engagés à apporter une aide à la Corne de l’Afrique malgré la crise qui frappe de nombreuses économies en Europe. Il est, en effet, de notre devoir d’apporter une aide à ceux qui meurent de faim. Nous sommes responsables de l’aide d’urgence à apporter, car des centaines de milliers de personnes sont touchées, sans compter que certains pays comme la Somalie n’ont plus de gouvernement. Malgré l’absence déprimante de progrès, malgré les risques qu’encourt l’aide humanitaire sur place, nous devons agir. Il est à noter que la situation s’est encore dégradée après l’attentat commis avant-hier en Somalie. Des possibilités existent de secourir les réfugiés. Nous devons les utiliser.

 

Je vous ferai part de six réflexions.

 

Premièrement, l’aide et l’action d’urgence relèvent de notre responsabilité.

 

Deuxièmement, un système d’alerte et d’action précoces est nécessaire, car nous n’avons rien fait alors que nous savions qu’une famine allait se produire. Il est possible de mettre en place un mécanisme international, capable d’engager des actions pour éviter le scénario du pire. Des vivres peuvent être stockées, transportées, distribuées.

 

Troisièmement, créer des économies locales plus durables nécessite d’encourager et de soutenir le développement de marchés et régionaux dans cette zone. Même si la Norvège continue d’avoir des échanges avec d’autres pays, elle s’est construite autour de marchés locaux, qu’elle a protégés pour qu’ils se développent. Confrontés à la concurrence mondiale, les marchés des pays d’Afrique sont le plus souvent démunis. C’est la raison pour laquelle il nous faut les aider à survivre.

 

Quatrièmement, aider à la mise en place d’Etats stables nécessite de mettre fin aux injustices fiscales qui empêchent les gouvernements de disposer de recettes. Il faut savoir que les sociétés multinationales présentes dans ces pays ne versent pas un centime d’impôt alors que les pays d’Afrique ont besoin des ressources fiscales pour se construire.

 

Cinquièmement, ne méconnaissons pas les conséquences effrayantes de la crise climatique. De nouveaux scénarios prévoient un désastre en Afrique et au Moyen-Orient. A cet égard, un rapport publié hier indique que ces régions seraient susceptibles d’être inhabitables, ce qui créerait 400 millions de réfugiés climatiques. Nous pensons, quant à nous, que la crise actuelle peut être gérée. L’Ethiopie nous le prouve, qui s’en sort mieux que la Somalie, car elle eu la sagesse de faire des réserves de vivres. Nous pouvons résoudre la crise actuelle et, à ce titre, nous devons assumer nos responsabilités.

 

Sixièmement, il est nécessaire d’aider les femmes, qui sont indispensables au développement de toute société.

 

La situation politique dans les Balkans. Débat selon la procédure d'urgence

 

M. KOX (Pays-Bas) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne. - Lorsque la commission des questions politiques a demandé à notre collègue M. von Sydow de bien vouloir se charger de ce rapport, nous savions bien sûr que nous aborderions des sujets difficiles – sans doute l’un des plus difficiles en Europe actuellement, mais aussi l’un des plus importants pour cette Assemblée. Il est impératif que nous réagissions à temps car pour le Caucase, notamment, nous avons parfois tendance à réagir avec retard. Il est bon que cette Assemblée discute de ce qui se passe dans les Balkans pour voir ce qui peut être fait, de manière à éviter une dégradation de la situation. Ce débat est donc très utile et je remercie le rapporteur de l’avoir préparé.

 

Nous ne pourrons jamais oublier ce qui s’est passé il y a une vingtaine d’années si près de nous. Nous n’oublierons jamais le siège de Sarajevo, les bombardements de Mostar et les événements de Srebrenica, pas plus que la guerre du Kosovo, avec le trafic illicite d’organes de prisonniers de guerre, entre autres atrocités.

 

C’est aux populations locales – citoyens et responsables politiques – qu’il revient de surmonter tous ces traumatismes. Or comme l’a dit Mme Beck, c’est extrêmement difficile. Le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie est toujours en train d’étudier ce qui s’est passé dans ces pays. Il faut aussi s’interroger sur l’avenir. À cet égard, ce que nous constatons est assez alarmant. J’aimerais notamment revenir sur ce qui s’est passé au Kosovo, en Albanie et en Bosnie-Herzégovine.

 

Au Kosovo, il n’y a pas seulement le problème, par ailleurs très inquiétant, du nord du pays. Il faut avoir conscience que les choses peuvent déraper du jour au lendemain, car il n’y a pas d’autorité sur place qui soit réellement en mesure de gérer la situation. Il y a bien le gouvernement serbe, mais il n’est pas censé être là. Le Gouvernement kosovar, quant à lui, n’est pas opérationnel. Eulex et la Kfor sont sur place et ont un certain pouvoir, mais elles ne disposent pas réellement de l’autorité suffisante pour agir. D’après le rapport de M. Marty, le gouvernement kosovar entretiendrait des liens avec des groupes criminels. Or Eulex, jusqu’à aujourd’hui, n’a pas réussi à s’attaquer à ce problème. Une enquête internationale a été promise ; Eulex a dit qu’elle ferait de son mieux pour prendre en charge ce dossier, mais le gouvernement de Pristina connaît un vrai problème d’autorité : il n’est pas accepté par la Serbie – il est vrai que c’est trop demander à celle-ci. Cela nous rappelle aussi le problème des liens entre le Kosovo et la Serbie. Les Serbes, comme on l’a rappelé, considèrent que cette région fait partie de leur pays.

 

En Albanie – le rapporteur et M. Gross en ont parlé –, on a le sentiment que l’atmosphère se détend un peu, mais cela reste à démontrer. À cet égard, je suis un peu comme saint Thomas : je doute. Le Comité des présidents s’est rendu à Tirana pour rencontrer les responsables politiques. La démocratisation est la seule protection contre une nouvelle impasse. Il faut tout de même se réjouir de ce qui se passe : le parti socialiste est revenu au pouvoir. Tant mieux, qu’il y reste ; mais il faut aussi que cesse le boycott du Parlement.

 

En ce qui concerne la Bosnie-Herzégovine, j’ai présidé la mission d’observation des élections, sur lesquelles il n’y a rien à dire. Le problème est que le lendemain rien n’avait changé : le gouvernement ne fonctionne pas et personne ne respecte les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme. C’est également une impasse. Dans le rapport de M. von Sydow, on trouve beaucoup de termes comme « condamner », « exhorter », « demander » ou « exiger ». Fort bien ! Mais il faut en ajouter un : « aider ». Il est évident que c’est au gouvernement et aux responsables politiques locaux de surmonter ces problèmes, mais ils ne peuvent y arriver seuls.

 

Faisons donc usage de relations existant entre eux et nous, entre les gouvernements, les responsables et nous. C’est notre devoir si nous voulons éviter une nouvelle aggravation de la situation.

 

Les droits de l’homme et la lutte contre le terrorisme

 

M. PAPADIMOULIS (Grèce) – Au nom de mon groupe, je félicite le rapporteur pour son travail. - Nous sommes aujourd’hui face à un grave dilemme. Devons-nous sacrifier la liberté à la sécurité pour faire face au terrorisme ? Devons-nous oublier les droits de l’homme qui régissent l’Europe depuis des siècles ? Si nous optons pour cette solution, qui n’est pas celle du rapporteur, entendu, ce sera une victoire pour les terroristes, les extrémistes et une grande défaite pour la démocratie et les droits de l’homme.

 

Nous nous trouvons à la croisée des chemins. Nous pouvons combattre le terrorisme de deux façons.

 

La première, celle retenue par le Gouvernement des Etats-Unis avec certains alliés, consiste à sacrifier les droits de l’homme avec des prisons comme celles de Guantanamo et Abou Graïb et d’autres prisons secrètes en Europe même, en se livrant à des pratiques inacceptables avec la complicité des gouvernements européens. Tout cela a été extrêmement bien décrit dans le rapport de notre collègue Dick Marty, voté ici même à une grande majorité.

 

La seconde est celle adoptée par le Gouvernement norvégien après l'attaque terroriste d’il y a quelques semaines. Le Premier ministre de ce pays qui combat pour les droits de l’homme a déclaré : « Nous allons combattre le terrorisme avec plus de démocratie. Nous allons essayer de concilier le droit à la sécurité avec le droit à la liberté. »

 

Le rapport de M. Tomlinson nous dit aujourd’hui que selon la Convention européenne des droits de l’homme, nous pouvons y parvenir en limitant dans certains cas, pour peu de temps, quelques droits, mais en gardant une proportionnalité, en considérant qu’on ne peut tuer une fourmi avec un canon.

 

Nous savons que le combat contre le terrorisme peut donner lieu à des manipulations politiques : certaines personnes sont traitées comme des terroristes alors qu’elles ne sont que de simples opposants politiques. On peut donc interpréter le terme « terroriste » de plusieurs façons et certains Etats en tirent parti de façon permanente. Ils utilisent des méthodes terroristes et nous ne devons pas détourner le regard. Les autorités turques utilisent fréquemment une telle pratique face aux minorités kurdes, de même que la Russie qui limite ainsi les droits de l’homme.

 

Nous devons tous soutenir ces résolutions sans voter pour les amendements proposés qui réduisent la portée du rapport. La Convention européenne des droits de l’homme doit toujours s’appliquer et nous devons former des sociétés et des Etats qui respectent les droits de l’homme : c’est la seule façon de limiter la lutte des terroristes en les isolant moralement et économiquement. N’utilisons pas leurs méthodes !

 

Vendredi 7 octobre 2011 à 10 heures

 

La modification de diverses dispositions du Règlement de l’Assemblée parlementaire

Mise en œuvre de la Résolution 1822 (2011) sur la réforme de l’Assemblée parlementaire

Les mandats des commissions de l’Assemblée parlementaire

Mise en œuvre de la Résolution 1822 (2011) sur la réforme de l’Assemblée parlementaire

Discussion commune

 

M. KOX (Pays-Bas) au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne. – Je suis heureux, Monsieur le Président, de vous voir présider notre séance. Au nom de mon groupe, je souhaiterais remercier nos rapporteurs qui ont fait exactement ce que l’on attendait d’eux, c’est-à-dire mettre en œuvre les décisions prises par l’Assemblée à l’issue de l’examen du rapport de Jean-Claude Mignon. En tant que membre de la commission du Règlement, je peux dire qu’il n’était pas très facile de s’en tenir strictement à ces décisions car vous aviez, chers collègues, vos propres idées et envie de les faire passer dans les rapports. Vous vous en êtes abstenus et avez refusé d’y faire figurer plus que ce que nous avions décidé et c’est bien là le rôle de la commission du Règlement.

 

J’appuie donc ces rapports.

 

Nous verrons dès le mois de janvier le résultat de tout ce travail. Nous espérons pouvoir améliorer le fonctionnement de l’Assemblée parlementaire avec moins de commissions, plus de possibilités pour ces dernières et avec ce débat libre du lundi. Bien évidemment, il faudra procéder le moment venu à une évaluation des changements que nous nous apprêtons à adopter, mais pour l’instant il faut mettre en place ce système que nous avons choisi en adoptant le rapport Mignon.

 

Il reste une question que Mme Naghdalyan a d’ailleurs déjà évoquée : à qui les dossiers sur l’OCDE et la Berd doivent-ils être confiés ? On a choisi la commission des questions politiques, mais cela a suscité de nombreuses interrogations. Est-il vraiment sage de les confier à une commission qui a déjà tant à faire ?

 

Le débat sur l’OCDE, que nous avons eu cette semaine, était extrêmement important et Mme Naghdalyan l’a très justement rappelé. Mais je ne suis pas tout à fait satisfait de la façon dont il s’est déroulé. M. Gurría n’a pas eu le temps de répondre aux questions des membres de l’Assemblée parlementaire. Qui doit préparer les rapport sur l’OCDE et sur la Berd ? Il me paraîtrait plus sage de les confier à la nouvelle commission élargie qui aura, par ailleurs, beaucoup de questions importantes à traiter.

 

Messieurs les rapporteurs, cette proposition vous paraît-elle acceptable ?

 

Les enfants migrants sans papiers en situation irrégulière : une réelle cause d’inquiétude

 

M. KOX (Pays-Bas) – Il y a eu un petit problème de communication dans le Groupe pour la gauche unitaire européenne. Mme Werner membre de ce Groupe, n’était pas présente pour intervenir au nom du groupe. Comme président de ce Groupe, je suis responsable de l’absence d’un porte-parole dans ce débat, le seul où nous ne serions pas intervenus officiellement. Je le fais donc maintenant.

 

Nous sommes tout à fait d’accord avec tout ce qui est dit dans ce rapport et avec les propositions de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille. J’espère avoir ainsi rattrapé l’erreur que j’ai commise.

 

Merci de m’avoir donné la parole, Monsieur le Président.